Jeu numéro 19

Voici une histoire écrite « à multiples mains » avec des amis sur un réseau social : le principe, quelqu’un lance un début, puis chacun écrit un paragraphe au gré de ses envies et de son temps.

                                                     LA BELLE VIE

1/ MH

Dans la famille Tournecuisse de Belgrange, il y avait le père, Jean-Eudes, la mère Marie-Josèpha, et les deux fils  Tugdual  et Gontran. Tous vivaient dans un très chic arrondissement de Paris, au dernier étage d’un magnifique immeuble haussmannien. Chaque matin Jean-Eudes partait travailler à la Banque du Pactol tandis que son épouse conduisait  les garçons à l’école élémentaire de la Boisserie. Quant à Iphigénie, la chatte persane de la maison, elle se prélassait toute la journée sur la méridienne belle époque du salon. Un beau matin de décembre, Marie-Josépha resta clouée au lit par une effroyable grippe et ne put préparer le petit-déjeuner de sa charmante famille. Alors…

2/ William

Jean-Eudes qui n’était jamais pris au dépourvu, décida aussitôt d’appeler Aristo Services, une agence spécialisée dans l’aide d’urgence aux particuliers possédant une particule. On lui promit de lui envoyer dans les 5 minutes un extra et il fut immédiatement rassuré. Il se rendit dans la salle de bain, fit ses ablutions et s’habilla afin de recevoir de la meilleure façon le précieux serviteur.

3/Danièle

La sonnette vibra 4 minutes après son appel. Jean-Eudes fut un peu déstabilisé car il était en train de se raser. Il courut toutefois ouvrir la belle porte ouvragée. Sur le pas de la porte une jeune fille aux cheveux mi orange mi violets, flottant dans un jean déchiré arborait un large sourire. Elle tendit un bras tatoué pour serrer la main de Jean-Eudes. Celui-ci, la moitié du visage recouvert de mousse blanche restait figé la bouche ouverte….

4/ Murielle

Pendant ce temps là Gontran, séducteur, s’évertuait à dompter sa mèche rebelle avec une tonne de gel, dans sa salle de bain.,Tugdual, lui, continuait de se prélasser dans son lit douillet en attendant le fatidique « À table !!! » Ce dernier enleva ses écouteurs et tendit l’oreille. Le silence pesant fut interrompu par une glissade inhabituelle du père en pantoufle dans le couloir, la mine défaite et bafouillant :

« – Levez- vous, y’a une fille en bas ! »

Et les garçons de répondre :

« Une fiiille ?? »

5/ MH

Dans le salon, Gwendoline, c’était son nom, avait viré Iphigénie de la méridienne et s’était installée de tout son long  avec son portable, ses cigarettes et sa lime à ongles : « Tant qu’à attendre, autant se mettre à l’aise » telle était la devise de la jeune étudiante en philosophie qui avait trouvé ce petit job chez Aristo Services pour subvenir à ses nombreuses dépenses chez le tatoueur, le coiffeur et dans les friperies du 20 ème où elle dénichait ses tenues excentriques.

6/ William

Quand Jean-Eudes, dont les plus lointains ancêtres remontaient aux croisades, la découvrit dans cette position il faillit s’étrangler une seconde fois. « Mais enfin Mademoiselle, où vous croyez-vous ? » vociféra-t-il tout en semblant prendre à témoin le portait en pied de Geoffroy de Tournecuisse de Belgrange, l’un des grands maîtres des Templiers, trônant au dessus de la méridienne. Gontran, qui malgré sa récente entrée au CM2 était très en avance sur son âge, et ce dans tous les domaines, s’exclama au même moment : » c’est notre nouvelle baby-sitter père ? »

7/ Danièle

Gwendoline ne laissa pas le temps de répondre à Jean-Eudes qui pourtant avait l’avantage d’avoir déjà la bouche ouverte!

Elle sauta sur ses doc Martens cloutées et claqua une bise sur la joue de Gontran dont le visage s’encramoisit violemment! « Oui, je suis votre nouvelle nounou! Appelle-moi Gwen ! » dit-elle. Gontran tourna les talons, se rua dans les escaliers en appelant son frère « viens vite Tugdual ! Allez! Descends! La nounou est là ! ». Iphigénie, retranchée derrière un gros fauteuil contemplait la scène les poils hérissés, les oreilles rabattues et le grondement sourd. Que se passait-il dans cette maison ? Allait-on lui rendre sa méridienne adorée ?

