Correspondance de cousines

Le 20 décembre 2010 à Meudon

Chère Marie,

J’envoie cette lettre à tout hasard chez tes parents, qui sait si tu la liras un jour…

Où es tu ? Que fais-tu ? Es-tu seulement encore de ce monde… Tu me manques tellement cousinette… Quand je pense à toi, les souvenirs qui me reviennent sont liés à l’enfance, à nos vacances chez Tante Victoire, à nos cavalcades dans les champs avec le chien Lucky qui te suivait partout, un air d’adoration dans ses yeux bruns. Tu te rappelles de ce jour où nous nous étions empêtrées dans la boue avec nos vélos en lisière de foret ? C’est Lucky qui était allé prévenir la tante, heureusement car il commençait à faire nuit, le voisin, Monsieur Truchot, était venu à la rescousse avec son tracteur pour nous sortir de la boue, « les sables mouvants » comme on disait pour « faire aventure ». Victoire, elle,  était vraiment fâchée : Qu’est ce que je vais dire à vos parents, moi ? Vos chaussures du dimanche toutes crottées, vos robes à fleurs dégoûtantes, vos bicyclettes encrassées ?  Mais elle pardonnait vite car elle nous adorait. Je me souviens  de l’après-midi qu’on avait passé avec elle, à tout récurer avec le jet d’eau dans le jardin, il faisait chaud, on s’aspergeait autant qu’on nettoyait et Tante Victoire riait aux éclats. Elle aurait fait une merveilleuse maman, malheureusement le destin ne lui aura permis que d’être une merveilleuse tante. Quand tes petites sœurs Blandine et Emilie arrivaient, l’ambiance changeait, on n’avait plus le droit de partir à l’aventure dans la campagne alentour, alors on préparait des spectacles dans le jardin. Moi j’écrivais le scenario, (c’est d’ailleurs à cette époque que mon goût pour l’écriture est né) Toi tu faisais le metteur en scène, très organisée, un brin autoritaire, mais c’est exactement ce qu’il fallait, surtout avec les deux petites. Nos parents venaient toujours passer le dernier weekend d’août pour nous récupérer, alors on donnait une vraie représentation dans la grange ;  Monsieur Truchot et sa femme étaient invités et aussi les autres voisins, je ne me souviens plus leur nom, mais nous on les appelait Madame pomme de terre et Monsieur haricot vert, ils n’étaient vraiment pas assortis corporellement parlant, mais ils avaient pourtant l’air très amoureux. Lucky passait parmi les spectateurs, un panier en osier dans la gueule et tous payaient leur place avec une poignée de bonbons et une caresse pour le chien.

Et puis, il y a eu l’été du drame. Moi j’étais à Manchester dans une famille pour tenter d’améliorer mon niveau catastrophique en anglais, Blandine et Emilie sur la cote atlantique avec tes parents, et toi, seule chez la tante. L’attrait de l’océan n’avait pas été assez fort pour t’empêcher de passer les vacances avec Victoire et Lucky.

On s’est moins vues après le drame, plus de point de ralliement pour passer l’été, et puis, les études prenantes, les bandes d’amis différentes, et à partir de 2005 le grand silence…

J’aimerais tant t’embrasser pour de vrai…

Anette

28/12/2010 à Paris

Ma très chère Anette,

Quelle joie de trouver ta lettre chez mes parents pour Noël !

C’est vrai, je suis partie sans laisser d’adresse, à personne, même pas à toi ma cousine préférée… Tu as dû m’en vouloir atrocement, et pourtant, tu m’écris, cinq ans après ma « disparition »

Je sais que j’ai inquiété tout le monde, fait de la peine à toute la famille et surtout à toi, ma chère Anette…

Aujourd’hui enfin, je peux parler et revenir vers vous, vers toi.

Voici l’incroyable aventure qui m’est arrivée. J’ai suivi un homme sur un coup de tête. Il s’appelait Franck. Je savais qu’il déplairait à mon entourage, et à toi en particulier. Tu l’aurais jugé trop rude, trop primaire pour une fille comme moi… mais justement, c’est cela qui m’a séduite au départ, ce côté « homme des bois »

Franck m’avait contactée sur un site de rencontres. L’intérêt pour les chiens était notre affinité majeure. Il possédait un élevage de pitbulls dans le sud de la France et il m’a proposé qu’on se rencontre à Paris où il venait pour une exposition canine. Dès le premier regard, j’ai été sous son emprise ; son aplomb et sa virilité de mâle Alpha me fascinaient. Et puis, j’ai aussi été conquise par Jaho, son reproducteur, le chef de meute. Une bête puissante au pelage caramel, aux yeux si doux…

Alors, quand Franck m’a demandé de le suivre chez lui, à Draguignan, je n’ai pas hésité une seule seconde. Mais dès notre arrivée là-bas, sur son territoire, il m’a séquestrée ! Jetée au fond d’une cage comme ses malheureux chiens auxquels il ne témoignait aucune affection, et qui ne représentaient pour lui qu’un gagne pain.

Je suis restée ainsi cinq années sans pouvoir parler à qui que ce soit, même pas à  lui qui n’entrait dans ma cage que pour me jeter une méchante gamelle de soupe ou pour poser ses pattes immondes sur moi.

