La voiture

Une chose est sûre

Je déteste la voiture

Je préfère aller à pied

Par les rues et les sentiers

Quand je ferme une portière

Je ressens toute la misère

D’un tigre coincé dans sa cage

Ou d’un mauvais aiguillage

Je n’aime pas ses ceintures

Raides comme la toile de bure

J’exècre ses odeurs

D‘essence et de sueur

J’abhorre sa vitesse

Son manque de délicatesse

Quand elle tourne dans un virage

Je me retrouve tout en nage

Quand elle double un gros camion

Je suis secouée de frissons

Pour qu’elle évite une belette

Je prie sur la banquette

Je ne suis au repos

Que lorsqu’on soulève son capot

Et qu’on découvre une grave panne

Qui la cloue dans la campagne

Alors je sors de l’habitacle

Et je vis un vrai miracle

L’herbe fraiche sous mes pieds

Je respire les châtaigniers

Mon corps se désengourdit

Mes jambes secouent leurs fourmis

J’irai donc en vacances en marchant

Même si cela me prend mille ans

Je compterai mes pas sur mon portable

Je défierai le raisonnable

Une chose est sûre

Je déteste la voiture !