Adélie, Maxence et Cédric

gars sur velo haut

 

Consigne : écrire un texte inspiré par cette photo et dans lequel figureront obligatoirement les mots : Ignorance, choucroute, extraordinaire, bateau, livre et journal.

Maxence aime Adélie la meilleure cuisinière de choucroute du village. Il voudrait la promener en bateau sur le lac en lui lisant des livres extraordinaires, puis l’épouser et voir les bans publiés dans le journal. Mais elle est enfermée dans sa chambre par ses détestables parents dont la méchanceté n’a d’égale que l’ignorance. Ce samedi-là, Maxence et Adélie se parlent au téléphone…

 A- Mais comment tu vas faire ?

M- Je frapperai à la porte, la belle affaire !

A- Mais mon père, il ne t’ouvrira pas, je te l’ai déjà dit, il ne t’aime pas…

M- Et ta mère, qu’est-ce qu’elle en pense ?

A- Elle pense : drôle de tête, ce Maxence …

M- Et ton frère Dédé, il pourrait pas m’aider ?

A- Il te déteste, il dit : Maxence c’est comme la peste !

M- Et si c’est toi, qui descendais ?

A- Pas possible, je suis enfermée !

M- Pauvre chérie, pauvre Adélie …

A- Pauvre Maxence, on n’a pas d’chance

M- J’ai un copain, Cédric, il fait du cirque, il est fort !

A- J’ai une copine Justine qui tapine…et alors ?

M- Il fait son numéro sur un drôle de vélo

A- Et à quoi ça nous avance, Maxence ?

M- C’est un monocycle très excentrique ! La roue, mini, le châssis, maxi !

A- Et alors, pourquoi ce folklore ?

M- S’il me le prêtait, on pourrait s’embrasser !

Le lendemain …

 C- Toc toc toc, ouvre ta vitre, Brigitte !

A- Euh…moi, c’est Adélie, et toi t’es qui ?

C- Cédric, le magnifique

A- Mais il est où Maxence ?

C- Dans le fossé, il était pas très doué

A- Il est tombé ? Tu l’as pas ramassé ?

C- J’ai préféré le remplacer ! T’es très jolie, il me l’avait bien dit…

A- T’es pas mal non plus, approche un peu plus !

MH

 

Gaston et Titine sont sur un bateau

 

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Le texte court ci-dessous m’a été inspiré par cette photo de Sean Thoman dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 361.

 

– Mais tu es d’un plat, mon pauvre Gaston… Plat comme la surface de l’eau, plat comme un roman raté, plat comme les cheveux de ta mère, plat comme un plat à tarte, et moi je suis trop tarte de rester avec toi !
– Mais… Titine…
– Il n’y a pas de « mais » Monsieur Plat ! Tiens, je vais t’appeler comme ça maintenant ! ça ne sera pas plus tarte que Gaston après tout !
– Mais… Titine, je t’ai emmenée en bateau, le ciel est bleu, la météo est parfaite, pourquoi es-tu si méchante ?
– « En bateau » ah oui, c’est le cas de le dire ! Pour me séduire, tu as demandé à ton cousin Placide d’écrire un poème et tu m’as fait croire qu’il était de toi ! Espèce de plagiat!
– Mais… Titine, c’est parce que je t’aimais, moi …
– Et la bague de fiançailles, une bague en plastoc ! T’aurais pas pu faire un effort, non !?
– J’étais pas très riche à l’époque, tu sais bien …
– Un plâtrier …Comment ai-je pu épouser un plâtrier … J’aurais dû me douter que ce n’était pas avec un emplâtré comme toi que je serais montée au plafond, moi ! N’est-ce pas Monsieur Plat ??
– Oh, Titine tu es trop dure avec moi !
– Ah bon ? Je suis trop dure ? Et bien toi tu es trop mou ! Mou et plat comme un vieux placenta !
– Titine, si tu me plaques je me jette à l’eau !
– Eh bien plonge, vas-y plonge, mais surtout, pour une fois…évite de faire un plat !

