Les petites filles de pharmacie

 

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Ce texte m’a été inspiré par la photo et le mot proposés dans le cadre de l’atelier d’écriture du mois de mai sur le blog d’AMPHYGOURI.

https://amphygouri.wordpress.com/2019/05/01/atelier-decriture-10-mai/

 

Les petites filles de pharmacie ne voient jamais leur maman en robe.
Les petites filles de pharmacie voudraient la même blouse blanche que leur maman
Les petites filles de pharmacie jouent à cache-cache dans les rayons
Les petites filles de pharmacie s’amusent à embêter les préparateurs
Les petites filles de pharmacie mangent du citrate de bétaïne au goûter
Les petites filles de pharmacie regardent leur maman préparer les gélules
Les petites filles de pharmacie trouvent que les gélules ont goût d’hosties
Les petites filles de pharmacie sucent des bâtons de réglisse à cinq centimes
Les petites filles de pharmacie chantent la réclame pour la Boldoflorine
Les petites filles de pharmacie ont la langue très bien pendue
Les petites filles de pharmacie n’ont pas besoin d’orthophoniste
Les petites filles de pharmacie font bien rigoler les clients
Les petites filles de pharmacie distribuent des comprimés de vitamine C à la récré
Les petites filles de pharmacie jouent à la marelle sur le lino de l’officine
Les petites filles de pharmacie sautent sur le paillasson pour faire chanter la sonnette
Les petites filles de pharmacie reniflent les périmés puants
Les petites filles de pharmacie recyclent les vieux présentoirs en maisons de poupées
Les petites filles de pharmacie menacent le stock de petits pots pomme-abricot
Les petites filles de pharmacie font leurs devoirs sur de vieilles ordonnances
Les petites filles de pharmacie dessinent la tête des clients derrière le comptoir
Les petites filles de pharmacie montent dix fois par jour sur le pèse-personne
Les petites filles de pharmacie piquent des petites pièces jaunes dans la caisse
Les petites filles de pharmacie se parfument à l’eau de Cologne en flacon de 25 millilitres
Les petites filles de pharmacie se collent des vignettes d’aspirine sur le front
Les petites filles de pharmacie voudraient que tous les clients soient guéris pour avoir leur maman rien que pour elles.
Hier, j’ai vu une petite fille de pharmacie, et j’ai repensé à celle que j’étais il y a plus de quarante ans.

MH

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Une Cléopâtre ratée

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Ne me parlez pas du coiffeur ! Quand vous entrez dans son salon
Il vous regarde avec horreur :
– Mais qui vous a scalpée samedi passé ?
– Votre stagiaire, une gauchère …
– Ne vous en faites pas, je vais rattraper ça.
Alors on vous déshabille, on kidnappe votre cape
On coince une serviette dans votre dos en vous arrachant la peau !
Et on vous pousse au bac, la nuque en vrac, comme une vermine sous la guillotine. A brûle-pourpoint, on vous fait un soin : antipelliculaire, anti-desséchant, anti-casse, démêlant…Mais surtout exorbitant !
Puis vient le temps de la coupe :
– La raie, rappelez-moi, était du côté droit ?
– Non, du gauche, mais tant pis, je veux une frange ce samedi.
– Une frange…. ça me dérange… Avec votre grand nez, vous serez défigurée !
Quand c’est le moment de payer, vous dégainez le porte-monnaie
Trois cents euros, c’est cher payé, pour ressembler à une Cléopâtre ratée !

MH

Petite questionnette: Et vous, êtes-vous toujours satisfait(e) en sortant de chez votre coiffeur préféré ?

Le dentier et la mer

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Fut-il à un futile dandy, à un cruel dentiste ou à un pauvre « sans dents » ?
Nul ne le saura jamais …
Toujours est-il que le dentier était là, échoué sur le sable.
S’il avait eu une mémoire, il aurait pu nous conter la noyade de son propriétaire, puis sa longue errance en solitaire sur les flots déchainés, hors de cette bouche qui était devenue sa maison.
S’il avait eu un cerveau, il aurait comptabilisé la masse de plancton avalée et le nombre de baigneurs mordus …Et s’il avait été rancunier, il aurait gardé une dent contre le commandant de bord imbécile qui avait propulsé le navire de croisière sur l’iceberg.
S’il avait eu un cœur, il se serait langui de ce propriétaire qui l’astiquait si bien et lui donnait des bains moussants dans le verre à dents
Mais il n’était qu’un pauvre dentier sans âme alors il ne pensait à rien, ne se souvenait de rien, n’anticipait rien … pas même Diane, la chasseresse de plastique écolo qui le jetterait bientôt dans un bac à marée…

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà ramassé des déchets sur la plage ?

