Le flan aux œufs et le gâteau magique

flan-413219_1920

 

Il était beau, il était blond, il était chaud …le flan aux œufs.
Il avait passé des heures dans la chaleur tournante du four de la maitresse de maison, les pieds dans l’eau du bain-marie.
Il avait entendu la conversation de sa créatrice avec l’un des hôtes du soir :
– Le mien sera le plus beau et le meilleur ! avait-elle osé
– Le mien sera magique, avait rétorqué l’invité, il enchantera toutes les bouches avec ses trois consistances singulières et sa génoise parfumée !
Le pauvre flan aux œufs, déjà bien tremblotant de nature s’était mis à flageoler de toute sa matière jaunâtre à la description de son rival. Réussirait-il à ravir la vedette à ce concurrent exceptionnel et novateur ?
Et puis, le moment fatidique du démoulage arriva. L’élégant invité avait demandé à l’hôtesse un couteau et un plat, pour déloger sa merveille magique de son logement d’aluminium. Malheureusement, cela ne s’était pas très bien passé : par endroits, la lame d’acier avait entamé la chair à la triple consistance. Le flan aux œufs, dans sa grande tendresse, avait compati aux gémissements de douleur que seuls les gâteaux entre eux peuvent percevoir. Mais son esprit de compétition avait vite repris le dessus : « Moi, je ne vais opposer aucune résistance, je céderai au couteau afin que tout mon corps glisse comme un seul homme sur le plat de service. » Et ainsi fut fait. La lourde masse gélatineuse se déplaça d’un coup, telle une méduse placide ou une jelly britannique.
« Grrrrrrr ! » Gronda l’invité pâtissier
« Whaou ! » Acclamèrent les autres
Le moment de la dégustation était enfin arrivé. On remit aux convives des assiettes bien pleines. Sur chacune d’entre elles reposait un morceau du corps des deux desserts, avec plus ou moins de tremblotements.
Lequel fut le plus apprécié ? Vous demandez vous fébrilement.

Eh bien, les deux créations furent dévorées avec autant d’avidité et d’enthousiasme ! Mais combien de séances d’abdos-fessiers et autres footing auront été nécessaires pour les oublier !

MH

Publicités

Une matinée de Grisette

38279340_1766179173503563_5246090913255522304_o

 

