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Test à faire sur la plage entre rivales: QUEL TYPE D’AMIE ETES VOUS ??

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A/ Votre amie vous balance : « Cette robe te va atrocement mal, si je te dis ça c’est pour ton bien, pour que tu ne te ridiculises pas en public! »
*1/ Vous la remerciez chaleureusement pour sa sincérité.
$2/ Vous lui jetez la robe à la figure.
µ3/ Vous lui envoyez un pain dans la tronche.

B / Votre amie vous présente son beau petit copain, ainsi que le camarade de celui-ci, un gros rougeaud boutonneux.
*1/ Vous la remerciez d’avoir pensé à vous et embrassez à pleine bouche le copain boutonneux pour faire plaisir à votre amie.
$2/ Vous draguez le beau et conseillez à votre amie d’essayer le moche pour varier les plaisirs.
µ3/ Vous allez chercher votre copine gay pour qu’elle drague votre amie et qu’ainsi vous récupériez le beau et le moche.

C/ Votre amie ne sait pas nager, elle est entrain de se noyer dans une grosse vague.
*1/ Vous la sauvez
$2/ Vous récupérez sa gourmette en or et laissez votre amie couler
µ3/ Vous laissez votre amie se noyer et vous retournez sur le sable chaud pour dire à son petit copain : « Enfin seuls … »

D/ Votre amie vous traite de « pouffiasse » à cause de votre nouvelle mini-jupe
*1/ Vous lui dites : « Tu as raison je le mérite… »
$2/ Pour son anniversaire vous lui offrez la même mini-jupe
µ3/ Vous lui crachez à la figure mais vous changez quand même de look car en fait, elle n’avait pas tout à fait tort…

E/ Votre amie accouche du plus vilain des bébés, poilu, criard et écarlate, vous lui dites :
*1/ Qu’est-ce qu’il ressemble au facteur !!
$2/ Qu’est-ce qu’il ressemble à ton mari !!
µ3/ Qu’est-ce qu’il te ressemble !!

F/ Votre amie n’a pas eu le temps de se faire épiler ; sur la plage tout le monde regarde la toison épaisse sur ses cuisses et ses mollets. Vous lui dites :
*1/ Je te prête mon paréo si tu veux.
$2/ Tu n’as pas un peu chaud avec tout ça ?
µ3/ La nouvelle mode « yéti » te va à merveille !

G/ Votre amie est en pleurs, son petit copain vient de la larguer
*1/ Vous lui proposez un petit restau pour la consoler.
$2/ Vous lui dites qu’il a déjà beaucoup de mérite de l’avoir supportée plus d’une semaine.
µ3/ Vous lui demandez le 06 de son petit copain pour tenter votre chance.

H/Votre amie vous dit que si elle ne vous avait pas connue, elle se demande ce qu’elle ferait aujourd’hui.
*1/ Vous lui répondez : « Moi pareil » et vous lui offrez une coupe de champagne dans un bar branché.
$2/ Vous lui répondez : « Moi pareil » et lui demandez de vous offrir la jolie robe rose dans la vitrine.
µ3/ Vous lui répondez : « Et bien moi, si je ne t’avais pas rencontrée, qu’est-ce que je serais tranquille !! »

RESULTATS :
Vous avez un maximum de µ : Celle qui est votre amie a de la chance, votre amitié est indéfectible. Bravo pour votre âme vertueuse !
Vous avez un maximum de $ : Votre amitié est parfois intéressée. Vous pouvez être distrayante pour votre amie mais celle-ci devra rester vigilante.
Vous avez un maximum de * : Votre amie est en fait votre pire ennemie. Etes-vous sûre de vouloir une amie pour autre chose que de profiter d’elle ?!?!

Avertissement : les résultats sont truqués.