MH

Maria, Rosalie et leurs divagalogues

yada-yada-1432923_1920J’ai imaginé ce texte dans le cadre de l’atelier « Agenda ironique de novembre » Il s’agissait de créer sa propre rencontre autour d’un café comprenant des « mots-valises » et des bouts de dialogues inventés par tous les membres du groupe.
Maria et Rosalie, deux amies de longue date, viennent de finir leur cours de zumbaboum. Elles se détendent près de la machine à cafthé du club de remise en norme…

Maria : Tu te débroudanses vachement bien, toi dis donc !

Rosalie : Tu n’imagines même pas la pinguouination qu’il a fallu déployer pour en arriver là !

Maria : Et notre coach, quel punch elle a !

Rosalie : Elle est dotée d’une polimalie à toute épreuve ! Hé, regarde ce petit malingre qui fait de la gonflette. On voit qu’il n’est pas beaucoup rentré dans la cabine de bronzage !

Maria: En effet, un vrai gymnasticot !

Rosalie : Comment aimes-tu les hommes, toi, Maria ?

Maria : Résolument abomifreux, ce sont de loin les plus séduisants !

Rosalie : Holala, regarde ce petit ver existancié qui tire les artificelles de ses neurones !

Maria : Ridicule ! Je ne l’ai pas trouvé dans mon agengouin celui là ! On peut dire que Creaginaire est de retour !!

Rosalie : Je dirais plutôt, quinquagénaire !!!

Des ecriames se font entendre non loin.

Maria : Tu entends ce grondement sourd ?

Rosalie : C’est le cri de balument des martinets bleus au-dessus d’un nid de roudoudous à poil roux.

Maria : Ah ! Ceux qui font du body pump à poil dans la saldenbas !

Rosalie : Elle enchanquise fort, la dame d’à côté, non ?

Maria : Oui, mais pas pire que Charonne !

Rosalie : Ah oui ! Cette femme américaine qui sentait mauvais comme un animal tué sur la route !

Maria : Exactement ! Eh bien tu connais pas la dernière… à la mi-mois, nous nous sommes retrouvées pour ce délibule délire de club d’éléphantastique. Il s’agit de sauter à l’élastique à dos d’éléphant fantasque.

Rosalie : Ah ouais ?! Tu as revu Charonne là-bas? Encore une histoire qui se veut drolatour ?

Maria : Bof… elle est enceinte ! Et tu sais pas de qui ?

Rosalie : Non ?!

Maria : De mon mari !!! Ce saperlipopard a osé me dire : Nous passons des moments mergnifiques elle et moi…

Rosalie : Calculot !

Maria : Moi, pour me venger je lui ai dit que tous les bébés sont des tartuffoliques : on croit qu’ils sourient quand ils ont mal au ventre. Et surtout les bébéfilles !

Rosalie : Bien fait !

Maria : Cette folle de Charonne, elle veut appeler sa petite Jumeleine !

Rosalie: Elle n’a pas peur que ça lui fasse pousser des dents de cheval ?

Elles rient de bon cœur

Maria : Hier soir, j’ai demandé à mon mari, Qu’est-ce que tu vas m’offrir de beau pour Fatalimace ? Pour Fatalimace tu auras des poux, qu’il m’a répondu le salichien ! Alors moi je lui ai dit, Demain la saison de la couettivité débute ! Les femmes peuvent inviter tous les hommes qu’elles veulent sous la couette matrimoniale !
Rosalie : Houlahoups ! Et vous en êtes venus aux mains ?
Maria : Non… Après un rapide chocile nous décidâmes de remettre à plus tard la suite de nos tractations. Mais l’infidélité de mon époux me fait douter de mon pouvoir de séduction, Ô miroir, miroir. Dis-moi, suis-je le plus mirififique de tous les miroirs ?
Rosalie : Mais ne t’en fais donc pas, mon amie, tu es toujours la plus mirififique, tu es juste mariée à un gougeât et heureusement, d’autres y mettraient plein de délicaristique et te réciteraient des chanpoèmes à longueur de journée. Et puis… padomme, c’est pas la mort non plus !

