Mise au point

«  Oh oui, tu es beau, tu es beau mon Rhett, qu’est ce que tu es beau ! En même temps, c’est pour ça que je t’ai choisi parce que, dans ta caboche, y a pas grand-chose …Même pas fichu de te trouver un job correct ! Sois beau et tais toi, c’est ça. Alors que moi je bosse, je trime, je fais tout ce que je peux pour équilibrer le budget familial. Et oui, Monsieur ! Même que les double-rideaux, là, derrière nous, je vais pas tarder à m’en faire une robe puisque Monsieur le fainéant looser n’est pas capable de m’en offrir une ! Bon, c’est vrai, t’es beau ! Je vous trouve très beau comme dit un autre film. Avec tes cheveux gominés et ta petite moustache bien taillée qui souligne ton sourire enjôleur, tu es une merveille, rien à redire sur ton physique…Mais sur tes actes … Tu as congédié la femme de ménage ! Trop chère, tu as dit ! Bé oui, on n’a pas d’esclaves, nous, on n’est pas comme ça, nous ! On les paye nos gens de maison ! Sauf que là, on peut plus…parce que Monsieur le dandy bellâtre préfère le glandouillage au travail ! Et qui c’est qui va faire la boniche maintenant ?? C’est moi ! Oui, oui, tu peux me regarder avec tes petites fossettes craquantes et tes yeux veloutés ; tu veux me faire le coup du baiser langoureux ? C’est pour ça que tu as fermé les persiennes ?  Tu crois que je vais encore craquer et te pardonner ? Mais … Qu’est-ce que je vois ? Là sur ton nez ? Ma parole, mais c’est un bouton ! Un vilain furoncle, même ! Et ton oreille droite …Elle est dégoûtante ! Ne me dis pas qu’on a même plus de quoi s’acheter des coton-tige !

Bon, Rhett, je suis désolée mais tu ne me fais plus du tout rêver ! Je te quitte et je vais tenter pour la énième fois de récupérer Ashley ! »

Pierre et Griet

EQUESTRE

Perle jeune

 

Consigne : Ecrire un texte complètement libre et volontiers farfelu en vous inspirant des deux tableaux ci-dessus.

Moi, Pierre le magnifique, le plus bel homme de France, je m’en vais marier Griet la plus belle femme de Hollande. Signe distinctif, elle porte une perle à l’oreille gauche et elle en aura une autre à la droite quand j’aurai fait d’elle mon épouse. Car non seulement je suis beau, mais je suis riche ! Voyez mon fier destrier et aussi, tous ces jeunes noblaillons qui se pressent autour de moi et m’assistent.
Jupiter, mon cheval, s’est fait faire des anglaises par Jacquou des Songes le célèbre barbier de Paris, le même qui a frisé ma somptueuse chevelure d’ébène. Bientôt, celle-ci se mêlera aux boucles de ma promise sur un oreiller rebrodé… Au fait, je ne connais pas la couleur de ses cheveux, elle les dissimule toujours sous un ridicule fichu bleu et jaune, mais si j’en juge par ses sourcils, elle doit être rousse. Belle promesse d’un tempérament de feu !
Le temps est fort nuageux pour mon départ et je crains la pluie sur mon couvre-chef et sur mes nobles atours, je ne voudrais point arriver enlaidi aux Bas Pays. Heureusement, Gonzague et Gontran m’abritent sous des parapluies-soleil, instruments astucieux et incontournables pour protéger un homme de qualité des caprices météorologiques. L’ennui, c’est que je ne pourrai aller au galop… Gonzague et Gontran ne suivraient pas;  il faudra donc que je me contente du trot, ainsi, ils pourront courir près de moi sur leurs jambes de grelets. Le coté fâcheux de l’affaire, c’est que je vais mettre vingt heures au lieu de dix pour rejoindre ma tendre et douce… Mais, comme disait mon aïeul le Marquis : Il y a toujours un côté qui trempe et un côté qui détrempe ! Ah ah ah, voilà un adage qui s’applique merveilleusement à ma situation actuelle !
Et pour le reste de mes gens, que vais-je donc en faire ? Caracoleront-ils derrière nous en portant mes malles ? Oui, c’est le plus raisonnable… de sorte que si Gonzague et Gontran venaient à faiblir, je les remplacerais illico par des valets tout frais, Anselme et Tancrède par exemple… puisque ces deux-là sont inséparables…
Quand enfin j’arriverai au logis de ma promise, je l’allongerai sur un lit de pétales et nous ferons ce que vous imaginez, pour essaimer nos deux contrées des perles de notre union.

