Le beau du métro

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Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette belle photo d’Arthur Humeau dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 325.

 

Qu’il est beau l’homme du métro, avec sa blondeur, son front lisse et son imperméable ! Pourtant, comme deux des singes de la sagesse, il n’entend rien, avec sa musique plein les oreilles, et il ne parle pas avec sa bouche fermée comme une tirette… MAIS il voit de ses yeux fixes, rivés sur Clara…
Il détone parmi les travailleurs de huit heures, il est bien obligé de se mêler à la foule mais il n’apprécie pas, avec son corps en biais et ses cheveux affolés. Heureusement, il est grand, il les surplombe tous, et puis son regard à lui reste sur le quai, il n’entre pas dans le wagon surpeuplé.
Son regard reste sur toi, Clara, parce que c’est trop dur de te quitter, même pour quelques heures, même pour quelques secondes. Absurde d’aller travailler avec des gens qui ne lui sont rien, de perdre son temps à pianoter sur l’ordinateur, à parler à des enquiquineurs alors qu’il pourrait être à tes côtés, toute la journée.
Ne pas prendre sa correspondance à la station Denfert, ne pas te laisser filer vers le Sentier mais descendre tous les deux à la Porte Dorée et flâner dans le Paris printemps du mois de mai.

MH

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Le tricoteur

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Ce matin à la station des Invalides, sur le long tapis roulant, j’ai croisé un gros malabar qui tricotait en marchant ! C’était d’un effet des plus curieux, ce mastodonte avançant à grandes enjambées pour optimiser la vitesse du tapis avec, dans ses énormes paluches, deux aiguilles à tricoter. L’ébauche d’un chandail bleu ciel se tortillait sous l’alternance des mailles à l’endroit et des mailles à l’envers, et lui, le tricoteur, regardait en l’air comme si ses mains n’avaient que faire du contrôle de ses yeux.
Moi, je progressais sur le tapis en sens inverse, direction Pointe du lac. J’aurais pu le prendre en photo, vite fait, avec mon téléphone pour illustrer ce texte que j’avais déjà dans l’idée d’écrire ; mais on n’a pas le droit de photographier les gens comme ça ! Peut-être aurait-il lâché son ouvrage, bondi de mon côté comme une folle voiture prenant l’autoroute en sens inverse… Il aurait écrabouillé mon portable dans ses grosses mains, peut-être même m’aurait-il giflée… mais le pire de tout, c’est qu’il aurait perdu le fil de son tricot et que le chandail bleu ciel n’aurait jamais vu le jour.
Quand j’y repense, le géant avait l’air doux. Perdu dans ses pensées, il rêvait sûrement au bleu du ciel dans la grise station des Invalides. Le pull-over était-il destiné à une amoureuse, à un bébé ou à sa grand-mère ? C’est amusant un homme qui tricote, surtout un géant, et surtout sur un tapis roulant ! Il se croyait sans doute sur un tapis volant, dans un beau ciel d’azur, avec de tout petits nuages flocons …
Je me demande s’il s’est cassé la binette à l’arrivée, je ne me suis pas retournée… j’ai continué mon chemin sur le long tapis roulant, station des Invalides.

MH

Femme monde

femme mondSpéciale dédicace à mon amie Monique et son très inspirant fusain.

 

Sur son visage il y a le monde
Tout ce qu’elle a vu
Tout ce qu’elle a aimé, est imprimé là
Sur sa peau, blanche comme les montagnes où elle a skié
Dans son iris, clair comme les océans où elle a nagé.

Sur son visage, il y a le monde
A l’intérieur de sa tête, nébuleuse des ciels où elle a volé
Sur sa paupière, lourde des monuments qu’elle a visités
Le long de sa nuque striée par les marches qu’elle a gravies

Sur son visage, il y a le monde
Les voyages, les paysages
Les sentiments et les sensations.
De son oeil affûté, elle guette les prochaines expériences
Les émerveillements à venir car elle n’a que trente ans
Et encore tant à découvrir …

MH

Ligne 8

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D’habitude je choisis toujours le wagon de queue, c’est plus pratique pour ma correspondance à la station Daumesnil, mais hier, je l’ai vue, assise à une fenêtre de la deuxième voiture. Elle était si mignonne avec son air sage, son chapeau de feutre beige et son petit col bien blanc, bien classique, bien boutonné …Alors je suis monté, hypnotisé par son regard doux. Mais à peine les portes de fer s’étaient-elles refermées sur moi que Gertrude et Berengère ont surgi comme deux diables de leur boite. Ma femme et ma maîtresse, sous le même toit ! (même s’il ne s’agissait que du toit du Métropolitain), côte à côte, droites comme des i, et l’air bien décidé à m’empêcher d’aborder la jolie inconnue. Moi, je me tenais un peu en biais, hésitant à passer ma tête à travers la fenêtre à guillotine ou à affronter les deux gardiennes de prison « façon Demoiselles de Rochefort ». C’est alors que le métro s’arrêta à la station Bonne nouvelle et que j’eus la surprise de ma vie : Gertrude et Berengère descendirent comme un seul homme pour se jeter sur le seul homme planté sur le quai, un bouquet de fleurs dans chaque main. Ma femme et ma maîtresse se sont éloignées, bras dessus bras dessous avec l’inconnu tandis que le métro redémarrait, m’emportant avec et la mystérieuse beauté assise vers la Pointe du lac.