Tu te demandes comment ta malheureuse cousine s’en est finalement sortie ma chère Anette ? Et bien je vais te le dire, j’ai tué mon bourreau ! Ou plutôt, je l’ai fait assassiner.

Au fil des mois, lors de nos courtes promenades dans l’enclos ceint par du fil barbelé électrifié, j’ai réussi à communiquer avec les chiens, et en particulier avec Jaho, le chef de meute. Cela ne t’étonnera qu’à moitié, Anette, tu te souviens du lien que j’avais avec Lucky et de la façon dont il m’avait sauvée des flammes quand la maison de Victoire a brûlé, emportant notre chère tante à jamais…

Je suis donc parvenue à fomenter une mutinerie contre Franck. Chaque chien avait son rôle, comme dans les pièces de théâtre qu’on organisait l’été avec mes sœurs, et dont j’étais souvent le metteur en scène !

La chienne Dolly serait chargée d’amadouer Franck pour le faire rentrer dans l’enclos, le vieux Pipo jouerait le malade pour que Franck s’accroupisse et se focalise sur lui… et là,  TAN TAN ! Charge de la Brigade Légère avec Jaho en tête dans le rôle de Lord Cardigan et les vingt autres chiens de l’élevage dans les rôles des soldats acharnés et avides de sang !

Ma chère cousine, ce fut un délicieux carnage ! Une mise à mort dans les règles de l’art avec prise de gorge, chair déchiquetée et membres arrachés. D’ailleurs j’ai  récupéré sa montre Breitling au poignet gauche de Franck et  je la porte avec fierté depuis ce jour, un petit souvenir des mes années dans le Var….

Voilà, ma chère Anette, maintenant que tu sais tout j’espère que tu me pardonneras pour mon silence prolongé et que tu voudras bien me revoir.

Avec toute mon affection, ta cousine Marie

PS : Si tu t’es réellement mise à l’écriture, tu pourrais peut-être écrire une jolie nouvelle inspirée de mon histoire ?

Ombre providentielle

Dans le cadre de l’Agenda ironique de décembre, Carnets Paresseux  nous propose de parler d’ombre et nous suggère de glisser dans nos textes les deux phrases suivantes : « Je ne m’attends pas à ce que vous croyiez cette histoire. Est-ce que j’y crois, moi ? »

Je ne m’attends pas à ce que vous croyiez cette histoire. Est-ce que j’y crois, moi ? Hier je me suis réveillée, comme chaque matin à 9 heures, et quand je me suis extirpée de la couette pour glisser mes pieds dans mes pantoufles impeccablement rangées près de mon lit, je n’ai vu que deux ombres pénétrer le moelleux des chaussons. Quant à mes jambes, c’était pareil, deux silhouettes sombres, plus aucune trace de chair, une vraie désincarnation ! Alors j’ai avancé vers ma psyché et j’ai constaté que ma personne entière n’était plus qu’un profil  imprécis et noirâtre. D’abord, j’ai paniqué, où étaient passés mes traits, mes yeux ? Pourtant, je parvenais à voir …Et ce nez à bosse dont j’avais longtemps fait un complexe ? Invisible, même en me mettant de coté, le miroir ne reflétait qu’un vague relief. Je soulevai ma longue chevelure rousse pour la voir retomber mais là aussi, ce n’était que le mouvement d’une masse informe et sans couleur…

J’essayai alors ma voix dans un cri désespéré pour alerter mon mari et mes enfants, mais aucun son ne sortait de mon moi relayé à ce triste gabarit…

J’entendais les miens appeler :

-Mais où elle est encore passée, maman ? J’ai ma leçon d’histoire à lui faire réciter !

– Et moi, il faut qu’elle repasse ma robe pour ce soir !

– Elle a dû aller courir, les enfants, mais….c’est pas vrai ! Elle aurait quand même pu mettre le poulet au four avant de partir !!

Sortir de l’appartement, bonne idée, voilà ce que j’allais faire pour constater mon  nouvel état en plein air.

J’abandonnais donc mes chaussons et ne prenais pas la peine d’enfiler mes baskets, une ombre ne souffre pas des pieds, si ? Inutile aussi de me coiffer, de me laver, de m’habiller. Je commençais à entrevoir tous les avantages de ma nouvelle apparence, et en plus, j’échappais aux corvées ménagères !

C’est ainsi que je me retrouvai dans la rue parmi tous ces carnés que je pouvais rattraper, écraser à loisir, et dépasser en toute légèreté. Cela  fut un immense plaisir quand je croisai mon sale banquier qui nous avait refusé un emprunt dernièrement, je m’acharnai sur son corps pendant plus de dix minutes en le piétinant de toute ma non-substance !

Je passais une journée merveilleuse à entrer gratuitement dans les musées, les monuments de la ville et les cinémas. Je n’essayai pas les restaurants ni les bars, car j’ignorais  si les gens verraient les aliments et les boissons circuler dans mon non-corps. Je n’allai pas non plus dans les magasins car si je chipais des objets, ils auraient certainement été visibles dans mes  non-mains  et j’aurais eu trop honte…

Le soir, mon être évanescent, fourbu par ces multiples activités, rentra chez moi et constata que Jean et les filles avaient commandé du Mac Do.