Je sens le jour pointer depuis la mezzanine délicieusement étouffante de la chambre d’amis. C’est là que je dors, sauf quand des invités humains de mes humains à moi, squattent…j’ai beau leur cracher à la figure ou les « mordasser » s’ils osent me caresser, certains s’obstinent à revenir !!!
Il est l’heure de descendre précautionneusement l’échelle casse museau qui convient mieux aux bipèdes qu’aux félins, mais dont je m’accommode…
Une petite halte dans le couloir pour détecter où il est le plus judicieux de me diriger. Mes moustaches et mes vibrisses frémissent pour mieux sentir la provenance de l’odeur de MH (qui est la seule personne digne d’intérêt ici, à part MOI bien sûr.)
Ah … elle est encore dans sa chambre. Fermée, évidemment… Pas grave, je sais gratter aux portes à la perfection. Sûr qu’elle va ouvrir en une fraction de seconde, elle ne supporte pas le grincement de mes ongles affûtés sur le chambranle.
D’un bond agile, j’évite la charentaise à fort parfum de pied que me balance le mâle de la famille. Ah, celui-ci, depuis qu’il a pris sa retraite, il est tout le temps à la maison, quelle plaie !
MH sort enfin dans le couloir et moi, je la précède car j’ai FAIM. La pauvre est affublée d’une vieille robe de chambre jaune et d’ignobles pantoufles bleues (eh oui, ce sont les deux seules couleurs que je distingue) Je marche en dandinant du croupion pour lui montrer l’immense supériorité des félines en matière de sexe appeal.
Nous voici arrivées dans la pièce la plus olfactive de l’appartement, la cuisine. C’est là que se mêlent le parfum capiteux de mes lieux d’aisance, les effluves irrésistibles de ma pâtée et ceux non moins attirants du pot-au-feu de mes humains.
Je me délecte de mon Whiskas bœuf agneau. Mes dents pointues n’ont pas beaucoup d’effort à fournir sur cette terrine molasse. J’envie parfois les chats des rues qui peuvent exercer leurs crocs sur des moineaux vivaces ou des charognes faisandées… Quoiqu’en y réfléchissant à deux fois, je préfère bénéficier de plats monotones mais réguliers, plutôt que d’encas excitants mais aléatoires.
Berk, berk, berk, l’odeur détestée de l’agrume vient me perturber les narines ! C’est encore lui, le mâle ! Il épluche une clémentine ! Quel enquiquineur celui-là !
Heureusement, je sais par expérience que d’ici quelques minutes, il ira enfiler son habit de sueur pour aller courir dans les bois. Bon vent, homme puant !
Ah !!! Je me retrouve enfin seule avec ma chère amie, elle me donne un peu de beurre sur la pointe de son couteau, quel délice ! Heureusement qu’il est parti, l’autre, sinon j’aurais eu droit à un méchant  pshshshshsh !  pour être montée sur la Sainte Table ! Elle, elle s’en moque, au contraire, je crois que cela lui plait de m’avoir à sa hauteur, pendant qu’elle boit son thé. Elle peut lire toute mon intelligence dans mes yeux.
MH promène sa patte en peau sur mon pelage soyeux et je ressens un plaisir infini à être ainsi cajolée. Pauvres humains imberbes, comme cela doit être triste de naître sans fourrure ! Heureusement qu’ils nous ont, nous les chats, pour assouvir leur désir de douceur. Je m’étire sous les caresses, ma croupe se hisse tandis que mon dos, mes pattes antérieures et ma tête tendent au maximum vers l’avant pour optimiser l’étirement. Les humains, eux, ne savent pas s’étirer, ni même bailler, ils sont ridicules à regarder quand ils s’y essaient avec leur petite patte collée devant leur petite bouche comme s’ils avaient honte de se faire du bien ! Je sais que les miens prennent des cours de stretching pour s’améliorer, mais jamais ils n’atteindront mon degré de souplesse ni mon sens aigu du bien-être.
Tiens le mâle rentre déjà, quelle barbe ! J’use de mon stratagème imparable pour l’éloigner : une petite visite dans mes cabinets… et le voilà qui hurle en se bouchant le museau : MH, ton chat a fait un neurotoxique !! « Ton chat » non mais ! Il ne le sait pas que je suis une Dame depuis dix ans qu’il habite CHEZ MOI !!! Aucun respect ! Vive le Mouvement de Libération des Félines ! »
MH jette mes besoins parfumés dans les toilettes pendant que lui, agite la bouteille d’affreuse odeur chimique qui masque tout. C’est à ce moment-là que l’humaine ado sort de sa tanière, imprégnée par l’insupportable puanteur des petits bâtons blancs qui font de la fumée.
Ce qui m’amuse beaucoup, c’est quand MH se trompe et m’appelle par le nom de l’ado : Claire, viens manger ta pâtée ! Et vis versa : Grisette va faire tes devoirs ! En revanche, je crois que cela déplait fortement à Claire… pfff, aucun humour ces humains ! Elle devrait pourtant se glorifier qu’on la prenne pour MOI ! Et c’est MOI qui devrais être mortifiée qu’on me rabaisse à son niveau !
Bon, trêve de raisonnements philosophiques, je crois qu’il est temps de monter faire un petit somme dans ma mezzanine… D’ici huit heures, il va falloir que je me RELEVE pour le dîner alors pas une seconde à perdre pour aller REDORMIR !

Grisette et MH

Petite questionnette: Et vous, vivez-vous chez un chat « pourri-gâté » ???