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà eu d’incroyables surprises dans le métro ?

La sagesse de la luge

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© Aaron Wilson

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo enchantée de Aaron Wilson dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 318.

 

Marguerite irait au cinéma aujourd’hui, précisément parce que le trajet promettait d’être difficile. Elle avait envie de « mériter » son film. Ah ! La méritocratie ! Quel drôle de concept… Et pourquoi se l’infliger à elle-même ? Personne ne lui donnerait de médaille pour être allée jusqu’en ville dans la neige. Mais elle vient d’avoir soixante ans et elle aime se lancer des défis.
Alceste à bicyclette sur les petits sentiers printaniers de l’Ile de Ré, et elle… à pied sur le long pont blanc de l’hiver.
La voilà qui commence à marcher, emmitouflée et chaussée pour les grands froids comme le gros Bonhomme Michelin.
Marguerite se dirige vers la ville, et, curieusement, tous ceux qu’elle croise vont en sens inverse. Elle se demande pourquoi, mais se souvient que c’est comme ça dans sa vie, elle se retrouve toujours à contre-courant.
Les chiens sautent dans le blanc, les enfants malaxent la neige pour en faire des boules glacées qu’ils se lancent dans le dos, les parents surveillent gentiment, les rêveurs sourient aux flocons, et les vieux se cassent le col du fémur ; mais tous progressent dans la même direction en s’éloignant doucement d’elle.
Alors, elle décide de ne plus les regarder et se concentre sur ses pieds, ses gros godillots noirs, antidérapants, si laids mais si utiles aujourd’hui. Ils s’enfoncent dans la blancheur et révèlent à chaque pas la couleur marronnasse enfouie du pont. Marguerite en a presque honte …mais elle n’a pas le choix, elle doit aller voir Alceste même si elle est la seule de toute la ville et même si, pour cela, il lui faut souiller des kilomètres de pureté.
Les flocons tombent de plus en plus drus sur son béret bleu marine et ses lunettes d’écaille ; elle se demande comment on n’a pas encore inventé un système d’essuie-glaces pour lunettes… elle fera une recherche sur Internet à son retour, après Alceste et sa fameuse bicyclette qui ne lui serait d’aucun secours ici, dans la poudreuse ; Alceste sur sa luge, serait plus d’actualité …
Son seul souvenir de luge remonte à ses huit ans, elle était à Châtel pour les vacances de février. Avant le départ, sa grand-mère lui avait offert un superbe anorak rose à capuche dont elle n’était pas peu fière ! Dans l’enthousiasme de leur arrivée à la montagne, ses parents avaient loué une superbe luge en bois, comme Rosebud dans Citizen Kane. Excitée et riante, elle s’était élancée à califourchon, du haut d’une piste. La glissade s’était rapidement emballée et ce qui, en contrebas, ressemblait à une petite forme sombre, s’était mis à grossir, grossir… grossir sous ses yeux au fur et à mesure que l’engin fou dévalait la pente : UN CHALET ! Elle allait foncer dans la bâtisse et se fracasser le crâne ! Heureusement, elle avait eu le réflexe de se pencher sur le côté, et avait goûté le moelleux de la neige fraîche
Depuis ce jour, Marguerite craignait la vitesse et n’allait jamais à plus de soixante-dix kilomètres heure en voiture.
Elle a de plus en plus de mal à voir devant elle, tant les flocons se pressent comme une pluie de chatons blancs. Pourtant… elle distingue au loin une forme basse et trapue qui se dirige, comme elle, vers la ville. Elle voudrait voir cette forme de plus près, cette chose étrange qui a ce même désir d’aller dans la direction désertée de tous. Mais la forme avance vite, très vite… serait-ce un chien… un loup ?
Non, la forme ne saute ni ne court, elle semble plutôt glisser comme une goutte de pluie sur un ciré blanc.
Marguerite fait de plus grands pas, elle sent les muscles de ses cuisses peiner sous l’effort, les godillots noirs sont lourds sous le poids de la neige amassée, mais elle fonce, mettant à contribution bras et épaules, comme un coureur de fond. La distance avec la masse mystérieuse diminue à chaque nouvelle foulée, Marguerite étouffe, crache et sue à la fois, mais, qu’importe, elle veut voir… C’est une luge, une luge en bois vernis.
Elle retient son souffle : le traîneau vient de s’immobiliser à cinq mètres à peine devant elle. A califourchon, deux frêles silhouettes. Celle qui se trouve à l’arrière est toute voûtée, elle porte un manteau doré coupé dans une étrange étoffe fluide… presque futuriste, et un béret bleu marine, semblable au sien, mais plus usé et délavé par les ans. De ce couvre-chef s’échappent quelques cheveux fins et argentés. A l’avant, l’autre petit corps est dissimulé sous un anorak… rose à capuche !
Le cœur de Marguerite bat à tout rompre. Encore un effort de ses membres extenués pour arriver à la hauteur de la luge et découvrir les visages.
Comme dans un rêve, ses jambes pédalent dans la matière épaisse et rebelle, l’empêchant d’accélérer comme elle le voudrait. La luge et ses deux passagers restent toujours figés. Le bois vernis brille sous l’unique rayon de soleil qui vient de percer. Marguerite est maintenant tout près, elle n’a plus qu’à allonger le bras pour toucher l’étonnant tissu doré.
Mais, au moment où sa main tendue effleure le manteau, elle perçoit le crissement de la neige sous les patins, et, subrepticement, la luge s’éloigne… Marguerite s’écroule, éreintée au milieu du pont. Elle n’a pas vu les visages mais les a devinés…
Au bout de quelques instants, elle se relève, reprend sa marche et découvre sous ses pas le message tracé par les méandres de la luge : Ne pas perdre de temps, faire ce que l’on aime, suivre ses désirs et profiter de la vie… jusqu’au dernier flocon.