Personne ne semblait s’inquiéter de mon absence.

Le poulet attendait sagement dans le frigidaire que la bonne ménagère réapparaisse pour être cuisiné ! De même, le cahier d’histoire de Noémie avait été balancé sous son lit, et la robe de soirée de Camille gisait toute bouchonnée sur le carrelage de la salle de bain ! Par flemme de la repasser, elle en avait même renoncé à sa soirée ! Et cet imbécile de Jean qui se bidonnait avec ses filles devant une série débile en bouffant de la junk food ! Dingue !

De rage, je filai au lit !

Je m’endormis très vite et fis un rêve délicieux où tous les humains étaient des ombres, finis le chômage, les grèves, la faim dans le monde, le covid, la politique, les guerres, la mort…

Le lendemain matin, quand je me réveillai, je glissai mes pieds dans mes pantoufles impeccablement rangées près de mon lit. Et là, quel choc ! Oui, c’était bien mes vilains pieds couverts de cors, et aux ongles mal taillés ! Je me précipitai vers ma psyché, et toute ma personne m’apparut avec mes cheveux ébouriffés, mon nez cabossé et mes yeux éberlués !

-Maman ! Tu m’emmènes chez Aurélie pour préparer mon exposé ?

-Maman, on va au centre commercial m’acheter une nouvelle robe ?

-Chérie, tu le prépares ce poulet, oui ou non ???

-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON

Animal de plage

Pour son 150ème Café Thé,  Ecureuil Bleu nous proposait de broder autour de cette photo d’un des animaux de plage de Théo Jansen.

Animal de plage, tu cours ? Tu nages ?

Sur tes rouages en cartonnage,

Poussé par les vents, tel un nuage

Tu sembles un merveilleux mirage

Animal de plage, drôle de personnage

Tu déploies tes membres, tu trembles,

Tu flageoles, tu vacilles, mais tu avances

Animal de sable, au bord de la plage

N’es-tu qu’une image dans le paysage

Avec ton ramage fait de mille collages…

Animal-voyage, tu foules les coquillages

Puis t’éloignes au large, vers d’autres rivages

Tu as le visage  d’un mage volage, ange du partage

Animal sauvage, animal courage, animal de plage…

Réponse de souris

Ce texte fait suite à mon texte précédent: Lettre de souris:

Ronce-les-bains,  le 30 novembre 2017

Chère Elisa,

On peut dire que ta lettre et ton invitation ont changé ma vie !

Et oui, j’ai revu Julien. Il est venu jusqu’ici, tu te rends compte ! Quand il s’est encadré  dans la porte de la pharmacie et m’a demandé avec ce petit sourire qui lui plisse les yeux, un tube de lysopaïne,  je n’en revenais pas ! Christelle, ma préparatrice ne comprenait pas ce qu’il se passait quand elle m’a vue flageoler sur mes jambes (un peu comme avec Serin le prof de maths, tu vois le genre…) Mais cette fois, le flageolement n’était pas dû à la même émotion !

L’amour, oui, je crois bien que je l’ai trouvé, ma petite souris des villes, et c’est grâce à toi !

C’est sûr que mon déguisement m’allait plutôt bien, encore une de tes idées « Jane Eyre », mais je crois que j’y aurais pensé toute seule (tu te souviens quand on se retrouvait dans les bottes de foin de la Mère Grenier, le samedi après-midi pour lire des chapitres ensemble ?)

Mais que Julien, le collègue de Jean, soit en « Edward Rochester »,  qui aurait pu l’imaginer ? Ne me dis pas que c’est toi qui lui as soufflé l’idée ? Surement pas, puisque tu me destinais à Gontran… Soit dit en passant, quelle mocheté celui-là, comment as-tu pu penser qu’il me plairait ? C’est vrai qu’avec sa tignasse orange, sa salopette de Tom Sawyer lui allait pile poil ! Mais quand il a commencé à me parler des équations du 3ème degré et de la courbe de Gausse, sa bouche pleine de bretzels, j’ai cru que j’allais piquer du nez dans mon verre de punch. Heureusement qu’à ce moment là, Julien a surgi, il était l’un des derniers invités, je crois…Une vraie apparition… Et au milieu de cette centaine de personnes, il a directement foncé sur moi ; on n’avait même pas été présentés et il m’a déclaré :

« Vous m’examinez, Miss Eyre, me trouvez-vous beau ?

Alors j’ai répondu comme dans ce célèbre passage du chapitre quatorze :

– Non, Monsieur.

– Ah, ma parole, vous n’êtes pas banale ! Vous avez l’air bien embarrassé, Miss Eyre ; et, quoique vous ne soyez pas plus jolie que je ne suis beau, un air d’embarras vous va si bien… »

Et là, il m’a empoignée par la taille et m’a entrainée sur la piste ; Gontran s’en est planté un bretzel dans le nez !

Mais tu n’as pas vu cette scène incroyable, toi, tu étais trop occupée à virevolter sur le dance floor avec ta progéniture (charmantes « Filles du Docteur March » soit dit en passant, surtout Claire en « Meg »)

Et toi, en « Scarlet O’hara »… superbe ! En plus, tu avais choisi la robe qu’elle se fabrique avec des rideaux de velours vert quand elle n’a plus un sou et qu’elle retourne à Atlanta pour solliciter l’aide de « Rhett Butler ».