« En affreuse »

affreuse

Ce matin, c’est décidé, je m’habille « en affreuse », en moche, en vraie vilaine avec mon vieux pantalon de jogging et ma polaire grise. Aujourd’hui je ne verrai qu’un livreur et mon but n’est pas de le charmer ; C’est pour cela que je vais m’habiller « en affreuse », bien confortable, bien à l’aise dans mes vêtements mous, doux et distendus !
Certaines filles ne peuvent pas s’habiller « en affreuses », il faut qu’elles soient « au top » de l’aube au crépuscule, comme si elles s’attendaient à voir surgir le prince charmant à tout moment, un bouquet de lys à la main… il se prosternerait à leurs pieds en disant : « Comme vous êtes belle, Madame. » Ça, ce sont les vrais jolies, les vraies coquettes, celles qui se lèvent avant leur mari pour se maquiller en cachette et qui se recouchent toutes pomponnées pour faire croire que leur teint de rose au réveil est naturel ! Celles qui se couchent après leur mari pour retirer leurs lentilles bleues et dissimuler à la face du monde que leur vraie pupille est marron ! Celles qui ne connaissent pas les charentaises et qui souffrent sur des talons-aiguille de quinze centimètres, même à la maison, malgré le racornissement de leurs orteils martyrs et les insultes de leur voisine du dessous (qui elle, est une affreuse à plein temps !)

Ce matin, c’est décidé, je m’habille « en affreuse » et si le livreur ne peut réprimer une grimace de dégoût en me voyant, tant pis, il aura peut-être plus de chance avec sa prochaine cliente !

MH

Petite questionnette: Et vous, prenez-vous parfois, plaisir à vous habiller « en affreuse » (ou « en affreux ») ???

Un métier d’avenir

zhu-liang-772687-unsplash©Zhu Liang

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo de Zhu Liang dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 321.

Devinerez-vous mon métier ? Je passe ma vie dans les centres commerciaux, et les escalators, tête baissée, allure servile, toujours pressée, je suis….Je suis… Accomodrice de shopping.

L’accomodrice de shopping suivra Madame dans tous les déplacements liés à l’ébullition de sa carte bleue. Telle une ombre attentive, elle l’accompagnera dans ses déambulations citadines, faisant apparaitre :
• Petit paravent, tabouret et tasse de thé pour une pose réhydratation.
• Petit paravent et futon pour une micro-sieste.

• Petit paravent et pot de chambre quand Madame aura besoin de se soulager.

L’accomodrice de shopping assistera Madame lors de ses essayages : si cette dernière choisit une robe boudinante, elle sortira son miroir perfectionnant pour redonner à la silhouette de sa patronne, sveltesse et élasticité.
Si le cuir de la chaussure neuve est trop dur, elle le mastiquera pendant quelques minutes pour épargner toute souffrance aux orteils de Madame.
Si, au hasard d’une rue, Madame rencontre une amie accompagnée de son mari, l’accomodrice de shopping actionnera son décodeur de gaffes pour lui éviter de dire : « Depuis quand sors-tu sans ton amant ?! »
Au rayon alimentation, l’accomodrice de shopping indiquera à Madame les denrées les plus appropriées au dégonflage de la bedaine de Monsieur.
Et si le shopping de Madame prend plus de temps que prévu, l’accomodrice de shopping mettra son retardateur de minutes en marche pour lui permettre d’être à la maison avant l’heure du dîner.

Diplômes requis :
• Brevet de diététique et de pré mâchage.
• Double licence de servilité et de divination
• Master en flatterie
• Maîtrise du temps

Vous aussi vous vous sentez l’âme d’une accomodrice (ou d’un accomodeur !) de shopping ? Alors postulez sans attendre, cette filière n’est pas bouchée !

MH

Le Père Noël et le gilet jaune

dig

Un grand merci à Soene pour cette photo !!

24 décembre, cinq heures du matin : Le Père Noël, encore en pyjama, regarde sa penderie l’air dubitatif. La Mère Noël, encore au lit, l’observe.

Père Noël : Toujours cette tenue rouge et blanche… dis donc, Mère Noël, tu ne pourrais pas me tailler un nouveau costume ? J’ai besoin de changement, moi ! J’ai envie d’être à la mode pour une fois !

Mère Noël : A la mode !? Mais quelle mode ? Tu travailles dans presque tous les pays du monde ! Les tendances sont différentes partout !

PN : Alors, tant qu’à faire, je choisirais bien le modèle français, Paris n’est-elle pas la capitale de la haute couture et du bon goût ?

MN : D’accord ! Je vais te tailler un habit en nylon jaune !

PN : En nylon jaune ? Je suis cocu ou quoi ? Ne me dis pas que tu revois le Père Fouettard!

