Le tricoteur

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Ce matin à la station des Invalides, sur le long tapis roulant, j’ai croisé un gros malabar qui tricotait en marchant ! C’était d’un effet des plus curieux, ce mastodonte avançant à grandes enjambées pour optimiser la vitesse du tapis avec, dans ses énormes paluches, deux aiguilles à tricoter. L’ébauche d’un chandail bleu ciel se tortillait sous l’alternance des mailles à l’endroit et des mailles à l’envers, et lui, le tricoteur, regardait en l’air comme si ses mains n’avaient que faire du contrôle de ses yeux.
Moi, je progressais sur le tapis en sens inverse, direction Pointe du lac. J’aurais pu le prendre en photo, vite fait, avec mon téléphone pour illustrer ce texte que j’avais déjà dans l’idée d’écrire ; mais on n’a pas le droit de photographier les gens comme ça ! Peut-être aurait-il lâché son ouvrage, bondi de mon côté comme une folle voiture prenant l’autoroute en sens inverse… Il aurait écrabouillé mon portable dans ses grosses mains, peut-être même m’aurait-il giflée… mais le pire de tout, c’est qu’il aurait perdu le fil de son tricot et que le chandail bleu ciel n’aurait jamais vu le jour.
Quand j’y repense, le géant avait l’air doux. Perdu dans ses pensées, il rêvait sûrement au bleu du ciel dans la grise station des Invalides. Le pull-over était-il destiné à une amoureuse, à un bébé ou à sa grand-mère ? C’est amusant un homme qui tricote, surtout un géant, et surtout sur un tapis roulant ! Il se croyait sans doute sur un tapis volant, dans un beau ciel d’azur, avec de tout petits nuages flocons …
Je me demande s’il s’est cassé la binette à l’arrivée, je ne me suis pas retournée… j’ai continué mon chemin sur le long tapis roulant, station des Invalides.

MH

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Emma

Emma

Je ne distingue même plus ton visage sur ma table de nuit, Emma. Il est recouvert d’une sacrée épaisseur de poussière… Hier soir, Il y avait un bon film à la télévision. Avant-hier aussi et encore avant avant-hier. Cela fait six mois que l’écran vit dans ma chambre et cela fait six mois que je t’ai laissée tomber. Je les ai tous dévorés, les Woody Allen, les Scorcèse, les Chabrol, les Truffaut. Ils étaient si passionnants, si intelligents que je n’ai même pas eu honte de t’ignorer. Et puis un soir, c’est toi, Emma, qui as surgi sur l’écran plat. C’était toi… et ce n’était pas toi. Tu étais bien mais tu n’étais pas aussi bien. Je ne t’ai pas vraiment reconnue. Alors, j’ai éteint le grand rectangle froid et je me suis retournée vers toi. J’ai fait glisser mes doigts sur ton visage pour te délivrer des grains de poussière. Je t’ai prise dans mes mains, je t’ai posée sur l’oreiller, tout près de moi et je t’ai relue pour la centième fois, Madame Bovary.