MH

Un dîner soigné

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J’attends, j’attends toute droite sur mon canapé en regardant les trombes d’eau qui tombent au dehors… si les invités sont à l’heure, ils devraient être là dans moins de dix minutes.
Rho ! Grisette a encore fait ses griffes sur les accoudoirs …Est-ce que j’ai le temps d’arranger ça avant leur arrivée ? Vite, je me précipite à la cuisine, reviens avec la cire et le chiffon et me mets à frotter le cuir de toutes mes forces. Ouf ! Ça ne se voit plus.
Mon Dieu ! J’ai oublié d’allumer les petites boules bleues qui donnent une si jolie lumière dans le salon ; oui, mais si je le fais trop tôt, les piles ne tiendront pas toute la soirée… tant pis, j’attends le premier coup de sonnette pour le faire ; mais si j’oublie ? Vite, je programme une alarme sur mon portable pour y penser, mais à quelle heure ? Grande question : marqueront-ils le quart d’heure de politesse ? Les Michard sûrement, ils sont très bien élevés, trop même… Mais les Ferchaud ? Sûrement pas, ce sont des rustres, surtout lui…
Aie ! Le portrait de Bonne Maman est de guingois ! Il faut dire que de son vivant, elle me regardait souvent de travers, si ça se trouve c’est son fantôme qui bouge le tableau… Allez, j’ose, je vais lui tenir tête et la remettre comme il faut ; horreur ! Son cadre doré est plein de poussière ; Sûr que le Colonel Ferchaud va le remarquer ! Chaque fois qu’il vient, celui-là, on dirait que c’est pour faire une revue de casernement ! Vite, un petit coup de plumeau et je me sentirai soulagée comme un petit soldat qui a bien fait son lit au carré.
Pourvu que personne ne m’apporte de bouquet… je n’ai qu’un vase et il est déjà occupé par mes superbes fleurs artificielles qui ont plus de trente ans ; Et puis, quel stress d’être obligée d’aller couper des tiges et d’arranger des fleurs dans la cuisine, au milieu des hors d’œuvres qui patientent et des plats qui mijotent. Ils savent bien que je préfère une boite de chocolats noirs ou une bouteille de vin rouge depuis le temps, non ?
Vingt heures quinze, le quart d’heure de politesse est passé et toujours personne ! Même pas ce goujat de Colonel Ferchaud et sa Bernadette.
Bon, je fais quoi, moi ? Un petit contrôle dans la glace ; je pense avoir mis la robe idéale, ni trop voyante, ni trop classique ; Oups, mon décolleté…si je me penche trop en servant le soufflé au fromage, la Bernadette va encore jaser et peut-être même frapper son Colonel de mari, s’il y jette une œillade. Et après tout, ça mettrait un peu d’ambiance !
Vingt heures vingt cinq… mais c’est dingue ça ! Heureusement que je n’avais pas allumé mes boules bleues à vingt heures, quelle économie d’énergie ! Greta Thunberg serait fière de moi.
Mais je n’en reviens pas, aucun message d’excuse sur mon portable, c’est vraiment étonnant, surtout de la part des Michard qui sont des gens ennuyeux, certes, mais polis, eux !
Je vérifie mon mail d’invitation, si ça se trouve, j’ai oublié de donner le code de la résidence, peut-être sont-ils tous les quatre sous un seul parapluie à tenter mille combinaisons comme une bande de malfrats devant un coffre-fort.

Dîner entre amis samedi 15 mars, vingt heures, code grille 7845B
Je me réjouis d’avance de vous revoir.

Samedi 15 mars ?! Mais nous ne sommes que le 15 février ! Quelle bécasse, quelle andouille, quelle tarte ! Mi vexée, mi riante, je me précipite dans ma chambre et retire avec plaisir ma robe aguichante, mes bas de soie et mes escarpins trop raides. Avec délectation, j’enfile mon pyjama en pilou et mes charentaises à carreaux. De retour dans le salon, j’allume mes petites lumières bleues rien que pour moi et me tape trois verres de punch coco cul sec.
Comme on est bien dans une maison toute rangée, avec une table joliment décorée, un dîner soigneusement préparé, sans les Ferchaud pour vous critiquer, ni les Michard pour vous donner envie de mourir avec leur conversation assommante !
– Oui, ma petite Grisette, tu peux t’asseoir à coté de moi, tu auras même droit à une belle part de foie gras si tu me promets de ne plus gratter les accoudoirs du canapé !
Je déchire mon plan de table avec une jouissance extrême, m’installe à la place du Colonel et commence à m’empiffrer à même le plat de soufflé au fromage retombé, sans même faire attention à garder ma bouche fermée !