Parfait aussi ton Jean en « Rhett », même si sa jolie moustache se décollait en peu pendant vos rocks endiablés !

Enfin, tu auras loupé ma rencontre avec Julien près du buffet (à propos, j’ai adoré le cake salé au chorizo, sais-tu qui l’avait fait ?) mais tu nous auras vus fouler la piste, c’était au moment de « Pour un flirt » de Michel Delpech. C’est devenu ma chanson préférée, même si je la trouvais bébête dans les années 70, je l’adore depuis ce 22 octobre ! Et puis… entre « Edward » et moi, enfin, je veux dire, entre Julien et moi, ça ne va pas se résumer à un flirt…

Tu ne va jamais le croire…En même temps que le tube de lysopaïne, devine ce qu’il m’a demandé ??? Ma main !!! Oui, ma petite patte de souris des champs ou ma mimine tremblante de Jane Eyre, comme tu préfères !

Alors, ma petite souris des villes, quitteras-tu ta capitale, en juin ? Oseras-tu la province et la fête ? Je l’espère de tout mon cœur, car je vais enfin me marier !!

Gros bisous, Christine, ta petite souris des champs.

Lettre de souris

Consigne d’écriture : Une lettre contenant une proposition et un souvenir commun.

Paris, le 2 mai 2017

Ma chère Christine,

J’espère que tu vas bien et que tu n’as pas été atteinte par ce satané virus, avec tous les cas contacts que tu dois croiser dans ta pharmacie.

Bon, je te préviens en « avant-première » pour mettre toutes les chances de mon coté ; tu vas te dire : Qu’est ce qu’elle a encore inventé mon amie d’enfance… 

Et bien voilà, avec six couples d’amis, Jean et moi organisons une grande fête déguisée en octobre. Nous somme le 2 mai, tu ne pourras donc pas me dire que je t’ai prise de court !!!

Ça va être grandiose ! On a loué un superbe manoir près de Paris, à nous tous, ça n’est pas revenu trop cher (tu connais les oursins que Jean a dans les poches, hi hi hi)

En ce qui concerne le thème de la soirée, je pense bien qu’il pourrait t’inspirer : Héros et héroïnes de romans anglo-saxons ! Toi qui as toujours adoré Jane Eyre, je te vois déjà avec le  bonnet victorien,  la robe stricte couleur lie de vin et une grande cape à capuche peut-être noire, ou brune…  tu serais parfaite !

J’espère tant que tu viendras ! Octobre est un mois creux dans ta pharmacie de bord de mer, plus aucun estivant, et pour ce qui est des autochtones, et bien qu’ils restent au lit avec un bon bouquin et qu’ils te fichent la paix pour une fois !

En plus, il y aura plein de quarantenaires célibataires ! Tu sais, avec le nouveau marché des divorcés, tu pourrais trouver chaussure à ton pied ! Il y en a un, un certain Gontran, prof de maths, qui pourrait bien te plaire, grand, roux, yeux verts…Tu as toujours aimé les rouquins, non ?

Mais tu as peut- être été dégoutée à vie des profs de maths par Monsieur  Serin … Tu te souviens en sixième quand il t’avait demandé d’aller chercher un chiffon dans une autre classe et que tu avais mis plus d’un quart d’heure ? Tu avais trop peur de déranger un cours, alors tu avais dû trouver une salle vide… Pendant ton absence, Monsieur Serin s’impatientait, il n’arrêtait pas de répéter avec sa grosse voix : «  Mais qu’est-ce qu’elle fout, Morel ?! » Tu te rappelles, il nous appelait par nos noms de famille, pour nous faire trembler encore un peu  plus, j’imagine…Il avait fini par effacer le tableau avec la manche de sa blouse blanche et à écrire la nouvelle leçon, et toi, haletante, tu étais enfin revenue avec le précieux chiffon, tu t’étais littéralement jetée sur le tableau et tu avais effacé, avec une énergie décuplée par le stress, ce que le professeur venait juste d’écrire !! « Bon Dieu, Morel, non seulement tu mets des plombes à trouver un chiffon, mais en plus, tu effaces tout mon cours !!!! »Ma pauvre, tu étais devenue toute rouge, et tes mâchoires  jouaient des castagnettes !

Non, mais je t’assure, Gontran n’est pas du tout comme Monsieur Serin, c’est un type sensible et délicat, tout ce que tu aimes. En plus, il n’a jamais été marié, donc pas de beaux enfants à te farcir ! Ça y est, je t’entends déjà me dire : « C’est louche… Si personne n’en a voulu jusque là, de cet homme parfait, c’est qu’il doit avoir un vice caché… » Tu vois je fais les questions et les réponses ; je te connais tellement, depuis trente ans…

En tout cas, si ce n’est pas Gontran, c’en sera une autre, j’en vois au moins cinq potentiels pour toi !

Alors, ma petite souris des champs, sortiras-tu de ton trou en octobre ? Oseras-tu la ville et la fête ? Je l’espère de tout mon cœur, cela fait tellement longtemps qu’on ne s’est pas vues…

Je t’embrasse bien fort, Elisa, ta petite souris des villes.