8/ Sylvie

-Ventrebleu, où diable ai-je serré le dossier du Conseil d’Administration ? s’exclama Jean-Eude. La fameuse crispation frontale des Tournecuisse de Belgrange le saisit lorsqu’il extirpa de dessous la lime à ongle de la jouvencelle estampée son précieux porte-documents de crocodile noir. Epoussetant ostensiblement devant la donzelle indifférente les miasmes que son limage y avait incongrument laissés, il pointa le nez en l’air et donna ses ordres.

9/ Isa

-Mademoiselle, puis-je vous demander de préparer une tasse de lait chaud ? Vous trouverez la porcelaine de Sèvres dans le placard de la cuisine. Puis vous porterez ce breuvage lénifiant à mon épouse, dans sa chambre au premier étage. Je n’ai pas le temps de m’y rendre. Ensuite, vous disposerez sur la table ronde du salon ce que vous avez apporté pour notre petite collation matinale. Mais avant tout, je vous prie d’enfiler le tablier bouillonné suspendu là-bas dans l’office. C’est celui de Cunégonde, notre cuisinière, qui ne devrait pas tarder à arriver d’ailleurs.

10/ MH

Gwendoline se leva de mauvaise grâce et, d’un saut agile, Iphigénie reprit immédiatement sa place sur la méridienne. Puis, la jeune fille « haute en couleurs » se dirigea vers l’office que le doigt osseux de Jean-Eudes avait pointé. Les trois males béats observèrent son arrière train dodelinant,  comme trois caniches médusés par le  balancier d’une pendule. Puis, ils entendirent un hurlement :

-Non mais ça va pas ! J’vais pas mettre c’t horreur !!

Sur ce, une clef tourna dans la serrure de la porte d’entrée et la brave Cunégonde fit son apparition. C’était une petite femme aux cheveux et à l’imperméable gris, aussi banale qu’une matinée brumeuse de novembre. Quel ne fut pas son effroi lorsqu’elle vit son tablier chéri dans les mains de l’extravagante créature !

11/ William

Cunégonde était au service des Tournecuisse comme sa mère l’avait été ainsi que toutes ses aïeules depuis Saint Louis. D’ailleurs, elles s’appelaient toutes Cunégonde et, privilège immense, avaient acquis le droit d’accoler un numéro à leur prénom comme les rois de France et d’ailleurs. Et puis, c’est l’une de ces fidèles servantes, excellente cuisinière qui fut, en 1302, à l’origine de la devise et du cri de guerre de la noble lignée : « Tournecuisse tournebroche, fuis ou je t’embroche ! »

12/ Danièle

Gwendoline ne vit même pas la grise Cunégonde plantée dans le vestibule. Elle sortit une paire de ciseaux de sa poche et se mit à debouillonner prestement et consciencieusement le beau tablier empesé. Lui même faisait partie d’une grande lignée de tabliers bouillonnés qui a avaient eu l’honneur d’être les uniformes des Cunigondes successives.

Cunegonge actuelle, au bord de l’évanouissement, eut un sursaut héroïque! Son sang similibleu se rebella. Le cri de guerre ancestral traversa son esprit et levant son parapluie, d’une voix forte qu’elle ne se connaissait pas elle dit

13/Sylvie

, l’accent alsacien de ses serviles ancêtres démultiplié dans sa bouche plébéienne : – Sapotache ! ce Supotte de Satan ha la propakante krafée zur l’épitherme, helle ha tétruit mon hinstrument de trafail ke che ne peux même pas rentre tel k’on me l’a tonné ! Halerte, le péril rouche est hentré tans la plasse !

14/Murielle

Gwendoline éberluée en laissa tomber la paire de ciseaux ! Elle s’avança vers le buffet en question, et avec tout ce charabia ne se souvenait plus ce que Jean -Eude lui avait précisé :

« Porcelaine de quoi déjà …. » elle saisit un bol breton avec le prénom Gontran », versa le breuvage froid, et se dirigea vers l’escalier sans oublier au passage de faire un clin d’œil a Geoffroy qui resta de marbre.