MH

Une matinée de Grisette

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Je sens le jour pointer depuis la mezzanine délicieusement étouffante de la chambre d’amis. C’est là que je dors, sauf quand des invités humains de mes humains à moi, squattent…j’ai beau leur cracher à la figure ou les « mordasser » s’ils osent me caresser, certains s’obstinent à revenir !!!
Il est l’heure de descendre précautionneusement l’échelle casse museau qui convient mieux aux bipèdes qu’aux félins, mais dont je m’accommode…
Une petite halte dans le couloir pour détecter où il est le plus judicieux de me diriger. Mes moustaches et mes vibrisses frémissent pour mieux sentir la provenance de l’odeur de MH (qui est la seule personne digne d’intérêt ici, à part MOI bien sûr.)
Ah … elle est encore dans sa chambre. Fermée, évidemment… Pas grave, je sais gratter aux portes à la perfection. Sûr qu’elle va ouvrir en une fraction de seconde, elle ne supporte pas le grincement de mes ongles affûtés sur le chambranle.
D’un bond agile, j’évite la charentaise à fort parfum de pied que me balance le mâle de la famille. Ah, celui-ci, depuis qu’il a pris sa retraite, il est tout le temps à la maison, quelle plaie !
MH sort enfin dans le couloir et moi, je la précède car j’ai FAIM. La pauvre est affublée d’une vieille robe de chambre jaune et d’ignobles pantoufles bleues (eh oui, ce sont les deux seules couleurs que je distingue) Je marche en dandinant du croupion pour lui montrer l’immense supériorité des félines en matière de sexe appeal.
Nous voici arrivées dans la pièce la plus olfactive de l’appartement, la cuisine. C’est là que se mêlent le parfum capiteux de mes lieux d’aisance, les effluves irrésistibles de ma pâtée et ceux non moins attirants du pot-au-feu de mes humains.
Je me délecte de mon Whiskas bœuf agneau. Mes dents pointues n’ont pas beaucoup d’effort à fournir sur cette terrine molasse. J’envie parfois les chats des rues qui peuvent exercer leurs crocs sur des moineaux vivaces ou des charognes faisandées… Quoiqu’en y réfléchissant à deux fois, je préfère bénéficier de plats monotones mais réguliers, plutôt que d’encas excitants mais aléatoires.
Berk, berk, berk, l’odeur détestée de l’agrume vient me perturber les narines ! C’est encore lui, le mâle ! Il épluche une clémentine ! Quel enquiquineur celui-là !
Heureusement, je sais par expérience que d’ici quelques minutes, il ira enfiler son habit de sueur pour aller courir dans les bois. Bon vent, homme puant !
Ah !!! Je me retrouve enfin seule avec ma chère amie, elle me donne un peu de beurre sur la pointe de son couteau, quel délice ! Heureusement qu’il est parti, l’autre, sinon j’aurais eu droit à un méchant  pshshshshsh !  pour être montée sur la Sainte Table ! Elle, elle s’en moque, au contraire, je crois que cela lui plait de m’avoir à sa hauteur, pendant qu’elle boit son thé. Elle peut lire toute mon intelligence dans mes yeux.
MH promène sa patte en peau sur mon pelage soyeux et je ressens un plaisir infini à être ainsi cajolée. Pauvres humains imberbes, comme cela doit être triste de naître sans fourrure ! Heureusement qu’ils nous ont, nous les chats, pour assouvir leur désir de douceur. Je m’étire sous les caresses, ma croupe se hisse tandis que mon dos, mes pattes antérieures et ma tête tendent au maximum vers l’avant pour optimiser l’étirement. Les humains, eux, ne savent pas s’étirer, ni même bailler, ils sont ridicules à regarder quand ils s’y essaient avec leur petite patte collée devant leur petite bouche comme s’ils avaient honte de se faire du bien ! Je sais que les miens prennent des cours de stretching pour s’améliorer, mais jamais ils n’atteindront mon degré de souplesse ni mon sens aigu du bien-être.
Tiens le mâle rentre déjà, quelle barbe ! J’use de mon stratagème imparable pour l’éloigner : une petite visite dans mes cabinets… et le voilà qui hurle en se bouchant le museau : MH, ton chat a fait un neurotoxique !! « Ton chat » non mais ! Il ne le sait pas que je suis une Dame depuis dix ans qu’il habite CHEZ MOI !!! Aucun respect ! Vive le Mouvement de Libération des Félines ! »
MH jette mes besoins parfumés dans les toilettes pendant que lui, agite la bouteille d’affreuse odeur chimique qui masque tout. C’est à ce moment-là que l’humaine ado sort de sa tanière, imprégnée par l’insupportable puanteur des petits bâtons blancs qui font de la fumée.
Ce qui m’amuse beaucoup, c’est quand MH se trompe et m’appelle par le nom de l’ado : Claire, viens manger ta pâtée ! Et vis versa : Grisette va faire tes devoirs ! En revanche, je crois que cela déplait fortement à Claire… pfff, aucun humour ces humains ! Elle devrait pourtant se glorifier qu’on la prenne pour MOI ! Et c’est MOI qui devrais être mortifiée qu’on me rabaisse à son niveau !
Bon, trêve de raisonnements philosophiques, je crois qu’il est temps de monter faire un petit somme dans ma mezzanine… D’ici huit heures, il va falloir que je me RELEVE pour le dîner alors pas une seconde à perdre pour aller REDORMIR !