MH

 

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Le ba chat lauréat

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Passer le bac, pour un chat
Cela ne se fait pas.
Pourtant, j’aurais tant de chose à dire, moi …
En sciences naturelles, je raconterais la vie des souris,
Et leur mort aussi
A laquelle je contribue, parfois
Parce que la chaîne alimentaire dit que c’est comme ça
Sauf que moi, personne ne me mange
A part peut-être les chinois …
Heureusement, je n’en connais pas.
En philosophie, je disserterais sur l’attention
« Suffit-il d’observer pour connaître ? »
Moi je réponds : OUI ! Sans hésitation,
Toute la journée je fixe les mouches, les papillons
Et je sais toujours à quel moment
Ils vont se poser au plafond
Alors, je m’élance, pour attaquer
Et je les croque, sans hésiter !
A l’épreuve d’histoire, je parlerais des pharaons
De leur respect pour les chatons
Et de la déesse Bastet
Protectrice et secrète.
Les mathématiques, la physique, je n’en aurais pas
Je suis littéraire, ça ne se voit pas ?
Pour l’oral de langue, je donne la mienne
Au chat du voisin qui s’appelle Etienne,
Il est amoureux de moi !
Pour finir ce texte, je dirais que moi, Grisette
Je suis fin prête
Pour le ba chat lauréat
Alors dites-moi pourquoi
Je ne le passerais pas ??

MH et Grisette

 

À la Une

Rendez-vous décoiffant chez le coiffeur

 

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Une dame patiente sous le casque chauffant d’un salon démodé. Le coiffeur s’agite sans cesse des bacs aux fauteuils pivotants et de l’arrière boutique à la caisse enregistreuse. Il dégaine tour à tour ses ciseaux et son peigne, coiffant des personnages imaginaires sans jamais revenir vers sa seule vraie cliente. Mais tout à coup, elle l’interpelle :

– Excusez moi, mais …vais-je attendre sous ce casque de façon permanente ?
– Qui sait ? Cela dépendra de votre indéfrisable… à moins que vous ne préfériez une simple mini vague ?
– Une mini vague… une minivague… comme en mer méditerranée ?
– Ou de gros rouleaux comme sur l’Atlantique, c’est comme vous désirez …
– Ce que je désire, je l’ignore… mais ce qui me défrise c’est l’attente, il est presque midi à votre tondeuse et je rêve d’un Big Mac
– Désolé, mais nous n’avons que des bigoudis…
– Avec quelques mèches poivre et sel arrosées d’un shampoing à la kératine, ça serait parfait !
– Vos délires sont des ordres, Madame !

Le coiffeur disparaît dans son arrière-boutique et en revient presque aussitôt avec l’extravagant menu servi sur un plateau d’argent. La cliente déguste.

– Parfaitement réussi, vous avez un sacré coup de peigne !
– J’avoue que je n’ai pas volé mon épingle au guide mi-cheveux.
– Et pour la coupe, comment la souhaitez-vous ? Au carré, dégradée, asymétrique,     effilée ?
– Inutile de couper les cheveux en quatre, rasez tout !
– Que je rase ?? Quel toupet vous avez ! Vous êtes absolument ébouriffante !

Le coiffeur plein d’admiration pour l’excentricité de sa cliente la tond avec enthousiasme. Puis il file dans son arrière-boutique et en revient avec un appareil photo

– Chère madame, permettez que je vous fige sur la pellicule, c’est pour le book du salon…
– Entendu ! Mais, frictionnez d’abord mon désert capillaire avec une bonne lotion ! Les boucs aiment les femelles brillantes !
– Avec plaisir ! (Le coiffeur se met à frotter vigoureusement le crâne de sa cliente avec une lotion à l’ortie) Jamais cuir tondu n’aura été aussi luisant !

Une fois la photo prise, il est temps de passer en caisse.

– Cela vous fera un total de 150 moumoutes.
– 150 moumoutes !!! Eh bien vous pouvez toujours vous brosser pour que je paye une somme pareille !
– C’est le tarif chez Coupe tif, Madame !
– Vous savez qu’à Versailles la coupe était gratuite en 1789…
– J’ai entendu dire, oui …Mais nous sommes en l’an 2000 …
– En plus, à l’époque, ils faisaient du « deux en un » avec la nuque, ils étaient un peu moins regardants que vous aujourd’hui !
– Les temps changent ma bonne dame, d’un simple balayage…Mais ne nous crêpons pas le chignon d’avantage, je vous applique une remise en plis de 20 moumoutes en mémoire de l’époque des perruques !