15/ Isa

Quand Marie Josépha vit arriver cette jeune fille si différente de celles envoyées d’habitude par Aristo Service, elle ne put s’empêcher d’éclater de rire. Mon mari s’est bien fait avoir, pensa-t-elle. Il faut dire que Marie-Josépha, en dépit de son prénom, n’était pas du tout d’ascendance aristocratique et elle se moquait souvent des manières désuètes de Jean-Eudes.

Elle fit assoir Gwendoline au bord de son lit et lui posa quantité de questions sur sa vie. Marie- Josépha s’intéressait beaucoup à son prochain. C’était d’ailleurs l’une des nobles qualités qui avait séduit Jean-Eudes.

16/ William

Marie-Josepha avait à peine commencé à poser une première question à la jeune étudiante que, depuis le salon, Jean-Eudes lança : « Très chère, reposez-vous bien, je file à la Banque et dépose en même temps les garçons à l’école. Ah ! j’oubliais, vous renverrez l’extra dès qu’elle aura fini de vous servir. Cunégonde prendra le relais. » « Bien mon ami, à ce soir » répondit la maitresse de maison en faisant un clin d’œil à Gwendoline. « Je crois que je vais vous garder encore un peu. Voyez-vous, je n’ai pas eu de fille et c’est mon grand regret. Alors j’aimerais que vous me parliez un peu de votre vie. Si vous le voulez bien…évidemment.»

17/ Murielle

– Vous savez moi ma vie, elle n’intéresse personne, même pas mon copain Nico. Il en a rien à foutre de moi ! Ma mère elle m’a élevée toute seule et elle s’en est bien sortie. Pour l’instant je bosse le soir dans le restau à côté de chez moi mais je vais pas en rester là ! Moi aussi je fais des études comme vos garçons vous savez !

– Vous voulez un peu de lait frais ?

18/ MH

-Oh oui, merci Madame

-Appelez-moi Marie-Josèpha, mon enfant, ou MJ si vous préférez…

Cette bonté, cette invitation à boire son lait, un lait maternel que sa propre mère ne lui avait jamais donné…Gwendoline se sentit tout à coup pleine d’amour pour cette inconnue. Tout en avalant le liquide blanc, la jeune fille promena ses yeux embués par les larmes de la reconnaissance sur la chambre de Marie-Josèpha. La penderie ouverte laissait entrevoir des robes et des ensembles plus ravissants les uns que les autres. Marie-Josèpha devinant l’envie de Gwendoline l’encouragea 

-Si quelque chose, vous tente, je vous en prie, allez essayer, moi je suis lasse de toutes ces grandes marques et puis nous avons à peu près le même gabarit, il me semble …

19/William

« Par la Sainte Mortadelle et la Sainte Tripe ! Je me suis coupée ! » « Ce n’est pas trop grave Cunégonde j’espère » lança Marie-Josepha. « Je crois qu’elle est jalouse de vous chère Gwendoline. » L’étudiante venait d’enfiler une superbe robe de soirée en satin noir agrémentée d’un dos en dentelle et d’un décolleté mettant en valeur une poitrine parfaitement galbée. « Elle vous va à merveille ! La semaine prochaine, Jean-Eudes et moi donnons une petite réception en l’honneur des 80 ans de belle-maman. Je vous y invite Gwen. Vous permettez que je vous appelle Gwen ? »

20/ Isa

« Evidemment MJ ! Merci pour la robe et l’invit.  » Et après avoir planté deux bises sur les joues enfiévrées de Marie-Josépha, la jeune fille toujours vêtue de la robe de soirée, dévala l’escalier en faisant un bruit d’enfer avec ses docs Martens. « Regardez, Cunégonde, votre patronne m’a donné cette jolie robe, pas mal n’est-ce-pas ?

Cunégonde, encore meurtrie par l’histoire du tablier découpé en morceaux, fit la moue, sans rien dire.

– Et elle m’a invitée à la teuf la semaine prochaine. C’est top cool ! Enfin, on verra, ça dépend qui sera là…

21/ MH

-Pauv Madame mère, elle va ben passer l’arme à gauche le jour de ses 80 ans quand elle va voir eul supote de Satan dans la maison d’son fils !