Grisette et MH

Petite questionnette: Et vous, vivez-vous chez un chat « pourri-gâté » ???

Ulysse Dupré

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Le texte ci-dessous m’a été inspiré par la photo de Steve Ramon dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 323.

Si tu crois que tu vas me piéger, labyrinthe lumineux, tu te trompes ! J’ai les neurones en éruption et je compte bien les utiliser pour te défier. Tu te dis que j’ai l’air inoffensif avec mon allure penchée, ma tête en biais et mon sac à dos de collégien…Tu penses que je suis nul et que je vais renoncer …Mais non, je prends juste le temps… Le temps de t’observer, de te jauger, de « te calculer » avant de me lancer.
J’ai à peine dix en maths, en français, et en anglais. « Moyen » est l’appréciation qu’on peut lire le plus souvent sur mon carnet « Moyen, roublard, bavard et rebelle » Pas comme Lili : « Attentive, sage, sérieuse et appliquée » C’est peut-être pour ça qu’on s’aime tous les deux, les contraires s’attirent, c’est cliché à dire mais tellement vrai.
La grande rousse aux yeux verts et le p’tit mec aux cheveux bicolores !
En classe on se met jamais à côté, parce que Lili tient à être au premier rang et moi pas trop…
Elle, elle lève la main à chaque question, elle connaît tout et dans toutes les matières ! Moi, si le prof m’interroge, je biaise, je fais durer, je réponds à coté de la plaque sans que ce soit complètement faux … mais pas vraiment bon non plus…juste pour que mon voisin Basile ait le temps de chercher la solution sur son portable et me la souffle ou que la sonnette de fin de cours me délivre !

Lili, je l’entraînerai avec moi dans le labyrinthe lumineux de la vie et je suis sûr d’une chose : avec toutes nos appréciations réunies, on va casser la baraque !

MH

Femme monde

femme mondSpéciale dédicace à mon amie Monique et son très inspirant fusain.

 

Sur son visage il y a le monde
Tout ce qu’elle a vu
Tout ce qu’elle a aimé, est imprimé là
Sur sa peau, blanche comme les montagnes où elle a skié
Dans son iris, clair comme les océans où elle a nagé.

Sur son visage, il y a le monde
A l’intérieur de sa tête, nébuleuse des ciels où elle a volé
Sur sa paupière, lourde des monuments qu’elle a visités
Le long de sa nuque striée par les marches qu’elle a gravies

Sur son visage, il y a le monde
Les voyages, les paysages
Les sentiments et les sensations.
De son oeil affûté, elle guette les prochaines expériences
Les émerveillements à venir car elle n’a que trente ans
Et encore tant à découvrir …

MH

Eugénie de la Vallière

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Un jour comme tous les autres, Eugénie de la Vallière ouvrit les yeux ; pourtant, ce matin là, son servile valet de chambre ne lui avait point encore apporté le petit déjeuner. Comment allait-elle poser ses délicats orteils sur le sol glacé du manoir, puisque Fidèle n’était pas là pour l’aider à enfiler ses poulaines molletonnées ? Catastrophe ! Elle eut beau tirer avec rage le cordon-sonnette qui pendait à coté de son lit, ce diable de domestique n’apparaissait toujours pas.