Le flan aux œufs et le gâteau magique

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Il était beau, il était blond, il était chaud …le flan aux œufs.
Il avait passé des heures dans la chaleur tournante du four de la maitresse de maison, les pieds dans l’eau du bain-marie.
Il avait entendu la conversation de sa créatrice avec l’un des hôtes du soir :
– Le mien sera le plus beau et le meilleur ! avait-elle osé
– Le mien sera magique, avait rétorqué l’invité, il enchantera toutes les bouches avec ses trois consistances singulières et sa génoise parfumée !
Le pauvre flan aux œufs, déjà bien tremblotant de nature s’était mis à flageoler de toute sa matière jaunâtre à la description de son rival. Réussirait-il à ravir la vedette à ce concurrent exceptionnel et novateur ?
Et puis, le moment fatidique du démoulage arriva. L’élégant invité avait demandé à l’hôtesse un couteau et un plat, pour déloger sa merveille magique de son logement d’aluminium. Malheureusement, cela ne s’était pas très bien passé : par endroits, la lame d’acier avait entamé la chair à la triple consistance. Le flan aux œufs, dans sa grande tendresse, avait compati aux gémissements de douleur que seuls les gâteaux entre eux peuvent percevoir. Mais son esprit de compétition avait vite repris le dessus : « Moi, je ne vais opposer aucune résistance, je céderai au couteau afin que tout mon corps glisse comme un seul homme sur le plat de service. » Et ainsi fut fait. La lourde masse gélatineuse se déplaça d’un coup, telle une méduse placide ou une jelly britannique.
« Grrrrrrr ! » Gronda l’invité pâtissier
« Whaou ! » Acclamèrent les autres
Le moment de la dégustation était enfin arrivé. On remit aux convives des assiettes bien pleines. Sur chacune d’entre elles reposait un morceau du corps des deux desserts, avec plus ou moins de tremblotements.
Lequel fut le plus apprécié ? Vous demandez vous fébrilement.

Eh bien, les deux créations furent dévorées avec autant d’avidité et d’enthousiasme ! Mais combien de séances d’abdos-fessiers et autres footing auront été nécessaires pour les oublier !