Sosthène et Sylvaine

Comme les filles qu’il aimait ne l’aimaient jamais, Sosthène avait choisi une fille qu’il n’aimait pas. Elle s’appelait Sylvaine. Elle n’était ni belle, ni coquette, ni bien faite. Son nez immense décorait son visage terne comme le phare de Cordouan s’élève sur la Gironde et ses petits yeux de taupe étaient si enfoncés qu’on se demandait comment elle parvenait à voir. Que dire de sa bouche si ce n’est qu’elle ressemblait à une cave humide dans laquelle on aurait entreposé des vieilleries moisies.

Pourtant, Sosthène avait décidé de faire sa vie avec Sylvaine, sans se poser de questions, comme on avale une cuillerée d’huile de foie de morue.

Et puis, de quel droit aurait-il critiqué son physique ? Lui même n’était pas un prix de beauté avec ses pattes de sauterelles, son buste rétréci et sa coupe de cheveux à la Du Guesclin.

En revanche, il n’était pas sot, à l’école le maître disait toujours : Heureusement que Sosthène est là pour rattraper votre stupidité collégiale !  Pourtant il n’avait pas fait d’études et cela à cause de son trop grand dévouement ; son père était mort jeune d’un éléphantiasis sévère qui lui avait fait gonfler les pieds de façon spectaculaire. Ainsi, Sosthène à peine âgé de dix-sept ans, avait dû reprendre la boutique de chaussures paternelle pour subvenir aux besoins de sa mère qui préférait ne rien faire.

C’est dans son échoppe qu’il avait croisé les jolis petits petons de Corinne, de Christelle, de Lisette, de Fanchon et de Jeannette dont il n’avait jamais osé demander la main. Mais quand son chausse-pied avait introduit l’interminable panard aux multiples oignons de Sylvaine dans un mocassin beige, il s’était dit qu’il oserait peut-être… Et elle avait dit oui. Alors Sosthène avait offert la paire de mocassins taille 44 fillette à sa fiancée et l’avait présentée à sa maman.

Moi qui voulais de beaux petits enfants… se désespéra Gilberte Enfin, elle  t’aidera à tenir le magasin, c’est déjà ça … Sylvaine baissa les yeux et une goutte salée dévala les ailes de son long nez pour venir s’écraser sur son mocassin beige. Sosthène, lui, releva la tête, prit sa Sylvaine par la main et quitta le salon Henri II de sa mère.

Dans l’arrière-boutique, il initiait sa fiancée au rangement des boites, par tailles, par catégories, par couleurs et par matières, mais, entre deux ballerines roses et trois paires de tropéziennes en cuir, la jeune femme éveillait son promis à bien d’autres activités dont le père de Sosthène n’avait pas eu le temps de lui parler. Ainsi, Sosthène tomba enfin amoureux fou de Sylvaine.

Les clients et les clientes, d’abord un peu rebutés par le physique de la nouvelle vendeuse, furent vite conquis par son efficacité. Imaginez qu’elle réussit du premier coup à dénicher une paire d’escarpins rouges en chevreau pour le pied endolori de Madame Bobine, la mercière ! Grâce à vous, Sylvaine, je vais faire honneur à ma fille pour son mariage avec Geoffrey, le fils du pharmacien !

De même, elle conseilla le Père Tranchon qui voulait des souliers vernis pour l’enterrement de Maître Scribar, le notaire : Vous comprenez, à la boucherie, personne voit mes pieds, alors été comme hiver pour moi c’est des claquettes avec ou sans chaussettes ! Sylvaine constata l’élargissement dramatique des arpions de Tranchon suite à des décennies de claquettes. On aurait dit deux escalopes de dinde dédoublées. Puis elle réfléchit et lui dit : Revenez dans une heure, j’aurai peut-être une solution pour vous… Sylvaine demanda la permission à Sosthène et fila chez Gilberte. En catimini, elle s’introduisit dans le grenier et sortit d’une grosse boite, une paire de souliers de cérémonie d’une largeur spectaculaire. Le père de Sosthène s’était fait faire ces chaussures sur mesure à cause de sa maladie. Il tenait plus que tout à rester présentable jusqu’au bout dans sa boutique. En revanche, il avait bien stipulé dans ses dernières volontés qu’il voulait être enterré pieds nus : pour que ses malheureuses extrémités respirent enfin le parfum de la liberté. Cette incroyable paire était la deuxième chose cachée que Sosthène avait montrée à Sylvaine peu de temps après leur rencontre.

Quand le père Tranchon enfila les souliers vernis qui lui allaient aussi bien que ses pantoufles de vair à Cendrillon, il entama une danse de Saint Guy au milieu de la boutique, entraînant sa bonne fée Sylvaine dans la farandole.

Et ainsi passaient les jours et les semaines entre la boutique et les déjeuners du dimanche dans le vilain salon Henri II de Gilberte. Les affaires marchaient bien et Sosthène avait commandé à la Banque des Limougeauds Prévoyants un gros lingot d’or.