Elle décida enfin de se lever et de chausser ses poulaines toute seule, quand un vacarme épouvantable provenant du rez-de-chaussée la fit sursauter. Des rires gras, des cris, des jurons et d’infâmes bruissements corporels montaient du salon jusqu’à ses oreilles.
C’est avec l’élégance racée d’une dame de son rang qu’elle revêtit sa robe d’intérieur écarlate parfaitement assortie à ses joues rougies par la rage.

Alors qu’elle descendait l’escalier de chêne, elle distinguait de mieux en mieux certains mots au milieu du brouhaha : « Saleté…  » « La trainer dans le ruisseau…  » « On aura sa peau… »
Eugénie de la Vallière attendit quelques secondes devant la lourde porte du salon, prit son élan et l’ouvrit à grand fracas par la seule force de sa main gantée de rouge.
Là, elle fut confrontée à la foule la plus abjecte qu’elle ait jamais vue : des femmes de chambre aux arrière-trains rebondis se faisaient peloter par de gros métayers en rut, pendant que des fermières aux avant-scènes balconnées jetaient des œufs sur les portraits de ses illustres aïeuls. Au milieu de ce chaos, Fidèle régnait, servant avec largesse les vins les plus valeureux de la cave.
L’intrusion d’Eugénie mit fin à cette bacchanale et pendant quelques instants, la maitresse des lieux fit face au reste du monde … on aurait pu entendre un hanneton voler… Quand tout à coup, l’aristocrate rompit le silence pesant et se dirigea avec assurance vers le fond de la pièce. Instinctivement, les rustres s’effacèrent sur le passage de sa cuisse fuselée, visible à chacun de ses pas par la fente de sa robe rouge-sang.
Quand elle atteignit enfin le gramophone conçu pour elle par un inventeur de génie et posé sur la console de marbre, Eugénie choisit un disque de fox trot très avant-gardiste, fit volte face, et se lança dans une danse époustouflante devant l’assemblée médusée.
A la fin de son numéro de folie, tous se prosternèrent à ses pieds; alors, d’un coup de poulaine bien senti, elle repoussa la plèbe remonta dans sa chambre, se déchaussa, se dévêtit, se recoucha, ferma les yeux, les rouvrit, actionna le cordon-sonnette et dégusta le petit déjeuner que Fidèle venait de lui apporter en rampant.

MH

Petite questionnette: Et vous,  avez-vous déjà cloué le bec à une assemblée par votre audace? 

« En affreuse »

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Ce matin, c’est décidé, je m’habille « en affreuse », en moche, en vraie vilaine avec mon vieux pantalon de jogging et ma polaire grise. Aujourd’hui je ne verrai qu’un livreur et mon but n’est pas de le charmer ; C’est pour cela que je vais m’habiller « en affreuse », bien confortable, bien à l’aise dans mes vêtements mous, doux et distendus !
Certaines filles ne peuvent pas s’habiller « en affreuses », il faut qu’elles soient « au top » de l’aube au crépuscule, comme si elles s’attendaient à voir surgir le prince charmant à tout moment, un bouquet de lys à la main… il se prosternerait à leurs pieds en disant : « Comme vous êtes belle, Madame. » Ça, ce sont les vrais jolies, les vraies coquettes, celles qui se lèvent avant leur mari pour se maquiller en cachette et qui se recouchent toutes pomponnées pour faire croire que leur teint de rose au réveil est naturel ! Celles qui se couchent après leur mari pour retirer leurs lentilles bleues et dissimuler à la face du monde que leur vraie pupille est marron ! Celles qui ne connaissent pas les charentaises et qui souffrent sur des talons-aiguille de quinze centimètres, même à la maison, malgré le racornissement de leurs orteils martyrs et les insultes de leur voisine du dessous (qui elle, est une affreuse à plein temps !)

Ce matin, c’est décidé, je m’habille « en affreuse » et si le livreur ne peut réprimer une grimace de dégoût en me voyant, tant pis, il aura peut-être plus de chance avec sa prochaine cliente !