– Heu… Cunégonde, avouez que je suis plus que présentable dans la belle robe noire de Marie-Josépha… Et puis, j’mexcuse pour votre pauvre tablier, j’vous en rapporte un tout beau tout neuf demain ! Allez, on fait la paix, d’accord ?

22/ Murielle

-Refaites donc plutôt vos lacets, au lieu de dire des bêtises… vous allez vous casser la margoul….

Cunégonde n’avait pas fini sa phrase que Gwendoline avait déjà tourné les talons !

En haut Marie -Josépha fiévreuse, se sentait heureuse d avoir pu converser avec cette nouvelle jeune fille, car sans savoir pourquoi, celle ci lui donnait du baume au cœur. Peut être sa fraîcheur, sa spontanéité, sa franchise, tout cela faisait qu’elle avait vraiment envie de la revoir et pourquoi pas s’en faire une nouvelle amie….elle aurait presque eu envie de se confier à elle alors que l’inverse aurait été plus logique. Elle sortit son carnet et commença à écrire quelques lignes, comme elle avait l’habitude de le faire quand elle était seule.

23/ William

La dernière phrase du nouveau paragraphe de sa vie intime était ainsi libellée : j’ai vraiment hâte d’être à samedi prochain ! Et le jour tant attendu arriva. Il y avait là, dans le grand salon, les premiers invités, c’est à dire les membres les plus proches des deux familles et quelques amis choisis. La reine de la soirée, Marie-Astrid Tournecuisse de Belgrange, recevait comme si elle était chez elle. Cette femme, malgré son âge, avait conservé l’élégance naturelle de sa branche tout en faisant preuve d’un caractère fort et d’une exceptionnelle droiture. Il est vrai que, passionnée d’histoire, elle avait pour modèle Aliénor d’Aquitaine. A ses côtés, comme pour la seconder, sa belle-fille guettait les arrivées avec ce questionnement qui revenait sans cesse : et si elle ne venait pas ?

24/Isa

Elle évitait de croiser le regard de Jean-Eudes qui, une coupe de champagne à la main, devisait poliment avec le directeur de la Banque du Pactole. L’invitation de Gwen avait causé une dispute violente entre eux et Marie-Josépha avait du mal à s’en remettre. Elle avait pourtant tenu bon et n’avait pas annulé. Un peu de piment dans cette assemblée n’était pas pour lui déplaire !

25/Danièle

Ce fut comme une apparition. Les discussions animées s’arrêtèrent. Tous les regards se posèrent sur une même silhouette fine, élancée et élégante.

Le teint diaphane rehaussait la splendeur des boucles brunes et brillantes.

La robe noire moirée soulignait la taille fine.

La jeune femme avançait avec grâce semblant glisser sur ses escarpins vernis. Les yeux bleus parcouraient l’assemblée paraissant hésiter…

La coupe de Dom Perignon glissa des mains de Marie-Josepha et vola en éclats sur le parquet ciré.

Marie-Astrid était une vieille dame bien plus malicieuse qu’il n’y paraissait et surtout bien moins coincée que son Jean-Eudes de fils. Elle se précipita, tout sourire, vers la jeune femme et prit ses mains dans les siennes. « Jeune fille, je ne vous connais pas mais qu’importe ! Vous êtes une brassée de fraîcheur !! »

26/ MH

Sous la table du buffet Tugdual et Gontran s’étaient installés avec une bouteille de champagne qu’ils buvaient au goulot, masqués qu’ils étaient par la longue nappe blanche brodée :

-Cap ou pas cap ?

-Cap ! répondit Tugdual à son frère, je torche cette bouteille et je la coince dans le cagibi

-T’es dingue, y a Cunégonde qui pionce là dedans entre deux plats à servir

-Bon bé dans la salle de bains alors …

-Et tu crois qu’elle va suivre un p’tit con comme toi ?

-Surement plus qu’un boutonneux comme toi !