MH

Petite questionnette: Et vous, les paysages de neige vous rappellent-ils des souvenirs d’enfant ?

Le wagon à la porte bleue

 

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© Rishi Deep

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette belle photo de Rishi Deep dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 311.

 

Si j’étais assise dans le wagon à la porte bleue,
Je ne serais pas française, ni même européenne.
J’habiterais une contrée lointaine
Où l’on prend encore le temps…

Le temps de poser un coude fatigué sur l’accoudoir de bois usé
Le temps de se laisser aller au rythme du train cadencé.

Si j’étais assise dans le wagon à la porte bleue,
Je n’aurais pas de téléphone à la main, je parlerais à mes voisins
Je me raconterais, ils se raconteraient, on deviendrait amis.

Loin des carrés famille, des espaces pro et des wagons wifi, je retisserais ma vie,
Si j’avais su… si j’avais fait… si je n’avais pas fait… si j’avais pensé…

Ce serait un voyage dans le temps d’un avant bringuebalant et d’un futur réinventé.

MH

La licorne de nuages

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Lila, la licorne de nuages avait traversé les bois de Taponnat, rencontré un cerf, un sanglier et un lapin de garenne. Tous lui avaient fait la même réponse : Les chevaux enfermés vivent à l’orée du bois, là où les humains règnent en maitres. Alors elle avait galopé, galopé aussi vite que ses sabots de buée voulaient bien la porter. Un loup famélique lui avait barré la route au tournant du vieux chêne, il avait montré les crocs puis raconté : Je suis le loup de Marlaguette, elle m’affame en voulant faire de moi un végétarien !  Alors, d’un coup de corne magique, Lila avait fait apparaitre un énorme gigot de mouton parfumé aux baies de genièvre, le loup avait tout dévoré, remué la queue, fermé la gueule et fait ses bons yeux à la licorne.
Lila était arrivée au club hippique par un beau matin de brume. Elle s’était promenée dans chacune des trois rangées de box impeccables. Son hennissement sonnait comme le chant d’une sirène et dès qu’elle passait devant la porte d’une stalle, une belle tête de cheval apparaissait et la suivait des yeux. Sullivan, Arabesque, Victor, Ramsès, Chimère, Napoléon, Geronimo et les autres étaient tous là, attentifs et émerveillés, au passage de leur Déesse.
C’est alors que Lila se cabra sur ses pattes arrières et d’un coup de corne magique, fit sauter tous les verrous des boxes. Les chevaux, ébahis d’être libérés sans la contrainte d’un licol ou d’une selle, poussèrent d’abord timidement les ventaux de leurs abris avant de s’élancer à la suite de Lila en une folle équipée grise, noire, blanche, pie et bai.
Depuis ce jour, un troupeau de chevaux sauvages galope dans le ciel, au-dessus des bois de Taponnat derrière la licorne de nuages.