MH

Petite questionnette: Et vous, prenez-vous parfois, plaisir à vous habiller « en affreuse » (ou « en affreux ») ???

Ligne 8

demoiselles

D’habitude je choisis toujours le wagon de queue, c’est plus pratique pour ma correspondance à la station Daumesnil, mais hier, je l’ai vue, assise à une fenêtre de la deuxième voiture. Elle était si mignonne avec son air sage, son chapeau de feutre beige et son petit col bien blanc, bien classique, bien boutonné …Alors je suis monté, hypnotisé par son regard doux. Mais à peine les portes de fer s’étaient-elles refermées sur moi que Gertrude et Berengère ont surgi comme deux diables de leur boite. Ma femme et ma maîtresse, sous le même toit ! (même s’il ne s’agissait que du toit du Métropolitain), côte à côte, droites comme des i, et l’air bien décidé à m’empêcher d’aborder la jolie inconnue. Moi, je me tenais un peu en biais, hésitant à passer ma tête à travers la fenêtre à guillotine ou à affronter les deux gardiennes de prison « façon Demoiselles de Rochefort ». C’est alors que le métro s’arrêta à la station Bonne nouvelle et que j’eus la surprise de ma vie : Gertrude et Berengère descendirent comme un seul homme pour se jeter sur le seul homme planté sur le quai, un bouquet de fleurs dans chaque main. Ma femme et ma maîtresse se sont éloignées, bras dessus bras dessous avec l’inconnu tandis que le métro redémarrait, m’emportant avec et la mystérieuse beauté assise vers la Pointe du lac.

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà eu d’incroyables surprises dans le métro ?

Monologues indicibles

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© Nick Cooper

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo de Nick Cooper dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 322.

 

Lui : Je me sacrifie à la sortir et qu’est ce qu’elle fait ? La gueule, comme d’habitude … Eh bé… si j’avais su je l’aurais laissée devant sa tisane et j’y serais allé avec Rosita, au Kaffe Perro Negro.

Elle : Allez bois, bois-la ta bière, mon gros et savoure-la bien, parce que ce que tu ne sais pas, c’est que c’est la dernière !

Lui : Avec Rosita, au moins, on aurait trinqué et puis elle m’aurait complimenté sur ma tenue ! Franchement ces deux écossais, celui de ma casquette et celui de ma chemisette, c’est pas la classe ?

Elle : Je les ai vus les SMS qu’il échange avec sa poule depuis deux mois… Rosita… quel prénom de pèquenaude, du genre à aimer son accoutrement de clown, tiens !

Lui : Mais, l’autre là, elle en a rien à faire de mon look, elle regarde la carte avec son air de lamproie mal péchée… je suis sûr que dans deux minutes elles va me dire : Y a rien qui me plait, tout est gras dans ce bistrot !

Elle : S’il croit que je cherche une salade composée sur le menu, il se fourre le doigt dans l’œil ! Rien à faire de la bouffe! La seule chose que j’attends, c’est qu’il tombe raide avec ce que j’ai versé dans son verre !

Lui : C’est bien la dernière fois que je me la traîne, la bourgeoise ! A partir de demain c’est Rosita non stop : j’me taille, j’me tire, j’me barre, j’me fais la malle et j’me fais la belle Rosita tous les jours !

Elle : Ma mère m’avait bien prévenue quand je me suis mariée : Tu verras, les hommes, ils sont toujours fourrés aux cabinets ! Eh bé ça a encore pas loupé : à peine sa bière servie qu’il s’est précipité « chez les Messieurs » ! Moi j’avais prévu le coup (merci maman) et j’ai balancé la poudre dans sa pinte !!

Lui : Un petit pipi et me voilà prêt à vider mon verre cul sec pour écourter cet affreux tête à tête avec ma femme. C’est bizarre, elle a un drôle d’arrière goût, cette blonde …

« Garçon !! Garçon—— Gar—————çon————- gar——————- »

MH