MH

Une matinée de Grisette

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Je sens le jour pointer depuis la mezzanine délicieusement étouffante de la chambre d’amis. C’est là que je dors, sauf quand des invités humains de mes humains à moi, squattent…j’ai beau leur cracher à la figure ou les « mordasser » s’ils osent me caresser, certains s’obstinent à revenir !!!
Il est l’heure de descendre précautionneusement l’échelle casse museau qui convient mieux aux bipèdes qu’aux félins, mais dont je m’accommode…
Une petite halte dans le couloir pour détecter où il est le plus judicieux de me diriger. Mes moustaches et mes vibrisses frémissent pour mieux sentir la provenance de l’odeur de MH (qui est la seule personne digne d’intérêt ici, à part MOI bien sûr.)
Ah … elle est encore dans sa chambre. Fermée, évidemment… Pas grave, je sais gratter aux portes à la perfection. Sûr qu’elle va ouvrir en une fraction de seconde, elle ne supporte pas le grincement de mes ongles affûtés sur le chambranle.
D’un bond agile, j’évite la charentaise à fort parfum de pied que me balance le mâle de la famille. Ah, celui-ci, depuis qu’il a pris sa retraite, il est tout le temps à la maison, quelle plaie !
MH sort enfin dans le couloir et moi, je la précède car j’ai FAIM. La pauvre est affublée d’une vieille robe de chambre jaune et d’ignobles pantoufles bleues (eh oui, ce sont les deux seules couleurs que je distingue) Je marche en dandinant du croupion pour lui montrer l’immense supériorité des félines en matière de sexe appeal.
Nous voici arrivées dans la pièce la plus olfactive de l’appartement, la cuisine. C’est là que se mêlent le parfum capiteux de mes lieux d’aisance, les effluves irrésistibles de ma pâtée et ceux non moins attirants du pot-au-feu de mes humains.
Je me délecte de mon Whiskas bœuf agneau. Mes dents pointues n’ont pas beaucoup d’effort à fournir sur cette terrine molasse. J’envie parfois les chats des rues qui peuvent exercer leurs crocs sur des moineaux vivaces ou des charognes faisandées… Quoiqu’en y réfléchissant à deux fois, je préfère bénéficier de plats monotones mais réguliers, plutôt que d’encas excitants mais aléatoires.
Berk, berk, berk, l’odeur détestée de l’agrume vient me perturber les narines ! C’est encore lui, le mâle ! Il épluche une clémentine ! Quel enquiquineur celui-là !
Heureusement, je sais par expérience que d’ici quelques minutes, il ira enfiler son habit de sueur pour aller courir dans les bois. Bon vent, homme puant !
Ah !!! Je me retrouve enfin seule avec ma chère amie, elle me donne un peu de beurre sur la pointe de son couteau, quel délice ! Heureusement qu’il est parti, l’autre, sinon j’aurais eu droit à un méchant  pshshshshsh !  pour être montée sur la Sainte Table ! Elle, elle s’en moque, au contraire, je crois que cela lui plait de m’avoir à sa hauteur, pendant qu’elle boit son thé. Elle peut lire toute mon intelligence dans mes yeux.
MH promène sa patte en peau sur mon pelage soyeux et je ressens un plaisir infini à être ainsi cajolée. Pauvres humains imberbes, comme cela doit être triste de naître sans fourrure ! Heureusement qu’ils nous ont, nous les chats, pour assouvir leur désir de douceur. Je m’étire sous les caresses, ma croupe se hisse tandis que mon dos, mes pattes antérieures et ma tête tendent au maximum vers l’avant pour optimiser l’étirement. Les humains, eux, ne savent pas s’étirer, ni même bailler, ils sont ridicules à regarder quand ils s’y essaient avec leur petite patte collée devant leur petite bouche comme s’ils avaient honte de se faire du bien ! Je sais que les miens prennent des cours de stretching pour s’améliorer, mais jamais ils n’atteindront mon degré de souplesse ni mon sens aigu du bien-être.
Tiens le mâle rentre déjà, quelle barbe ! J’use de mon stratagème imparable pour l’éloigner : une petite visite dans mes cabinets… et le voilà qui hurle en se bouchant le museau : MH, ton chat a fait un neurotoxique !! « Ton chat » non mais ! Il ne le sait pas que je suis une Dame depuis dix ans qu’il habite CHEZ MOI !!! Aucun respect ! Vive le Mouvement de Libération des Félines ! »
MH jette mes besoins parfumés dans les toilettes pendant que lui, agite la bouteille d’affreuse odeur chimique qui masque tout. C’est à ce moment-là que l’humaine ado sort de sa tanière, imprégnée par l’insupportable puanteur des petits bâtons blancs qui font de la fumée.
Ce qui m’amuse beaucoup, c’est quand MH se trompe et m’appelle par le nom de l’ado : Claire, viens manger ta pâtée ! Et vis versa : Grisette va faire tes devoirs ! En revanche, je crois que cela déplait fortement à Claire… pfff, aucun humour ces humains ! Elle devrait pourtant se glorifier qu’on la prenne pour MOI ! Et c’est MOI qui devrais être mortifiée qu’on me rabaisse à son niveau !
Bon, trêve de raisonnements philosophiques, je crois qu’il est temps de monter faire un petit somme dans ma mezzanine… D’ici huit heures, il va falloir que je me RELEVE pour le dîner alors pas une seconde à perdre pour aller REDORMIR !

Grisette et MH

Petite questionnette: Et vous, vivez-vous chez un chat « pourri-gâté » ???