Comme c’est curieux, le portrait de Bonne Maman s’est remis de travers…

MH

Dernière fricassée

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Voici donc mon ultime demeure, le panier d’un de ces satanés bipèdes… Si j’avais imaginé ça !
Avant cette cueillette fatale, je coulais une spongieuse vie sous le chêne avec mes semblables et aussi quelques cousines malfaisantes, les amanites phalloïdes et les tue-mouches (qui sont toutefois bien utiles pour débarrasser le secteur des insectes gênants) Ces vénéneuses ne sont jamais ramassées par l’homme ; il se garde bien d’y toucher… tandis que moi, le cèpe de Bordeaux, roi des champignons, j’ai été arraché à ma terre natale et kidnappé sans ménagement. Faut-il donc être toxique pour avoir le droit de vivre ? Sans me faire mousser, je pense avoir posé-là une grande question philosophique…
Le panier d’osier serait-il le dernier salon où l’on cause avant la fin ? Un peu comme le panier à salade pour les délinquants humains, sauf que nous, les cèpes, nous n’avons rien à nous reprocher ! Les châtaignes ont à peu près le même discours que moi, l’homme les ramasse à la pelle mais épargne les glands indigestes ; quelle injustice ! Ces diables à deux pieds ne pensent même pas à leurs cochons qui pourraient s’en régaler. Il faut dire qu’ils maltraitent encore plus leurs animaux que nous, les végétaux ; ça c’est le chêne qui me l’a dit et je lui tire mon chapeau pour sa maîtrise du renseignement : ses branches les plus hautes voient tout ce qui se passe dans la région et transmettent au tronc, qui, lui, fait passer les infos aux racines qui nous les communiquent à nous, le petit peuple de la mousse et des fossés. Ainsi, quand j’apprends des atrocités comme leur ardeur à couper les forêts ou à polluer les rivières, je me mets à transpirer de toutes mes spores, je tremble sur mon pied, et je finis par appeler mon ami l’hallucinogène pour me détendre un peu.
Cependant, aujourd’hui, je sais que ce n’est pas de la folie des hommes que je périrai, mais de leur insatiable gourmandise ! Cuit à vif comme leur Jeanne d’Arc ou écartelé comme leur Ravaillac, voilà ce qui m’attend. Alors, entouré de mes petits frères sacrifiés et des brunes châtaignes qui subiront à coup sûr un cruel dépeçage, je réciterai donc ma dernière prière :

Notre Bolet qui êtes au-dessus de la canopée
Que votre nom soit bien truffé
Que votre règne éclose
Que votre volonté soit faite dans les forêts comme dans les prés
Ne nous soumettez pas au bolet de Satan,
Priez pour nous pauvres comestibles
Maintenant et à l’heure de l’ultime fricassée.

MH

Plaintes et plinthes

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Texte court à partir de l’incipit : « Il y aura toujours quelqu’un pour repeindre les plinthes » Tiré du roman de Laurent Mauvignier : Apprendre à finir.