MN : Mais non, rassure-toi … C’est juste que le nylon jaune est en vogue cet hiver en France.

PN : Et tu crois que ça va m’aller au teint ?

MN : Bah, faut savoir ce que tu veux mon vieux ! En ce moment la France entière est jaune fluo !

PN : Ah bon ??

MN commençant son travail de couture : Et oui ! Les mannequins défilent depuis trois semaines sur tous les ronds-points du pays et le Président Macron les apprécie tellement qu’il a décidé de leur offrir un cadeau d’une valeur de cent euros à chacun ! Il se prend un peu pour toi le jeune Emmanuel !

PN : Je n’étais pas au courant !

MN : Evidemment, tu ne prends jamais le temps de regarder les informations !

PN : Mais, ce Macron… il essaie de me piquer mon job ou quoi, à faire des cadeaux comme ça au mois de décembre ?!

MN : C’est peut-être bien ça ! Il en a assez d’être président et il veut se reconvertir !

PN : Pas question qu’il me mette au chômage ce petit opportuniste !

MN : Ecoute, si tu n’es pas content, dépêche-toi d’enfiler ton gilet et ton bonnet jaunes et va défiler sur les Champs-Élysées avec les français !!

Obsession végétale

verre de rosé sur haie

 

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Mon obsession têtue, inusable, c’est ma haie. Elle a bientôt quarante ans, la moitié de mon âge…
Ils veulent tous que je la coupe, que je la taille. Eh bien, non ! Moi, je l’aime comme elle est : large, haute, énorme, touffue et mal peignée. Elle empêche les voitures de se garer dans le jardin, tant mieux ! Elle pique ceux qui s’approchent trop d’elle, tant mieux ! Elle recouvre le banc de pierre, tant mieux, il est laid et de toute façon personne ne s’y assoit.
Le dernier jour des vacances, ma fille et mon gendre ont convoqué le tailleur de haies : un immonde bonhomme, style bourreau avec des mains d’assassin. Ils ont parlementé des heures, mes enfants et lui ; ils faisaient tous les trois de grands gestes agressifs en direction de ma pauvre haie et puis, ils m’ont appelée, ils m’ont servi un petit verre de rosé et ils m’ont dit : Maman, en octobre, on va faire une coupe sévère, ça lui redonnera de la vigueur à ta haie, et puis quand tu reviendras, l’été prochain, tu ne t’apercevras même pas qu’elle a été taillée. 
Alors moi, j’ai dit d’accord pour faire plaisir et puis aussi parce que le tueur me faisait très peur avec ses grosses paluches pleines de poils.
Le 28 aout, on a quitté la maison de vacances et ma haie. On est rentrés à Paris.
Dès le 29, j’ai commencé à faire cet horrible cauchemar : je voyais le monstre, tronçonneuse en main, s’approcher de ma pauvre haie, un rictus démoniaque sur les lèvres.
Pendant tout le mois de septembre, chaque nuit ce rêve revenait, et ça finissait toujours pareil, je me réveillais transpirante en hurlant : Pitié, pitié pour ma pauvre haie !
Chaque après-midi de ce mois-là, j’allais chez mes enfants prendre le thé et avant chaque première gorgée de Darjeeling, je leur rappelais le sinistre décompte :  Quand je pense à ma pauvre haie qui sera décapitée dans 30 jours….29 jours…28 jours…27 jours… 
La veille de l’assassinat, ma fille a fini par craquer :  C’est bon, maman, j’ai appelé le jardinier ce matin pour tout annuler !  Moi, je lui ai répondu :  Ah bon ? Mais il ne fallait pas, je m’étais habituée à l’idée … 
Aujourd’hui, c’est le premier juillet, je bois un verre de rosé bien frais sur la terrasse ; je suis aux premières loges pour admirer ma haie. Ma belle, ma grosse, ma somptueuse haie non taillée. Certaines de ses branches pointent au-dessus de son corps robuste comme des cheveux hirsutes ; les moineaux s’y balancent puis se cachent pour nicher dans sa verte épaisseur.
Tiens ! Mes enfants remontent de la plage ; je les distingue à peine derrière ma chère haie, mais je reconnais le haut du crane déplumé de mon gendre… Les voilà qui me rejoignent pour prendre un verre et déjeuner ! Alors moi, pour leur couper l’appétit je leur dis :  N’est-ce pas qu’elle est belle, ma haie ! 
MH

Petite questionnette: Et vous, préférez-vous les jardins à l’anglaise ou à la française ?