MH

Le maillot jaune

maillot jaune

A une amie de longue date qui se reconnaîtra …

Je suis le maillot jaune ! Non … pas celui du Tour de France, juste un charmant bikini à volants et à pois noirs.
Depuis deux ans, je vivais reclus dans un petit coin sombre, « elle » m’y avait égaré au milieu d’une lingerie fine inusitée. Et puis, un beau jour de la mi-juillet, on m’a extrait de ma geôle et la lumière est apparue dans ma vie. Enfin ! Ai-je entendu, il était là !
Depuis, je me prélasse sur les courbes harmonieuses de la Côte de Beauté et aussi sur celles de ma propriétaire.
Je prends le soleil et je profite du sable le plus fin du monde sur mon délicat polyester. Je ne suis jamais mouillé car « elle » n’aime pas se baigner. Tant mieux parce qu’il parait que la Gironde est froide et vaseuse, cela risquerait de ternir mon jaune éclatant !
Mes petits volants volettent autour de sa poitrine généreuse et c’est un peu comme si je m’envolais avec les mouettes du littoral …
Ma partie basse, très échancrée, met en valeur ses cuisses halées mais personne n’a encore osé dénouer mes petites ficelles qui courent sur ses hanches … Heureusement, car au fond, je suis prude sous des allures dévergondées.
Quand la crème solaire m’effleure, je respire l’enivrant parfum du monoï et je me détends encore un peu plus.
J’entends les amis de ma porteuse parler de mon prédécesseur, visiblement un vieux deux-pièces démodé de trente ans d’âge élimé et décoloré : Heureusement que tu as enfin retrouvé ton maillot jaune ! Comme il est mignon ! Comme il te va bien ! Tu vas en emmailloter plus d’un avec ça ! Alors je fonds d’aise et je m’endors heureux entre la peau dorée et le sable brûlant.

MH

Gilbert au musée

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Gilbert n’en peut plus. Il faut qu’il s’assoie. Maintenant.
La Grande Galerie du Louvre en mocassins bon marché, c’en est trop pour ses pauvres pieds. Il s’affale sur l’une des banquettes en velours gris et ose libérer ses orteils endoloris de leur prison synthétique.
Immédiatement, un odorant fumet se dégage. Gilbert semble seul à le remarquer malgré la foule des visiteurs ; à coté de lui, la vieille touriste anglaise reste stoïque, son long nez busqué plongé dans son guide. Pourtant cet appendice démesuré doit contenir autant de cellules olfactives que le museau d’un lévrier afghan !
Au bout de quelques minutes, Gilbert se sent à nouveau d’attaque pour repartir, mais son pied gauche ne parvient pas à se glisser dans sa chaussure. Quelque chose fait barrage. Il se penche sous la banquette et découvre à l’intérieur du soulier une petite boite. C’est un coffret rectangulaire, tout simple, en bois. Il saisit l’objet et l’ouvre, sous le regard curieux de sa voisine dont le nez inquisiteur est prêt à lui piquer la joue. C’est alors qu’il découvre un bouquet de pissenlits à l’intérieur. Ses narines se dilatent pour mieux respirer le parfum entêtant des fleurs jaunes. Le visage anguleux de la vieille anglaise se fond dans une nuée de cumulus et Gilbert perd connaissance.
Une myriade de fantômes couleur de matin gambadent puis s’envolent dans la salle ; on dirait une flottille de petits avions. L’un d’eux, un guide touristique sous le bras, ressemble furieusement au Concorde… Certains se posent sur les cadres des tableaux quand d’autres osent même les pénétrer !
Un premier profite du festin des Noces de Cana pour absorber des litres de vin rouge, un deuxième plonge dans l’océan pour s’agripper au Radeau de la méduse, un troisième pique son jouet à L’enfant au toton qui en trépigne de rage ! Et en voilà encore un qui se vautre au milieu des femmes au Bain turc pour se faire masser par la plus pulpeuse d’entre elles ! Le fantôme au profil de Concorde quant à lui, sort une règle de sous son drap, pour mesurer le nez du Roi François et le comparer au sien !
C’est fascinant de voir tous ces spectres filer comme des météores et s’intégrer aux œuvres avec autant d’audace. La Joconde en perd son sourire énigmatique pour s’esclaffer franchement au moment où un petit être transparent la demande en mariage!
Gilbert, lui, est toujours allongé, les lèvres entrouvertes, les yeux mi-clos et l’air beat quand tout à coup, le tableau des Trois grâces commence à s’animer. Les charmantes se mettent à chuchoter, à minauder et à ricaner entre elles. Puis, les voilà qui enjambent leur cadre doré pour s’approcher du bel évanoui. Elles le soulèvent par les jambes et par les bras pour l’entraîner dans leur décor et le déposer sur l’herbe sèche en arrière plan où il continue de dormir paisiblement, inconscient des plaisirs qu’elles lui réservent…

Alors, si vous êtes las ou blasés de vos visites au Musée du Louvre, retournez-y dès demain et vous découvrirez que certaines toiles sont métamorphosées !