Sosthène et Sylvaine se marièrent un beau samedi d’avril à la Mairie puis à l’église de Chaptelat. Le père Tranchon et Madame Bobine purent ainsi amortir leurs souliers de cérémonie. Gilberte choisit la paire d’escarpins la plus chère du magasin en cuir de crocodile rehaussé d’une piqûre de dentelle. Quant aux petits petons de Corinne, Christelle, Lisette, Fanchon et Jeannette, ils se tortillaient de jalousie dans leurs ballerines couleur pastel.

Sylvaine et Sosthène restèrent simples et sobres pour le plus beau jour de leur vie, mais leur amour hors norme irradiait leur mesquin entourage.

Malheureusement aucun enfant ne pointait de l’orteil, le ventre de Sylvaine restait désespérément plat et sec malgré les nombreux galops d’essai dans l’arrière boutique. Alors Gilberte eut une idée : Et si vous alliez voir Geoffrey, il parait qu’il a des médicaments de pointe à la pharmacie, il pourrait peut-être aider Sylvaine … Gilberte n’aurait pu concevoir que la défaillance  incombe à son fils, seule son laideron de belle-fille pouvait cumuler les tares.

Pour Sosthène ce fut la goutte d’eau qui fit décolorer le nubuck ! Comment avait- il pu supporter aussi longtemps la méchanceté de sa mère vis-à-vis de Sylvaine :

Puisque tu t’obstines à dénigrer ma femme, maman, nous partons, et tu te débrouilleras seule  avec la boutique !

Sur ces mots, Sosthène fit les bagages, prit sa Sylvaine par la main droite et leur grosse valise en carton par la main gauche.

Ils venaient de quitter la bourgade, lui au volant de sa petite Dyane grise, et elle tout excitée à ses cotés. L’air leur parut soudain plus léger, le soleil plus caressant, la campagne plus verdoyante. Débarrassés de l’odeur de pieds du magasin, ils respiraient enfin le parfum du blé fauché et de la liberté ! Ils roulaient  sans destination, tournaient au hasard des petites routes ombragées ou des hameaux charmants. Vers midi, les gloussements de leurs ventres leur rappelèrent qu’il était temps de déjeuner, alors ils firent une pause au bord d’un petit cours d’eau enchanté par les libellules, pour dévorer les quelques provisions de bouche que Sylvaine avait pensé à emporter. Le vin rosé leur monta vite à la tête et un sous-bois moussu accueillit leurs ébats au grand air.

Ragaillardis par cette halte féerique, ils reprirent la route en milieu d’après-midi et se retrouvèrent, sans l’avoir calculé, au bord de l’océan à l’heure du soleil couchant.

Après une nuit à la belle étoile sur le sable le plus fin du monde (ils n’en connaissaient aucun autre) ils visitèrent la petite station balnéaire près de laquelle ils avaient échoué. C’était le mois de mai et les estivants n’étaient pas encore là. Le charme des ruelles blanches parsemées de roses trémières et de volets bleus leur fit comprendre que c’était bien ici qu’ils feraient leur nouvelle vie.

Attablés à la terrasse du Café de la Grand Place, qui n’était pas si grande que ça,  le couple se posait mille questions ; Dormiraient-ils encore sur la plage ce soir…Ils avaient eu un peu froid. Quel serait leur gagne-pain ? Trouveraient-ils une petite maison à acheter avec le gros lingot d’or qui dormait, bien emmitouflé au milieu des habits, dans la grosse valise en carton…

– Une chose est certaine, je ne veux plus travailler dans la chaussure ! Assura Sosthène.

– Tu es sûr ? On est pourtant doués pour ça ! Répondit Sylvaine

– Oui, mais je ne veux rien qui me rappelle le passé… Expliqua Sosthène

– Je te comprends, moi non plus ! Renchérit Sylvaine qui ne pouvait résister à son  petit mari chéri.

Guytou le patron avait bien sûr repéré ces nouvelles têtes parmi les habitués et écouté d’une oreille leur conversation. Il leur servit deux pineaux des Charentes bien frais juste après leur café crème : Spécialité du coin, et c’est  offert par la maison !

Les amoureux se délectèrent de ce nectar des dieux, Sylvaine ressemblait à un colibri, son long nez plongé dans le verre tubulaire comme un bec dans une ancolie du Canada.

J’voudrai point désarinjer, mais j’ai un peu entendu quand vous causiez… Intervint un ancien qui mangeait une drôle de mixture à base de pain trempé dans un bol de vin rouge, à la table voisine. Dans que bourg, c’est ti pas un marchin d’galloches qui manque mais plutôt un marchin d’chapiats !

Heureusement, Guytou vint à la rescousse pour la traduction du saintongeais en français : Ce que le père Gaudin veut vous dire, c’est qu’un magasin de chaussures, on en a déjà un, mais qu’il faudrait bien une boutique de chapeaux ! Les anciens, ils ont pas toujours la possibilité d’aller faire leurs courses à Royan ou à Saintes, et l’été, le soleil tape dur sur la caboche !

Cette réflexion fit l’effet d’un coup de galoche sur la tête des jeunes mariés, jamais ils n’avaient songé à œuvrer pour l’extrémité haute de l’être humain ! Mais, après tout, pourquoi pas, ils voulaient du changement oui ou non ?