« Il y aura toujours quelqu’un pour repeindre les plinthes » disait le chef Mathieu. Mais pourquoi c’est toujours moi ? Un boulot ingrat, à genoux sur le plancher. J’ai mal au dos, j’ai mal aux jambes mais tout le monde s’en fiche ! Le chef, lui, il choisit toujours les murs, je dirais même le milieu des murs, pour que son bras n’ait pas à se tendre à plus de soixante centimètres au-dessus ni au-dessous de son coude ! Le trop haut il le fait faire par Gérard le géant et le trop bas par Basile de nabot. Finalement, il n’y a que moi, Pierrot, qui ai hérité d’un boulot contre nature ! Le chef, lui, il peint en chantant du Claude François à tue-tête, Gérard et Basile, ils font les Claudettes en se tortillant sur leurs immenses ou minuscules gambettes,  pinceaux et brosses à la main. Et moi, je geins… je me plains de mes plinthes ! Comment est-ce que je pourrais chanter, tout contorsionné que je suis ?
Il a de la chance de dominer, Gérard, et ça lui arrive de peindre des ciels étoilés au plafond même quand c’est pas prévu dans la contrat. Basile, lui, il fait des frises au ras de mes plinthes, c’est souvent le petit poucet qui émiette son pain, ou les sept nains qui rentrent du boulot, hé ho, hé ho…ça fait joli dans les chambres d’enfants, moins dans les salles à manger, mais les gens n’osent rien dire à cause de la petitesse de Basile.
Un jour, une belle cliente rousse a donné ses directives : Je veux que tout soit blanc, comme dans une clinique, blanc, propre et aseptisé, comme ça, si un jour je suis hospitalisée, je me sentirai comme à la maison ! Et puis, mes cheveux ressortiront bien sur le blanc, vous ne croyez pas ? Moi j’ai pas osé répondre, d’ailleurs je crois qu’elle nous avait même pas remarqués, Basile et moi, planqués derrière Gérard et lui non plus d’ailleurs, perché six têtes au-dessus d’elle. Elle n’avait vu que le chef Mathieu qui était devenu aussi rouge que les cheveux de la dame et avait bégayé : Voui, voui voui, Madame…, le nez dans les souliers. Moi, j’ l’avais jamais vu comme ça, d’habitude c’est un vrai chef qui crie ou qui chante, mais là… un pauvre souriceau.
Au fait, ça sert à quoi les plinthes ? C’est comme les queues des radis, ça sert à rien ! Et si elles n’existaient pas, les plinthes ? Si Basile, il passait le pinceau jusqu’au plancher, ce serait pas mieux ? Et puis ça lui donnerait de l’importance au petit ; la sensation d’être un grand qui finit bien tout son mur, lui qui a jamais réussi à finir sa soupe.
Ou alors… Si on les passait à l’as, les plinthes ? On laisserait le chef Mathieu en tête-à-tête avec la belle rousse et puis Gérard, Basile et moi on partirait à la pêche dans un joli coin de campagne où la nature a déjà peint le décor à notre place et où on n’aurait plus qu’à se tourner les pinceaux en attendant le poisson !

MH

Apollon et Vénus

 

Apolon et Venus

– Et non, je te le rendrai pas !
– S’il te plait, Apollon …
– Je le garde, nananère, tu l’auras pas, nanana !
– Mais j’ai l’air de quoi, moi, sans mon soutien gorge ?
– D’une fille qui fait du monokini, tout simplement.
– Mais, on n’est pas à la plage, là, on fait la déco d’un tombeau !
– Bé, justement, ça égaye un peu une femme nue sur un tombeau, tu trouves pas ?
– S’il te plait, rend le moi !
– Bon, d’accord Vénus mais à condition que tu me dises que j’ai de beaux muscles !
– Oui …T’es beau… Tout le monde le sait que t’es un beau gars musclé Apollon, et avec une belle tête bouclée en plus !
– Tiens !
– Mais c’est pas mon soutien-gorge, ça, c’est un bouquet de roses ….
– Bé oui, évidemment, j’aurais jamais osé te piquer ton soutif, moi !
– Mais alors, c’est qui qui me l’a chipé ??
– Réfléchis un peu, quand tu es allée te baigner à la rivière …
– Oui… ?
– Y avait pas Satyre dans le coin par hasard ??
– Peut-être bien que si, il est toujours planqué derrière les buissons celui-là, et avec ses pieds de bouc, on l’entend jamais arriver.
– Bon, bé à coup sûr, c’est lui. Mais, Vénus, tu en dis quoi de mon bouquet ?
– J’en dis qu’il est pas mal, et puis, j’aime bien les surprises, moi.
– Alors, tu veux bien m’épouser ?
– Ok, mais avant ça il va falloir que tu me payes une nouvelle garde-robe !

MH

Le pèlerinage de la discorde

Marinade d'histoires

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Un pèlerinage en famille, c’était la dernière idée de tata Huguette : ça va nous ressouder, Virginie. On se voit trop peu ces temps-ci, ce sera l’occasion de nous retrouver tous, dans l’effort, le partage et le dénuement, ça va être formidable ! On marchera de Lille à Saint Jacques, j’ai déjà réservé tous les gîtes.
Alors moi, je lui ai demandé ce qu’il fallait emporter.
Ton courage, ta brosse à dents, ta foi, deux culottes, trois paires de chaussettes, un tee-shirt de rechange, ton duvet et tes chaussures de marche, ça sera amplement suffisant!
Apres son coup de fil, je me suis assise devant ma coiffeuse et j’ai pleuré ; tous ces petits pots de vernis fluorescents, ces rouges à lèvres veloutés, ces crèmes ruineuses ne seraient donc pas du voyage …Et dans mon armoire, cette robe à fleurs vaporeuse, cette veste en soie turquoise et ces escarpins aux…

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La Grande

 

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Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo de Caroline Hernandez dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 347. Thématique interdite : l’enfance !!!!