« En affreuse »

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Ce matin, c’est décidé, je m’habille « en affreuse », en moche, en vraie vilaine avec mon vieux pantalon de jogging et ma polaire grise. Aujourd’hui je ne verrai qu’un livreur et mon but n’est pas de le charmer ; C’est pour cela que je vais m’habiller « en affreuse », bien confortable, bien à l’aise dans mes vêtements mous, doux et distendus !
Certaines filles ne peuvent pas s’habiller « en affreuses », il faut qu’elles soient « au top » de l’aube au crépuscule, comme si elles s’attendaient à voir surgir le prince charmant à tout moment, un bouquet de lys à la main… il se prosternerait à leurs pieds en disant : « Comme vous êtes belle, Madame. » Ça, ce sont les vrais jolies, les vraies coquettes, celles qui se lèvent avant leur mari pour se maquiller en cachette et qui se recouchent toutes pomponnées pour faire croire que leur teint de rose au réveil est naturel ! Celles qui se couchent après leur mari pour retirer leurs lentilles bleues et dissimuler à la face du monde que leur vraie pupille est marron ! Celles qui ne connaissent pas les charentaises et qui souffrent sur des talons-aiguille de quinze centimètres, même à la maison, malgré le racornissement de leurs orteils martyrs et les insultes de leur voisine du dessous (qui elle, est une affreuse à plein temps !)

Ce matin, c’est décidé, je m’habille « en affreuse » et si le livreur ne peut réprimer une grimace de dégoût en me voyant, tant pis, il aura peut-être plus de chance avec sa prochaine cliente !

MH

Petite questionnette: Et vous, prenez-vous parfois, plaisir à vous habiller « en affreuse » (ou « en affreux ») ???

Un métier d’avenir

zhu-liang-772687-unsplash©Zhu Liang

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo de Zhu Liang dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 321.

Devinerez-vous mon métier ? Je passe ma vie dans les centres commerciaux, et les escalators, tête baissée, allure servile, toujours pressée, je suis….Je suis… Accomodrice de shopping.

L’accomodrice de shopping suivra Madame dans tous les déplacements liés à l’ébullition de sa carte bleue. Telle une ombre attentive, elle l’accompagnera dans ses déambulations citadines, faisant apparaitre :
• Petit paravent, tabouret et tasse de thé pour une pose réhydratation.
• Petit paravent et futon pour une micro-sieste.

• Petit paravent et pot de chambre quand Madame aura besoin de se soulager.

L’accomodrice de shopping assistera Madame lors de ses essayages : si cette dernière choisit une robe boudinante, elle sortira son miroir perfectionnant pour redonner à la silhouette de sa patronne, sveltesse et élasticité.
Si le cuir de la chaussure neuve est trop dur, elle le mastiquera pendant quelques minutes pour épargner toute souffrance aux orteils de Madame.
Si, au hasard d’une rue, Madame rencontre une amie accompagnée de son mari, l’accomodrice de shopping actionnera son décodeur de gaffes pour lui éviter de dire : « Depuis quand sors-tu sans ton amant ?! »
Au rayon alimentation, l’accomodrice de shopping indiquera à Madame les denrées les plus appropriées au dégonflage de la bedaine de Monsieur.
Et si le shopping de Madame prend plus de temps que prévu, l’accomodrice de shopping mettra son retardateur de minutes en marche pour lui permettre d’être à la maison avant l’heure du dîner.

Diplômes requis :
• Brevet de diététique et de pré mâchage.
• Double licence de servilité et de divination
• Master en flatterie
• Maîtrise du temps

Vous aussi vous vous sentez l’âme d’une accomodrice (ou d’un accomodeur !) de shopping ? Alors postulez sans attendre, cette filière n’est pas bouchée !

MH

Le Père Noël et le gilet jaune

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Un grand merci à Soene pour cette photo !!

24 décembre, cinq heures du matin : Le Père Noël, encore en pyjama, regarde sa penderie l’air dubitatif. La Mère Noël, encore au lit, l’observe.

Père Noël : Toujours cette tenue rouge et blanche… dis donc, Mère Noël, tu ne pourrais pas me tailler un nouveau costume ? J’ai besoin de changement, moi ! J’ai envie d’être à la mode pour une fois !

Mère Noël : A la mode !? Mais quelle mode ? Tu travailles dans presque tous les pays du monde ! Les tendances sont différentes partout !

PN : Alors, tant qu’à faire, je choisirais bien le modèle français, Paris n’est-elle pas la capitale de la haute couture et du bon goût ?