Test à faire sur la plage entre copines: QUEL TYPE D’AMIE ETES VOUS ??

holiday-1474376_1920

 

A/ Votre amie vous dit : « Cette robe te va atrocement mal, si je te dis ça c’est pour ton bien, pour que tu ne te ridiculises pas en public! »
*1/ Vous la remerciez chaleureusement pour sa sincérité.
$2/ Vous lui jetez la robe à la figure.
µ3/ Vous lui envoyez un pain dans la tronche.

B / Votre amie vous présente son beau petit copain, ainsi que le camarade de celui-ci, un gros rougeaud boutonneux.
*1/ Vous la remerciez d’avoir pensé à vous et embrassez à pleine bouche le copain boutonneux pour faire plaisir à votre amie.
$2/ Vous draguez le beau et conseillez à votre amie d’essayer le moche pour varier les plaisirs.
µ3/ Vous allez chercher votre copine gay pour qu’elle drague votre amie et qu’ainsi vous récupériez le beau et le moche.

C/ Votre amie ne sait pas nager, elle est entrain de se noyer dans une grosse vague.
*1/ Vous la sauvez
$2/ Vous récupérez sa gourmette en or et laissez votre amie couler
µ3/ Vous laissez votre amie se noyer et vous retournez sur le sable chaud pour dire à son petit copain : « Enfin seuls … »

D/ Votre amie vous traite de « pouffiasse » à cause de votre nouvelle mini-jupe
*1/ Vous lui dites : « Tu as raison je le mérite… »
$2/ Pour son anniversaire vous lui offrez la même mini-jupe
µ3/ Vous lui crachez à la figure mais vous changez quand même de look car en fait, elle n’avait pas tout à fait tort…

E/ Votre amie accouche du plus vilain des bébés, poilu, criard et écarlate, vous lui dites :
*1/ Qu’est-ce qu’il ressemble au facteur !!
$2/ Qu’est-ce qu’il ressemble à ton mari !!
µ3/ Qu’est-ce qu’il te ressemble !!

F/ Votre amie n’a pas eu le temps de se faire épiler ; sur la plage tout le monde regarde la toison épaisse sur ses cuisses et ses mollets. Vous lui dites :
*1/ Je te prête mon paréo si tu veux.
$2/ Tu n’as pas un peu chaud avec tout ça ?
µ3/ La nouvelle mode « yéti » te va à merveille !

G/ Votre amie est en pleurs, son petit copain vient de la larguer
*1/ Vous lui proposez un petit restau pour la consoler.
$2/ Vous lui dites qu’il a déjà beaucoup de mérite de l’avoir supportée plus d’une semaine.
µ3/ Vous lui demandez le 06 de son petit copain pour tenter votre chance.

H/Votre amie vous dit que si elle ne vous avait pas connue, elle se demande ce qu’elle ferait aujourd’hui.
*1/ Vous lui répondez : « Moi pareil » et vous lui offrez une coupe de champagne dans un bar branché.
$2/ Vous lui répondez : « Moi pareil » et lui demandez de vous offrir la jolie robe rose dans la vitrine.
µ3/ Vous lui répondez : « Et bien moi, si je ne t’avais pas rencontrée, qu’est-ce que je serais tranquille !! »

RESULTATS :
Vous avez un maximum de µ : Celle qui est votre amie a de la chance, votre amitié est indéfectible. Bravo pour votre âme vertueuse !
Vous avez un maximum de $ : Votre amitié est parfois intéressée. Vous pouvez être distrayante pour votre amie mais celle-ci devra rester vigilante.
Vous avez un maximum de * : Votre amie est en fait votre pire ennemie. Etes-vous sûre de vouloir une amie pour autre chose que de profiter d’elle ?!?!

Avertissement : les résultats sont truqués.