MH

Petite questionnette: Vous est-il parfois arrivé d’imaginer des formes d’animaux ou d’êtres féeriques en observant les nuages ?

Banc public

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Huit heures à ma montre. Vite, j’enfile mon costume Zara collection printemps été. Pas le temps d’avaler un expresso et encore moins de me faire une tartine au miel de Paris…Tant pis, je passerai en coup de vent à la boulangerie près du métro. Merde, l’ascenseur est occupé, je dévale l’escalier en allumant mon I phone. Toujours aucune notification de Meetic. Elles veulent quoi les filles ? Employé de banque c’est pas assez bien pour elles ? Faudra que je modifie mon profil, je mettrai banquier …un demi mensonge et ça fera mieux.

Le temps qui passe est très amical, je viens de le voir devant la boulangerie, il avait des viennoiseries plein les mains ; il m’a offert un croissant de lune en disant, c’est pour vous, si vous me cédez votre montre… alors j’ai répondu, d’accord, de toutes façons, je la regardais trop… Si vous voulez, je vous donne aussi mon portable ! Le temps qui passe a accepté et il m’a tendu une brioche de rêve pour compenser. Je l’ai remercié et il a filé dans le froufroutement de sa queue de pie.

Dès cet instant, je n’ai plus pensé au travail ni à Madame Grand-Pif qui m’attendait avec une pile de dossiers à traiter. J’ai pris une ligne de métro au hasard et je suis descendu à la station Luxembourg.
J’ai poussé la grille du parc et j’ai tout de suite trouvé à m’asseoir face au bassin central. C’était un de ces bancs haussmanniens aux ferronneries magnifiques. J’ai repensé aux cours de théâtre que je suivais adolescent. On faisait souvent l’exercice du «  jardin public » L’un de nous prenait place sur un banc au milieu de la salle, puis un volontaire décidait de s’installer à ses côtés. Aucun texte. Le but était de laisser venir les gestes, les mots, les émotions… Improvisation totale, liberté absolue. Cela donnait lieu à des scènes tantôt cocasses, tantôt émouvantes ou absurdes, mais toujours surprenantes.

J’ai sorti le croissant de lune et la brioche de rêve de ma mallette, et le soleil s’en est allé.

Dans le crépuscule, j’ai vu des petits marins pousser leur voilier à l’aide d’une baguette en bois et des fillettes en dentelle bercer des poupées de porcelaine. Des hommes en redingote et des femmes en robe longue flânaient bras dessus bras dessous, et moi je me sentais ridicule dans mon costume hyper tendance couleur taupe.
Je ne saurais dire combien d’heures je suis resté là, à observer entre chien et loup le balais de ces promeneurs d’un autre temps. J’étais fasciné par leur élégance, leur pas lent et leur visage limpide, mais je me sentais encore plus seul qu’avant. Personne ne me jetait le moindre regard, ni ne m’adressait la parole… comme si j’étais transparent, ou juste insignifiant.

Et puis elle est arrivée, se faufilant entre les personnages surannés qui ne semblaient pas la remarquer. Elle les dominait tous d’au moins deux têtes avec ses longues jambes en écailles, sa chevelure argentée et ses immenses yeux violets. Elle s’est assise tout près de moi, elle n’a pas parlé… mais elle a sorti de son sac en forme d’étoile, une pomme d’amour et deux fruits de passion.

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà fait une belle rencontre sur un banc ?

L’homme-main

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Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette magnifique photo de lalesh aldarwish dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 308.

 

L’homme-main est entré par la fenêtre
Et il a tendu ses doigts vers moi
C’était comme des tentacules amis
Qui voulaient dire : « Viens, viens »
On aurait dit des passerelles
Menant à la terre promise de sa paume striée.
Au loin, le visage mystérieux,
Ne révélait aucun de ses traits
Juste un arrondi
Et deux petites encoches pour les oreilles
Avant la chute de son cou.
J’ai un peu hésité
J’avais peur du trop plein de lumière derrière lui,
De cette fenêtre vers l’infini
J’ai reculé, j’ai avancé et puis j’ai osé …

MH

 

L’une et l’autre

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© Laurent Bisson

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette magnifique photo de Laurent Bisson dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 306.

 

L’une a froid

L’autre pas

L’une réfléchit

L’autre a tout compris.

Dans la bassine du bonheur

Il y a deux sœurs

Aux ressemblantes différences.

L’une se recroqueville

L’autre se redresse

L’une est la petite

L’autre est là …peut-être.

La bassine, c’est une maisonnette

C’est le nid aux oiselettes

La bassine c’est l’enfance,

Dans le jardin de la vie

L’une et l’autre ne sont qu’une

Chacune tout pour sa chacune.

MH