Sur les conseils de Guytou, ils s’installèrent à la pension de famille « Les Bégonias » tenue par « La » Georgette, une pétulante veuve connue pour ses dons divinatoires.

Couchés sur le lit de leur jolie chambre avec vue sur mer, Sosthène et Sylvaine faisaient des plans sur la comète:

-Faut se mettre en quête d’un local au plus tôt !

-On aura vite fait le tour si on veut quelque chose de bien central

-Guytou a parlé d’une ancienne boutique de parapluies qui a fait faillite à cause du beau temps…

-Oui, on ira voir ça demain matin.

« Temps de cagouilles » tel était le nom du magasin abandonné, en référence à l’amour des escargots pour la pluie. Face à l’église, et sur le chemin de la plage, on ne pouvait rêver meilleur emplacement.

De retour à la pension de famille pour le déjeuner, Sosthène et Sylvaine se régalèrent du plateau de fruits de mer que leur avait préparé « La » Georgette. L’Entre deux mers bien frais les rendait bavards et tout excités :

-On devra être très diversifiés, du bob au chapeau de cérémonie en passant par les casquettes à carreaux, les casquettes dernier cri, les panamas, les chapeaux de cow-boy et les sombreros ! S’enthousiasmait Sosthène

-Et puis aussi les canotiers, les bérets, les melons et les capelines… il faut en avoir pour tous les goûts, toutes les bourses et toutes les occasions si on veut que ça marche ! Répliqua Sylvaine.

Pendant leur conversation joyeuse, La Georgette n’avait cessé de fixer Sylvaine d’un air concentré. Un peu gênés par son regard insistant, les jeunes mariés lui proposèrent de trinquer avec eux pour détendre l’atmosphère :

-Tout va bien Madame Georgette ? S’enquit  Sylvaine

-Pas vraiment… Répondit-elle avec grand sérieux

-Nous sommes désolés… Avons-nous dit ou fait quelque chose qui aurait pu vous froisser ? Avons-nous été trop bruyants ?

-Non, mais vous avez simplement oublié de citer un type de chapeau essentiel dans votre liste…

-Ah bon ? Mais lequel ? Demanda Sosthène

-Le bonnet de naissance ! Et Dieu sait si vous allez en avoir besoin !

-Quoi ??? S’exclamèrent Sylvaine et Sosthène en cœur 

Ben oui ! Madame Sylvaine attend des triplés, et je peux même vous annoncer que ça sera deux drôles et une drôlesse !!

Sauvetage

Consigne : Imaginez une histoire à partir de ces 3 photos.

Au très select « Comité de Protection des Végétaux en Péril », c’est l’effervescence. Une nouvelle exceptionnelle vient de paraitre dans le journal. Gonzague de Saint Albray et toute son équipe n’en croient pas leurs yeux.

Gonzague – Il n’en reste plus qu’un seul spécimen, et il est en Colombie, qui l’eut cru ?!

Marie-Antide – Incroyable! Tout esseulé en ce milieu aride et escarpé, je n’en reviens pas!

Claude-Bernard – Et dire qu’avant on les dégustait en salade !

Jean-Axel – Et on les massacrait à la tondeuse !

Marie-Sophie – Oui, et on soufflait dessus quand ils étaient fanés, on les décapitait, en somme…

Anne-Bernadette – Un peu comme les marguerites, je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…

Gonzague – Personnellement, je n’ai jamais joué à ce jeu stupide, déjà enfant j’avais un grand respect pour les plantes, même les plus triviales.

Marie-Antide – Oui, et puis à quoi bon ce jeu puisque vous saviez déjà à six ans que votre « moman » serait la femme de votre vie, alors pourquoi torturer les fleurs ?

Gonzague – Seriez-vous jalouse, Marie-Antide ?

Anne-Bernadette – Rho… Cessez donc de vous houspiller tous les deux et trouvons plutôt une manière de faire revenir le pissenlit en Europe !

Filibert – Organisons un voyage !!

Gonzague – Facile à dire, mais qui le financera ? Les caisses de notre comité sont à sec depuis que Marie-Sophie et Claude-Bernard ont tout raflé pour la réception de leur mariage…

Marie-Antide – Ah bon ? Quelle honte ! Je n’étais pas au courant ! C’est scandaleux !

Filibert – Calmons-nous, calmons-nous et gardons à l’esprit que nous venons d’apprendre la nouvelle la plus réjouissante depuis l’extinction du rhododendron !

Gonzague – Nous partirons donc en voyage, mais, chichement.

Anne-Bernadette – Chiche que nous voyagerons chichement, parole de pois chiche !

Filibert – Un vieux coucou pour commencer, je sais qu’ils en proposent à Orly, d’anciens Boeing 707 qui ont un peu de plomb dans l’aile !

Marie-Sophie – Génial Filibert, mais une fois à Bogota, comment rallierons-nous les hauts plateaux arides ?

Claude-Bernard – Nous achèterons un van, ils en vendent en pièces détachées là-bas, ainsi pas de frais de logement, notre moyen de locomotion sera également notre hôtel !

Gonzague – Diantre ! Sept dans un van ! Qui de nous supportera cette promiscuité ? Surement pas Marie-Sophie et ses habitudes de princesse …

Marie-Sophie – Pour le retour de la fleur jaune en Europe, je me sacrifierai !