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience incroyable dans un musée? 

Les petites filles de pharmacie

 

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Ce texte m’a été inspiré par la photo et le mot proposés dans le cadre de l’atelier d’écriture du mois de mai sur le blog d’AMPHYGOURI.

https://amphygouri.wordpress.com/2019/05/01/atelier-decriture-10-mai/

 

Les petites filles de pharmacie ne voient jamais leur maman en robe.
Les petites filles de pharmacie voudraient la même blouse blanche que leur maman
Les petites filles de pharmacie jouent à cache-cache dans les rayons
Les petites filles de pharmacie s’amusent à embêter les préparateurs
Les petites filles de pharmacie mangent du citrate de bétaïne au goûter
Les petites filles de pharmacie regardent leur maman préparer les gélules
Les petites filles de pharmacie trouvent que les gélules ont goût d’hosties
Les petites filles de pharmacie sucent des bâtons de réglisse à cinq centimes
Les petites filles de pharmacie chantent la réclame pour la Boldoflorine
Les petites filles de pharmacie ont la langue très bien pendue
Les petites filles de pharmacie n’ont pas besoin d’orthophoniste
Les petites filles de pharmacie font bien rigoler les clients
Les petites filles de pharmacie distribuent des comprimés de vitamine C à la récré
Les petites filles de pharmacie jouent à la marelle sur le lino de l’officine
Les petites filles de pharmacie sautent sur le paillasson pour faire chanter la sonnette
Les petites filles de pharmacie reniflent les périmés puants
Les petites filles de pharmacie recyclent les vieux présentoirs en maisons de poupées
Les petites filles de pharmacie menacent le stock de petits pots pomme-abricot
Les petites filles de pharmacie font leurs devoirs sur de vieilles ordonnances
Les petites filles de pharmacie dessinent la tête des clients derrière le comptoir
Les petites filles de pharmacie montent dix fois par jour sur le pèse-personne
Les petites filles de pharmacie piquent des petites pièces jaunes dans la caisse
Les petites filles de pharmacie se parfument à l’eau de Cologne en flacon de 25 millilitres
Les petites filles de pharmacie se collent des vignettes d’aspirine sur le front
Les petites filles de pharmacie voudraient que tous les clients soient guéris pour avoir leur maman rien que pour elles.
Hier, j’ai vu une petite fille de pharmacie, et j’ai repensé à celle que j’étais il y a plus de quarante ans.

MH

Frontière

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Le texte ci-dessous m’a été inspiré par la photo d’Edan Cohen dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 327.

 

A la frontière de la lumière
Elles demeuraient immobiles.
Elles n’auraient su dire si l’obscurité était
Dure ou molle
Dense ou diffuse
Sèche ou humide
Rêche ou cotonneuse
Rassurante ou oppressante.
L’obscurité semblait
Indicible, indescriptible.
Juste un tout qui enrobait
Qui enveloppait, qui emmurait.
Une force évidente,
Contre laquelle il était inimaginable de lutter.
Jusqu’au jour où …
Elles décidèrent de tenter quelque chose.
Basculer leur corps vers l’avant,
Sans bouger les pieds
Pour voir comment cette matière recevrait
Leurs visages et leurs bustes vulnérables
Qui s’offraient.
Alors, elles réalisèrent l’inclinaison périlleuse
Pour savoir… enfin.
Sous la pression de leur poids
Elles sentirent l’ombre céder.
Dans un gémissement d’étoffe déchirée
De grilles grinçantes
Et de vagues déferlantes
L’obscurité avait capitulé.

Leurs yeux, leurs bras et tout leur être
Se mouvaient désormais à l’air libre
Hors du carcan de la lumière
Elles avaient enfin trouvé leur raison d’exister.

MH

Origine de l’expression: C’est la fin des haricots !