MH

 

Le ba chat lauréat

IMAG1170

 

Passer le bac, pour un chat
Cela ne se fait pas.
Pourtant, j’aurais tant de chose à dire, moi …
En sciences naturelles, je raconterais la vie des souris,
Et leur mort aussi
A laquelle je contribue, parfois
Parce que la chaîne alimentaire dit que c’est comme ça
Sauf que moi, personne ne me mange
A part peut-être les chinois …
Heureusement, je n’en connais pas.
En philosophie, je disserterais sur l’attention
« Suffit-il d’observer pour connaître ? »
Moi je réponds : OUI ! Sans hésitation,
Toute la journée je fixe les mouches, les papillons
Et je sais toujours à quel moment
Ils vont se poser au plafond
Alors, je m’élance, pour attaquer
Et je les croque, sans hésiter !
A l’épreuve d’histoire, je parlerais des pharaons
De leur respect pour les chatons
Et de la déesse Bastet
Protectrice et secrète.
Les mathématiques, la physique, je n’en aurais pas
Je suis littéraire, ça ne se voit pas ?
Pour l’oral de langue, je donne la mienne
Au chat du voisin qui s’appelle Etienne,
Il est amoureux de moi !
Pour finir ce texte, je dirais que moi, Grisette
Je suis fin prête
Pour le ba chat lauréat
Alors dites-moi pourquoi
Je ne le passerais pas ??

MH et Grisette

 

La micheline fantastique

trains-1599524_1920

Dans le compartiment à l’ancienne d’une « micheline » démodée, six personnages sont contraints de cohabiter pendant plusieurs heures entre Royan et Niort.
. Louisia, quatre-vingts ans, un peu sourde, vêtue d’un survêtement rose bonbon et chaussée de baskets assorties
. Claudie, sa fille, soixante ans, style vieille demoiselle timide
. Sylvaine et Charles un couple bourgeois et guindé, la cinquantaine
. Leslie, une jeune fille de vingt ans bien dans sa peau
. Nono, un SDF cinquantenaire qui fait la sieste dans tous les trains régionaux avec sa bouteille de gros rouge

Il est midi dans la torpeur du petit compartiment bringuebalant.

Sylvaine : Charles, voulez-vous votre œuf dur ?
Charles : Oui, si vous avez pensé au sel …

Sylvaine fouille nerveusement dans un sac plastique en faisant beaucoup de bruit. Les ronflements de Nono deviennent irréguliers. Leslie lève le nez de son téléphone portable et sourit, amusée. Louisia se penche vers l’oreille de sa fille Claudie comme pour chuchoter, mais finit par hurler :

Louisia : MAIS QU’EST-CE QU’ELLE CHERCHE LA BONNE FEMME ?
Claudie : Chut maman ! Tu vas réveiller le monsieur
Nono émergeant : C’est pas la vieille qui m’a réveillé, c’est la bourgeoise avec son plastique !
Sylvaine : OH !
Charles : Non, mais, espèce de traîne la guêtre, comment osez-vous insulter ma femme ?!
Nono : j’l’insulte la pimbêche ?? (Puis, prenant Leslie à témoin) J’l’insulte parce que j’la traite de bourgeoise ? C’est quoi alors ? Une mendigote ?
Sylvaine : OH ! Quelle impudence !
Nono : QUOI?? En plus, elle dit que je pue, la bourgeoise !
Louisia : ça c’est pas faux !
Claudie : Maman !
Nono (jetant un regard incendiaire sur Louisia) : J’dis rien par respect pour votre grand âge, sinon …
Louisia : QUOI ? QU’EST-CE QU’IL A DIT LE PUTOIS, IL A PARLÉ DE MON AGE ?!
Claudie désespérée : Maman…
Leslie sortant promptement un petit bout de papier alu pour détendre l’atmosphère : Moi, j’en ai du sel, si vous voulez !
Sylvaine : Merci mademoiselle ! Heureusement qu’il reste des gens polis en ce bas monde…

