Véridique

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Tour de France 2016 : En juillet, lors de la huitième étape entre Pau et Bagnères-de-Luchon, des lamas se sont tranquillement installés sur la route du Col du Tourmalet en attendant les coureurs.

Je m’appelle Sosthène Raigner et j’ai vingt-trois ans.
J’étais en tête de peloton au moment où je les ai vus.
Impossible de les éviter.
Je croyais vraiment remporter le maillot jaune pour cette étape ; j’avais au moins dix mètres d’avance sur les autres coureurs quand « boum » j’ai percuté Cordoba, le chef des lamas.
Son nom, je l’ai su plus tard ; mais j’ai tout de suite deviné que c’était lui le chef. Il était immense, blanc comme neige et il me fixait avec ses grands yeux noirs aux longs cils recourbés.
La roue de mon vélo s’était complètement tordue sous le choc et je me suis retrouvé par terre, un peu sonné, sous le regard consterné des spectateurs et le crachat verdâtre de Cordoba.
Je me suis relevé doucement parce que le bestiau, il avait pas l’air commode et que je voulais m’éviter un deuxième mollard dans la figure. Mon seul but, c’était de m’éponger avec la serviette qu’un spectateur me tendait…sans trop oser s’approcher.
Le lama m’a laissé faire et puis, il s’est agenouillé devant moi comme un dromadaire. C’est là que j’ai vu sa médaille gravée au nom de « Cordoba ».
Entre temps, tous les autres cyclistes étaient arrivés et descendus de leurs vélos. Devant chaque coureur, un membre du troupeau avait pris la même position que Cordoba…

Je m’appelle Max et j’avais douze ans en 2016. C’était la première fois que mon père m’emmenait à l’arrivée du Tour de France et j’étais super content ! Mais quand j’ai vu les coureurs se pointer à dos de lamas, j’en ai pas cru mes yeux ! Trop drôle ! Qu’est-ce qu’ils avaient fait de leurs vélos ?
Le premier à franchir la ligne d’arrivée, c’était Sosthène Raigner, mon préféré, sur le dos d’un magnifique lama blanc !
Pendant que le champion aspergeait son public de champagne, Cordoba le lama émettait de tas de sons bizarres, tantôt rauques, tantôt aigus… on voyait bien qu’il essayait de dire quelque chose.
Le lendemain, les journalistes avaient déniché un interprète pour traduire la langue des lamas. Cordoba expliqua que le troupeau en avait eu « ras les oreilles » de brouter dans les Pyrénées et qu’il revendiquait désormais le droit de galoper, de voir du pays et d’être interviewé !

MH

Petite questionnette : Et vous, quels types de faits-divers préférez-vous, les drôles, les tristes, les sanglants, les insolites ?

 

 

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5 commentaires sur “Véridique

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