Maria : C’est vrai, en espérant que notre insolitude ne se remarquera pas trop, si on sortait un peu, l’air frais nous fera du bien.

Les deux amies marchent maintenant dans la rue.

Rosalie : Holala, comme c’est amipluqué : les mots gèlent sitôt dans l’air brumageux, et si vite qu’ils se collent à leurs voisins !

Maria : Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud !

MH

Rendez-vous décoiffant chez le coiffeur

 

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Une dame patiente sous le casque chauffant d’un salon démodé. Le coiffeur s’agite sans cesse des bacs aux fauteuils pivotants et de l’arrière boutique à la caisse enregistreuse. Il dégaine tour à tour ses ciseaux et son peigne, coiffant des personnages imaginaires sans jamais revenir vers sa seule vraie cliente. Mais tout à coup, elle l’interpelle :

– Excusez moi, mais …vais-je attendre sous ce casque de façon permanente ?
– Qui sait ? Cela dépendra de votre indéfrisable… à moins que vous ne préfériez une simple mini vague ?
– Une mini vague… une minivague… comme en mer méditerranée ?
– Ou de gros rouleaux comme sur l’Atlantique, c’est comme vous désirez …
– Ce que je désire, je l’ignore… mais ce qui me défrise c’est l’attente, il est presque midi à votre tondeuse et je rêve d’un Big Mac
– Désolé, mais nous n’avons que des bigoudis…
– Avec quelques mèches poivre et sel arrosées d’un shampoing à la kératine, ça serait parfait !
– Vos délires sont des ordres, Madame !

Le coiffeur disparaît dans son arrière-boutique et en revient presque aussitôt avec l’extravagant menu servi sur un plateau d’argent. La cliente déguste.

– Parfaitement réussi, vous avez un sacré coup de peigne !
– J’avoue que je n’ai pas volé mon épingle au guide mi-cheveux.
– Et pour la coupe, comment la souhaitez-vous ? Au carré, dégradée, asymétrique,     effilée ?
– Inutile de couper les cheveux en quatre, rasez tout !
– Que je rase ?? Quel toupet vous avez ! Vous êtes absolument ébouriffante !

Le coiffeur plein d’admiration pour l’excentricité de sa cliente la tond avec enthousiasme. Puis il file dans son arrière-boutique et en revient avec un appareil photo

– Chère madame, permettez que je vous fige sur la pellicule, c’est pour le book du salon…
– Entendu ! Mais, frictionnez d’abord mon désert capillaire avec une bonne lotion ! Les boucs aiment les femelles brillantes !
– Avec plaisir ! (Le coiffeur se met à frotter vigoureusement le crâne de sa cliente avec une lotion à l’ortie) Jamais cuir tondu n’aura été aussi luisant !

Une fois la photo prise, il est temps de passer en caisse.

– Cela vous fera un total de 150 moumoutes.
– 150 moumoutes !!! Eh bien vous pouvez toujours vous brosser pour que je paye une somme pareille !
– C’est le tarif chez Coupe tif, Madame !
– Vous savez qu’à Versailles la coupe était gratuite en 1789…
– J’ai entendu dire, oui …Mais nous sommes en l’an 2000 …
– En plus, à l’époque, ils faisaient du « deux en un » avec la nuque, ils étaient un peu moins regardants que vous aujourd’hui !
– Les temps changent ma bonne dame, d’un simple balayage…Mais ne nous crêpons pas le chignon d’avantage, je vous applique une remise en plis de 20 moumoutes en mémoire de l’époque des perruques !

MH