MN : D’accord ! Je vais te tailler un habit en nylon jaune !

PN : En nylon jaune ? Je suis cocu ou quoi ? Ne me dis pas que tu revois le Père Fouettard!

MN : Mais non, rassure-toi … C’est juste que le nylon jaune est en vogue cet hiver en France.

PN : Et tu crois que ça va m’aller au teint ?

MN : Bah, faut savoir ce que tu veux mon vieux ! En ce moment la France entière est jaune fluo !

PN : Ah bon ??

MN commençant son travail de couture : Et oui ! Les mannequins défilent depuis trois semaines sur tous les ronds-points du pays et le Président Macron les apprécie tellement qu’il a décidé de leur offrir un cadeau d’une valeur de cent euros à chacun ! Il se prend un peu pour toi le jeune Emmanuel !

PN : Je n’étais pas au courant !

MN : Evidemment, tu ne prends jamais le temps de regarder les informations !

PN : Mais, ce Macron… il essaie de me piquer mon job ou quoi, à faire des cadeaux comme ça au mois de décembre ?!

MN : C’est peut-être bien ça ! Il en a assez d’être président et il veut se reconvertir !

PN : Pas question qu’il me mette au chômage ce petit opportuniste !

MN : Ecoute, si tu n’es pas content, dépêche-toi d’enfiler ton gilet et ton bonnet jaunes et va défiler sur les Champs-Élysées avec les français !!

Obsession végétale

verre de rosé sur haie

 

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Mon obsession têtue, inusable, c’est ma haie. Elle a bientôt quarante ans, la moitié de mon âge…
Ils veulent tous que je la coupe, que je la taille. Eh bien, non ! Moi, je l’aime comme elle est : large, haute, énorme, touffue et mal peignée. Elle empêche les voitures de se garer dans le jardin, tant mieux ! Elle pique ceux qui s’approchent trop d’elle, tant mieux ! Elle recouvre le banc de pierre, tant mieux, il est laid et de toute façon personne ne s’y assoit.
Le dernier jour des vacances, ma fille et mon gendre ont convoqué le tailleur de haies : un immonde bonhomme, style bourreau avec des mains d’assassin. Ils ont parlementé des heures, mes enfants et lui ; ils faisaient tous les trois de grands gestes agressifs en direction de ma pauvre haie et puis, ils m’ont appelée, ils m’ont servi un petit verre de rosé et ils m’ont dit : Maman, en octobre, on va faire une coupe sévère, ça lui redonnera de la vigueur à ta haie, et puis quand tu reviendras, l’été prochain, tu ne t’apercevras même pas qu’elle a été taillée. 
Alors moi, j’ai dit d’accord pour faire plaisir et puis aussi parce que le tueur me faisait très peur avec ses grosses paluches pleines de poils.
Le 28 aout, on a quitté la maison de vacances et ma haie. On est rentrés à Paris.
Dès le 29, j’ai commencé à faire cet horrible cauchemar : je voyais le monstre, tronçonneuse en main, s’approcher de ma pauvre haie, un rictus démoniaque sur les lèvres.
Pendant tout le mois de septembre, chaque nuit ce rêve revenait, et ça finissait toujours pareil, je me réveillais transpirante en hurlant : Pitié, pitié pour ma pauvre haie !
Chaque après-midi de ce mois-là, j’allais chez mes enfants prendre le thé et avant chaque première gorgée de Darjeeling, je leur rappelais le sinistre décompte :  Quand je pense à ma pauvre haie qui sera décapitée dans 30 jours….29 jours…28 jours…27 jours… 
La veille de l’assassinat, ma fille a fini par craquer :  C’est bon, maman, j’ai appelé le jardinier ce matin pour tout annuler !  Moi, je lui ai répondu :  Ah bon ? Mais il ne fallait pas, je m’étais habituée à l’idée … 
Aujourd’hui, c’est le premier juillet, je bois un verre de rosé bien frais sur la terrasse ; je suis aux premières loges pour admirer ma haie. Ma belle, ma grosse, ma somptueuse haie non taillée. Certaines de ses branches pointent au-dessus de son corps robuste comme des cheveux hirsutes ; les moineaux s’y balancent puis se cachent pour nicher dans sa verte épaisseur.
Tiens ! Mes enfants remontent de la plage ; je les distingue à peine derrière ma chère haie, mais je reconnais le haut du crane déplumé de mon gendre… Les voilà qui me rejoignent pour prendre un verre et déjeuner ! Alors moi, pour leur couper l’appétit je leur dis :  N’est-ce pas qu’elle est belle, ma haie ! 
MH

Petite questionnette: Et vous, préférez-vous les jardins à l’anglaise ou à la française ?