Tous – Un pour tous et tous pour le pissenlit !

Jeu numéro 25

Image par No-longer-here de Pixabay

Cette semaine dans le cadre d’un  Challenge d’écriture sur son blog  L’atmosphérique, Marie nous propose  d’inventer un texte à partir d’une citation d’Alain Mabanckou. 

Variations autour de la citation d’Alain Mabanckou : « Pour bien écrire, il faut savoir vivre et revivre ses souvenirs »

Pour bien lire, il faut savoir ouvrir et rouvrir ses livres

Pour bien se salir, il faut savoir courir et bondir dans la suie

Pour bien s’enrichir, il faut savoir remplir sa tirelire

Pour bien obéir, il faut savoir aplanir et contenir ses idées

Pour bien mentir, il faut savoir retenir et travestir la vérité

Pour bien choisir, il faut savoir réfléchir et éviter le pire

Pourbien et Crire fautaient pour savoir vivre, sous un menhir

Pour bien séduire, il faut savoir sourire et conquérir

Pour bien crier, il faut faire vibrer et re vibrer ses soupirs

Pour bien vivre, il faut savoir suivre et poursuivre ses envies

Pour bien murir, il faut savoir investir, bâtir et construire

Pour bien chérir, il faut savoir nourrir puis affranchir ses petits

Pour bien vieillir, il faut savoir rire, embellir et fleurir  

Pour bien se souvenir, il faut savoir écrire et réécrire ses pensées

Pour bien mourir, il faut savoir pâlir, flétrir et partir.

Jeu numéro 24

Pourquoi ? Peut-être…

Pourquoi les poignées de portes vous attrapent-elles par la manche quand vous passez ?

Peut-être pour vous confier un secret …

Pourquoi les motocyclettes vrombissent-elles ?

Peut-être pour draguer les vélos…

Pourquoi les pinces à épiler s’emparent-elles de la peau et pas du poil ?

Peut-être pour épargner un condamné…

Pourquoi les oiseaux ne manifestent-ils pas contre le sifflement des bouilloires ?

Peut-être par solidarité…

Pourquoi la machine à laver se met-elle à ronronner quand on va se coucher ?

Peut-être pour qu’on vienne la câliner…

Pourquoi les boucles d’oreille refusent-elles de rentrer dans les trous quand on est pressées ?

Peut-être pour faire la grasse matinée dans le coffre à bijoux…

Pourquoi les imprimantes ne répondent-elles pas aux ordinateurs ?

Peut-être pour marquer leur indépendance…

Pourquoi les carottes cuisent-elles moins vite que les pommes de terre ?

Peut-être pour profiter plus longtemps du bain bouillant et salé…

Pourquoi les tableaux noirs sont-ils verts ?

Peut-être pour nous faire espérer de bonnes notes …

Pourquoi les tables des guinguettes sont elles bancales ?

Peut-être pour nous faire valser…

Pourquoi les bulles de l’eau gazeuse partent-elles si vite ?

Peut-être pour voyager…

Pourquoi les yeux de mon chat sont-ils verts à l’ombre et jaunes au soleil ?

Peut-être pour me charmer…

Pourquoi l’aspirateur a-t-il toujours faim et le scooter toujours soif ?

Peut-être parce qu’on ne les invite jamais au restaurant…

Pourquoi les lutins s’amusent-ils à cacher les télécommandes, les portables, les lunettes et les clefs ?

Peut-être parce qu’il n’y a plus assez de bois à couper dans les forêts…

Jeu numéro 23

Jeux de mots

Définitions fantaisistes :

Schizophrène : zozo qui a perdu les pédales parce qu’il n’avait pas freiné  sur la piste de ski

Utopie : voir des pies picorer dans le carré V.I.P d’une salle de concert

Boulevard : rue où des dames boulottes bavardent en cheminant

Littérature : art qui peut se pratiquer au lit sans faire de ratures

Vocabulaire : vocable qui donne une bulle d’air

Manuscrit : livre qui peut se rédiger nu et qui supporte les cris

Humour : qualité qui se hume mieux que l’amour

Neptune : Il ne manque pas de tunes, surtout dans son bassin de Versailles

Quotidien : Il manque de cotillons

Voyelle : c’est sa voix à elle qui les prononce le mieux

Mots chimères :

Un lustrami : personne éclairée de votre entourage

Un arbrabarbe : grand monsieur poilu

Un chapique : félin toutes griffes dehors

Un cranastiqué : personne chauve

Un radiateurailé : convecteur qui réchauffe toutes les pièces en voletant dans la maison

Une brebicorne : dame mouton portant chapeau

Un carnettoyeur : carnet qui se gomme tout seul

Un avocarrousel : homme de loi qui apprécie les manèges

Ecrire une poésie contenant 2 mots d’Henri Michaux: « Marmine » et  » Espudrine  »  https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Michaux

Marmine, Ô Marmine

Ton minois de mutine

M’espudrine, m’amourine

Je voudrais t’embralaçer

Te saupoudrer de farine

Te kidnavoyager jusqu’en Chine

Ô Marmine, ma divine

Je me marre de tes mines

Et je devine, ma minette

Que toi aussi, tu m’amourettes.