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Il était une fois une planète peuplée de haricots.
Il y en avait de toutes sortes : des blancs, des verts, des rouges, des jaunes, des Saint-Esprit à œil rouge, des nombrils de bonne sœur, des orteils de pécheurs, des nains, des mogettes, des flageolets, des cocos et des crochus de Montmagny.
Cette planète s’appelait: haricot sphère
Tout ce petit monde vivait en parfaite harmonie jusqu’à ce que l’ennui vienne à gagner cette pétulante colonie.
Les haricots auraient souhaité avoir un chef à contenter et à qui obéir… Cette existence de totale liberté commençait à leur peser.
Alors l’idée leur germa de commander une graine d’homme au Père Noël. Ils avaient ouï dire que cette espèce très répandue sur la planète bleue, était connue pour son autoritarisme et son exigence.
Dés qu’ils reçurent la graine désirée, les braves papilionacés la plantèrent dans leur jardin potager.
Neuf mois plus tard, un bébé rose et braillard naquit.
Et à partir de là, l’esclavage commença.
Pour nourrir cette bouche toujours ouverte, il fallait y déverser des litres et des litres de lait ; l’unique vache de l’étable, La Blanchette, n’en pouvait plus de se faire traire matin, midi et soir.
Quand l’insatiable enfant grandit, les haricots se mirent à la culture intensive de pommes de terre, carottes et petits pois pour rassasier ce gosier toujours plus vorace !
Il leur fallut même sacrifier La Blanchette pour satisfaire l’humain devenu un jeune homme avide de nourriture plus consistante !
Mais les bons fayots trimaient de bonne grâce pour leur Seigneur et maître, car son contentement donnait un sens à leur existence. Et puis, le tyran avait une certaine affection pour eux et quand il jouait au poker avec ses partenaires imaginaires, il les faisait rouler sur la table comme de vrais jetons de casino ! Les petits légumes trouvaient cela très amusant, seuls les haricots verts se lamentaient de ne jamais être choisis pour ce divertissement.
Un beau jour, l’être humain s’exprima pour autre chose qu’un désir de nourriture : « Moi vouloir femme ! » annonça-t-il.
Affolés, les légumineuses se mirent à courir dans tous les sens sans trouver de solution : Noël était encore loin et le temps que pousse la graine, l’homme perdrait patience…
C’est alors qu’un certain Saint Esprit à œil rouge eut une idée géniale : commander une femme sur la planète bleue.
Les terriens acceptèrent aussitôt de donner l’une de leurs femelles déjà grandies, en échange de toute une récolte de pommes de terre (ils étaient devenus obèses depuis une décennie et ne se nourrissaient plus que de frites, alors il leur fallait importer toujours plus de patates).
Le lendemain de la tractation, haricot sphère fut secouée par l’atterrissage de la plus grosse humaine qui soit ! Un convoi d’orteils de pêcheurs vint la quérir sur la plage pour la ramener au centre car elle faisait dangereusement pencher la planète vers la droite.
Toute la communauté papilionacée assista à la rencontre de l’homme et de la femme. Ils étaient vraiment très émus et certains s’écossaient d’émotion.
L’homme souriait niaisement devant sa pulpeuse moitié. Elle, grimaçait atrocement en émettant des bruits de ventre fort inquiétants … Quand tout à coup, elle prononça ces mots funestes : « J’ai faim ! » D’un bref mouvement rotatif de sa main boudinée aux ongles pointus, elle attrapa tous les haricot-sphèriens qui disparurent, indistinctement au plus profond de sa gorge grasse.
Puis, l’immonde fiancée expulsa un pet géant qui asphyxia son mâle !
Voilà à quoi en fut réduite la vaillante colonie de papilionacées … À une émission de gaz nauséabonde.

Et c’est depuis ce jour que l’on emploie l’expression : « C’est la fin des haricots »

MH

Une Cléopâtre ratée

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Ne me parlez pas du coiffeur ! Quand vous entrez dans son salon
Il vous regarde avec horreur :
– Mais qui vous a scalpée samedi passé ?
– Votre stagiaire, une gauchère …
– Ne vous en faites pas, je vais rattraper ça.
Alors on vous déshabille, on kidnappe votre cape
On coince une serviette dans votre dos en vous arrachant la peau !
Et on vous pousse au bac, la nuque en vrac, comme une vermine sous la guillotine. A brûle-pourpoint, on vous fait un soin : antipelliculaire, anti-desséchant, anti-casse, démêlant…Mais surtout exorbitant !
Puis vient le temps de la coupe :
– La raie, rappelez-moi, était du côté droit ?
– Non, du gauche, mais tant pis, je veux une frange ce samedi.
– Une frange…. ça me dérange… Avec votre grand nez, vous serez défigurée !
Quand c’est le moment de payer, vous dégainez le porte-monnaie
Trois cents euros, c’est cher payé, pour ressembler à une Cléopâtre ratée !