27/ Murielle

Tugdual qui subissait depuis trop longtemps l’effet grimpant de sa testostérone s’empara de la bouteille et biberonna la moitié du liquide à une vitesse éclair, tout ça sous la mine hilare de son frère boutonneux. Puis Il se dirigea en rampant sous la table vers les escarpins de Gwendoline, il n’en revenait pas de la finesse de ses jambes et commença à lui caresser la cuisse. Gwendoline qui s empiffrait de petits fours près du buffet se retourna stupéfaite et esquissa un sourire de connivence au directeur de la banque du pactole qui discutait derrière elle….

28/ William

Jean-Eudes, qui était loin d’imaginer ce qui venait de se passer, décida au même moment de rejoindre son patron, le très fringuant Miroslav Lefrikcéchik, nouveau Président du Conseil d’Administration de la Banque depuis que celle-ci avait été rachetée par un fond serbo-croate. Miroslav, qui avait la réputation d’être très proche des gens, souhaitait qu’on l’appelle Miro, ce qui déclenchait à chaque fois l’hilarité contenue de ses interlocuteurs car, chacun le savait, il était très myope. « Permettez-moi Miro de vous présenter Gwendoline, une jeune étudiante en philosophie. » Sur ces entrefaites, arrive Marie-Astrid que notre banquier salue alors respectueusement d’un élégant baisemain tout en prononçant dans un français presque parfait : « Ah ! Mademoiselle, combien je serais heureux de vous inviter en privé à un débat autour de la pensée d’Aristote… ou de Descartes. »

29/ MH

-« Mademoiselle ! » Oh comme vous êtes flatteur mon ami, mais oui, je viendrai avec grand plaisir ! En attendant, auriez-vous l’amabilité d’aller me chercher une coupe de champagne ?

-Mais bien sûr très chère…

-« Maaaaaouououou » En se dirigeant vers le buffet, Miro trébuche sur Iphigénie, qu’il avait prise pour un tapis persan sans relief. Il s’étale de tout son long aux pieds de Gwendoline qui l’aide à se relever :

-Ho, je vous en prie Madame, ne courbez pas ainsi l’échine pour moi, vous devez être suffisamment accablée par votre veuvage …

30/ William

« Miroslav ! Miroslav ! » Une blonde platine d’une cinquantaine d’années venait de faire irruption dans la pièce. « C’est toujours la même chose. Tu refuses de prendre tes lunettes pour mieux faire le beau et tu te ridiculises devant tout le monde ! Tu as passé l’âge de faire le jeune homme ! » « Je vous présente Natacha, mon épouse » dit le banquier. « Et voici mon fils Zlatan. » « Père, vous n’êtes pas raisonnable. Voici vos lu… » Le jeune serbe venait de croiser le regard de Gwendoline. Et c’est comme si le temps s’était soudain arrêté. La jeune femme, elle aussi, semblait comme statufiée. On aurait dit un remake de cette scène « so romantic » du Titanic, ce sublime instant où Jack et Rose se découvrent pour la première fois.

31/ MH

Six mois se sont écoulés depuis la réception parisienne, et c’est une autre fête qui a lieu aujourd’hui dans le magnifique château de famille des Tournecuisse de Belgrange, le mariage de Gwendoline et de Zlatan !  Le champagne et la vodka coulent à flot, et pour une fois, même Cunegonde se fait servir par l’armée de valets en costume noir et blanc.

Sous les pampilles du lustre gigantesque, les jeunes mariés ouvrent le bal, suivis de la famille et des amis proches. Miroslav confond sa blonde Natacha avec Iphigénie, mais qu’importe, la chatte persane semble enchantée de faire un tour de piste avec le vieux banquier ; Marie-Astrid s’est fait inviter par Léo un jeune zadiste, témoin de la mariée, quant à Jean-Eudes et Marie-Josèpha, ils tournoient comme des toupies exaltées par le mélange des styles. Sous la table du banquet, Tugdual , Gontran et leurs cavalières, deux petites cousines de Gwendoline maquillées comme des camions, comptent le nombre de pieds écrasés sur la piste de danse en sifflant des bouteilles de Vodka !

                                                                   FIN

10 commentaires sur “Jeu numéro 19

  1. Bravo à tous les participants pour ce concerto à plusieurs mains, des bouts de vie exprimés par l’humeur des uns et des autres réussi. J’ai aimé le ton vivifiant et moderne qui ensoleillé mon début de journée..très matinal 🙂 Belle idée en tout cas.

    Aimé par 1 personne

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