Deux serviettes blanches brodées à leurs initiales posées sur les genoux, Charles et Sylvaine dégustent leurs œufs durs au sel.
Nono avale une bonne lampée de vin et se rendort aussitôt.
Claudie sort de son sac de voyage un hamburger pour Louisia et une salade composée pour elle-même.
Leslie assaisonne un cornet de frites avec le sel qui reste et picore tout en faisant des selfies.
Tout est redevenu calme dans le compartiment mais soudain, les freins de la micheline se mettent à crisser comme un millier de sacs plastique. Le train s’arrête brusquement faisant valser, œufs, salade, frites, hamburger et vin rouge en un bouquet des plus variés. Les six passagers poussent un cri à l’unisson. On entend des pas pressés dans le couloir et une voix autoritaire qui se rapproche :

Le contrôleur : Incident technique !
Louisia (comprenant de travers) : Un siphon tellurique ?!
Claudie exaspérée : MAMAN !
Le contrôleur : TOUT LE MOINDE DESCEND, ET VITE !

Paniqués, les passagers sortent à toute allure, à part Nono qui prend le temps de s’étirer et d’entonner une chanson de Jacques Brel en regardant Sylvaine et Charles se presser dans le couloir : LES BOURGEOIS C’EST COMME LES COCHONS …

………………………………………………………………………………

Au dessus des six personnages, le ciel n’a pas bougé mais tout le reste est différent. Le paysage familier d’Aquitaine s’est mué en une steppe aride. Le train a disparu ainsi que le contrôleur.
Au loin, se profile une silhouette étrange, vêtue d’une houppelande et d’un casque en écailles argentées. La silhouette progresse parmi les herbes sèches et les buissons épineux. Serrés les uns contre les autres, Louisia, Claudie, Nono, Leslie, Charles et Sylvaine ne peuvent détacher leur regard de ce personnage surnaturel. Une fois à leur hauteur, celui-ci s’arrête et fixe chacun des six humains de ses yeux de métal avant de prendre Leslie par la main. La jeune fille, nullement effrayée, sourit sous le regard médusé de ses compagnons de voyage.
Tout à coup, une soucoupe volante fend le ciel pour se poser au pied du groupe. L’extraterrestre et Leslie montent à bord du vaisseau en agitant la main vers les autres en signe d’au revoir. L’engin disparaît aussi vite qu’il était venu et les cinq personnages restants se tiennent immobiles, pétrifiés.
Au bout de quelques instants, Nono prend enfin la parole :

Nono : Et si je vous offrais un verre, je crois qu’on a quelque chose à fêter !
Sylvaine : Vous voulez dire, le départ de la petite ?
Claudie : Elle avait l’air plutôt contente, non ?
Charles : Je crois même qu’on pourrait parler de fiançailles !
Louisia : Et d’un voyage de noces !
Claudie : Maman, c’est extraordinaire, tu ne comprends plus de travers !
Nono : Et moi, je ne boirai pas plus d’un verre !
Sylvaine : Bravo Nono, je vous adore, d’ailleurs j’aime tout le monde désormais !
Charles : Ma chérie, tu es merveilleuse. Plus d’œufs durs ni de sel, je t’invite au wagon-restaurant tous les jours !
Nono : Belle Claudie, dînerons-nous ensemble nous aussi ?
Claudie : Oh oui ! Si maman le permet …
Louisia : Bien sur, ma chérie, vis ta vie, moi, j’ai trois amants qui m’attendent à Paris !

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà rencontré des personnages singuliers dans l’intimité d’un compartiment ?

 

 

Incompatibilité

ech

 

Mon imprimante déteste mon ordi
Pourtant, ils sont liés par un câble de vie,
Un vrai cordon ombilical
Mais ils ne peuvent se supporter.
Je ne sais qui des deux a entamé les hostilités
Mais à chaque fois que mon ordi lui demande de travailler,
Cette garce d’imprimante répond : « Bourrage de papier ! »
Ou bien, elle sort une page d’alignement au lieu du bon document.
Mon pauvre ordi lui dit : « C’est quoi ton but ? Dépenser un maximum d’encre
Ou me retarder dans mon boulot pour qu’on me gronde et qu’on me débranche…
Et elle répond invariablement : « Echec align, bourrage de papier »
En d’autres mots … « Va ch… ! »
Mais elle reste polie cette saleté,
Sûrement pour ne pas en rajouter…
Pour éviter qu’on ne la balance du haut du balcon,
Sur quelque malheureux passant innocent.

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà piqué des crises avec votre matériel de bureau?