MH

Petite questionnette: Et vous, êtes-vous toujours satisfait(e) en sortant de chez votre coiffeur préféré ?

Le bac

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Il avait réussi ! Il pouvait enfin tourner la page du calendrier bloqué à cette date maudite du sept juillet. Il ne s’était pas autorisé à penser aux vacances et à tous les plaisirs qui allaient avec. Mais aujourd’hui, c’était comme si un barrage était tombé. Des torrents de joie déferlaient. Le bus qui le ramenait chez lui était un carrosse, le pavillon de banlieue, un palais, ses vieux parents, d’honorables courtisans, et lui, le roi…
Il criait, chantait, téléphonait à tous pour leur annoncer son succès. Les ressorts de son lit craquaient sous ses sauts de cabris, la lumière du soleil palissait devant l’éclat de son visage radieux.
Son père déboucha le champagne et sa mère découpa le gros gâteau à la crème. Il but, mangea, re but, se gava, vomit, puis s’endormit sur son lit aux ressorts affaissés.

Le lendemain, quand il émergea aux alentours de midi, la joie avait disparu. Il essaya de la faire revenir en s’invectivant lui-même : Tu l’as eu, tu te rends compte, sois heureux, tu l’as eu !! Mais un autre lui-même répondait en sourdine : Bé oui, je l’ai eu, encore heureux que je l’ai eu, y a pas de quoi sauter au plafond.

MH

Le dentier et la mer

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Fut-il à un futile dandy, à un cruel dentiste ou à un pauvre « sans dents » ?
Nul ne le saura jamais …
Toujours est-il que le dentier était là, échoué sur le sable.
S’il avait eu une mémoire, il aurait pu nous conter la noyade de son propriétaire, puis sa longue errance en solitaire sur les flots déchainés, hors de cette bouche qui était devenue sa maison.
S’il avait eu un cerveau, il aurait comptabilisé la masse de plancton avalée et le nombre de baigneurs mordus …Et s’il avait été rancunier, il aurait gardé une dent contre le commandant de bord imbécile qui avait propulsé le navire de croisière sur l’iceberg.
S’il avait eu un cœur, il se serait langui de ce propriétaire qui l’astiquait si bien et lui donnait des bains moussants dans le verre à dents
Mais il n’était qu’un pauvre dentier sans âme alors il ne pensait à rien, ne se souvenait de rien, n’anticipait rien … pas même Diane, la chasseresse de plastique écolo qui le jetterait bientôt dans un bac à marée…

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà ramassé des déchets sur la plage ?

Parodie de “Mignonne allons voir si la rose…” Sans utiliser la lettre A

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Mignonne, allons voir si la rose                                    Georgette, viens voir si le pissenlit
Qui ce matin avoit desclose                                           Qui ce soir ouvre merveilleusement
Sa robe de pourpre au Soleil,                                        Son jupon doré sous cette lune grise,
A point perdu ceste vesprée                                          Est point privé depuis potron-minet
Les plis de sa robe pourprée,                                        Des plis de son jupon citronné,
Et son teint au vostre pareil.                                         Et de son teint comme le tien.

Las !                                                                                      Trop bête !
Voyez comme en peu d’espace,                                    Voyez comme en peu de temps,
Mignonne, elle a dessus la place                                  Georgette, elle est restée ici et
Las ! las ses beautez laissé cheoir !                              Zut de zut ! Est devenue si moche !
Ô vrayment marastre Nature,                                      Ô tu pousses le bouchon Vénus,
Puis qu’une telle fleur ne dure                                     De décider qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !                                    Qu’ une journée !

Donc, si vous me croyez, mignonne,                         Donc, si vous me croyez, Georgette,
Tandis que vostre âge fleuronne                               Puisque les rides ne sont point encore
En sa plus verte nouveauté,                                       Et que vous êtes toute nouvelle,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse                              Cueillez, cueillez votre jeunesse
Comme à ceste fleur la vieillesse                              Comme pour ce pissenlit, les flétrissures
Fera ternir vostre beauté.                                           Feront ternir votre figure.

Pierre de Ronsard (1545)                                             MH (2019)