À la Une

Test à faire sur la plage entre rivales: QUEL TYPE D’AMIE ETES VOUS ??

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A/ Votre amie vous balance : « Cette robe te va atrocement mal, si je te dis ça c’est pour ton bien, pour que tu ne te ridiculises pas en public! »
*1/ Vous la remerciez chaleureusement pour sa sincérité.
$2/ Vous lui jetez la robe à la figure.
µ3/ Vous lui envoyez un pain dans la tronche.

B / Votre amie vous présente son beau petit copain, ainsi que le camarade de celui-ci, un gros rougeaud boutonneux.
*1/ Vous la remerciez d’avoir pensé à vous et embrassez à pleine bouche le copain boutonneux pour faire plaisir à votre amie.
$2/ Vous draguez le beau et conseillez à votre amie d’essayer le moche pour varier les plaisirs.
µ3/ Vous allez chercher votre copine gay pour qu’elle drague votre amie et qu’ainsi vous récupériez le beau et le moche.

C/ Votre amie ne sait pas nager, elle est entrain de se noyer dans une grosse vague.
*1/ Vous la sauvez
$2/ Vous récupérez sa gourmette en or et laissez votre amie couler
µ3/ Vous laissez votre amie se noyer et vous retournez sur le sable chaud pour dire à son petit copain : « Enfin seuls … »

D/ Votre amie vous traite de « pouffiasse » à cause de votre nouvelle mini-jupe
*1/ Vous lui dites : « Tu as raison je le mérite… »
$2/ Pour son anniversaire vous lui offrez la même mini-jupe
µ3/ Vous lui crachez à la figure mais vous changez quand même de look car en fait, elle n’avait pas tout à fait tort…

E/ Votre amie accouche du plus vilain des bébés, poilu, criard et écarlate, vous lui dites :
*1/ Qu’est-ce qu’il ressemble au facteur !!
$2/ Qu’est-ce qu’il ressemble à ton mari !!
µ3/ Qu’est-ce qu’il te ressemble !!

F/ Votre amie n’a pas eu le temps de se faire épiler ; sur la plage tout le monde regarde la toison épaisse sur ses cuisses et ses mollets. Vous lui dites :
*1/ Je te prête mon paréo si tu veux.
$2/ Tu n’as pas un peu chaud avec tout ça ?
µ3/ La nouvelle mode « yéti » te va à merveille !

G/ Votre amie est en pleurs, son petit copain vient de la larguer
*1/ Vous lui proposez un petit restau pour la consoler.
$2/ Vous lui dites qu’il a déjà beaucoup de mérite de l’avoir supportée plus d’une semaine.
µ3/ Vous lui demandez le 06 de son petit copain pour tenter votre chance.

H/Votre amie vous dit que si elle ne vous avait pas connue, elle se demande ce qu’elle ferait aujourd’hui.
*1/ Vous lui répondez : « Moi pareil » et vous lui offrez une coupe de champagne dans un bar branché.
$2/ Vous lui répondez : « Moi pareil » et lui demandez de vous offrir la jolie robe rose dans la vitrine.
µ3/ Vous lui répondez : « Et bien moi, si je ne t’avais pas rencontrée, qu’est-ce que je serais tranquille !! »

RESULTATS :
Vous avez un maximum de µ : Celle qui est votre amie a de la chance, votre amitié est indéfectible. Bravo pour votre âme vertueuse !
Vous avez un maximum de $ : Votre amitié est parfois intéressée. Vous pouvez être distrayante pour votre amie mais celle-ci devra rester vigilante.
Vous avez un maximum de * : Votre amie est en fait votre pire ennemie. Etes-vous sûre de vouloir une amie pour autre chose que de profiter d’elle ?!?!

Avertissement : les résultats sont truqués.

MH