Je suis petite ? Et alors ! C’est pour ça qu’il n’y en a pas dans mon ciboulot ! J’ai fait Sciences Po, moi, Madame, et une école de journalisme par là-dessus, et maintenant je travaille pour une grande chaîne d’infos. D’ailleurs, là, je cours, je me précipite, le Président va sortir par cette petite rue, c’est l’un de mes contacts à l’Elysée qui me l’a dit. Je me suis fait chic pour le rencontrer, le Président, une petite robe blanche c’est bien mieux qu’une petite robe noire, mais ça, les plus grandes que moi ne le savent pas, et c’est ce qui fait ma force dans la jungle du métier : mon originalité et mon instinct ; c’est pour ça qu’ils m’appellent « La Grande » et c’est bien vrai, ils ne m’arrivent pas à la cheville tous autant qu’ils sont. Qui c’est qui a surpris la Première Dame en train de s’acheter un petit haut à huit euros chez H&M ? C’est moi ! Qui c’est qui a coincé le Premier Ministre en train d’essayer de se teindre la barbe en bleu dans sa salle de bain ? C’est encore moi, et qui c’est qui a interviewé l’ex président assis sur son pèse personne et en pleurs à cause de sa prise de poids ? C’est toujours moi !
Alors vous qui me traitez de petite là, suivez-moi ! Oui, suivez-moi avec vos grandes jambes qui ne courent pas bien vite, et si je n’arrive pas à obtenir une diminution de 70% sur les impôts des français auprès du Président, là vous pourrez me traiter de minus !!

MH

Persuasion diabolique

jewelry-box-164134_1280– Il y aurait bien un moyen pour se payer des vélos neufs …
– Ah bon, tu penses à quoi ?
– Au collier de perles de grand-mère.
– Quoi, le collier de perles de grand-mère ?
– Bé, tu comprends pas ? On pourrait lui voler et le revendre au bijoutier.
– Quoi ??
– Mieux, TU pourrais le voler !
– Pourquoi moi ??
– Parce que tu es plus petit et plus adroit que moi ; tu te faufilerais dans sa chambre pendant qu’elle dort et tu le chiperais sur sa table de nuit. Moi je me charge de la revente.
– Mais … C’est mal …
– Mais non ! C’est pour son bien au contraire.
– Comment ça ?
– Tu as remarqué comme elle marche, de plus en plus penchée, on dirait qu’elle a une bosse… Bé, c’est à cause de ce satané collier, Il pèse beaucoup trop sur son vieux cou !
– Tu crois ? Mais pourquoi elle le met tous les jours alors ?
– Pour épater ses copines, pardi ! Parce que la femme du boucher a un diamant qui ressemble à une pyramide et que la boulangère a des boucles d’oreille tellement lourdes que ses lobes touchent ses épaules !! Alors grand-mère, pour avoir l’air aussi riche que les autres, elle se casse le cou avec son collier de perles, c’est tout.
– Tu crois ?
– Mais j’en suis sûr ! On lui rendrait un fier service en la débarrassant de ce truc, ça la ferait rajeunir de vingt ans, et tu pourrais même lui fabriquer un joli collier de nouilles à la place.
– Mais moi, j’ai peur, je préfèrerais que ce soit toi qui ailles dans sa chambre.
– Moi ? Mais tu es fou, je suis bien trop lourdaud et maladroit, je ferais forcement tomber quelque chose, alors elle se réveillerait et adieu les vélos neufs ! Tandis que toi, tu es souple et discret comme un chat, tu ne casses jamais rien, tu es une vraie perle et comme dit le proverbe, Qui est une perle mérite des perles !
– Qu’est-ce que c’est que ce proverbe ?
– C’est un proverbe très célèbre que tu devrais connaitre si tu apprenais un peu mieux tes leçons de morale !
– Quoi ?
– D’ailleurs, si tu ne m’obéis pas, je dirai à maman que tu ne fais pas tes devoirs !
– Mais …
– On ne discute pas ! C’est moi l’ainé ! Moi, je connais bien mes proverbes, je veux que grand-mère n’ait plus mal au cou, et toi tu es un sale paresseux égoïste qui veut que grand-mère souffre jusqu’à sa mort !
– D’accord, d’accord, je ferai tout ce que tu voudras …
– A la bonne heure !

MH