Trois paires d’ailes



 

Le petit texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo de Karl Magnuson dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 400.

Depuis la maternelle, c’était ça : Fanny, Ludo et Cléa, les trois inséparables de la rue des Glycines. Hilares sur le tourniquet du square, bavards au fond de leurs classes de primaires, buissonniers au collège et assidus au lycée. Le jour des résultats du bac, Ils avaient scellé un pacte :

Fanny : – Si jamais on se perdait de vue…

Ludo : – Mais t’es dingue, ça peut pas arriver un truc pareil !

Cléa :- Non pas à nous !

Fanny : – Non mais si ça arrivait quand même, promettez-moi… on se retrouve le 30 juin de chaque année à l’heure du soleil couchant tout en haut de la colline des Herbus !

Ludo : – Ok !

Cléa : – D’accord, mais t’es parano, jamais on s’abandonnera !

Et puis, pour leurs vingt ans, en septembre 2001, il y avait eu leur voyage à New York, celui dont ils rêvaient depuis touts jeunes, les spectacles de Brodway pour Fanny, le charme de Brooklyn pour Ludo, les allées de Central Park pour Cléa et les Tours Jumelles pour tous et à jamais …

***

Fanny : – C’est vous les amis, c’est bien vous ?

Ludo : – Oui, on est le 30 juin !

Cléa : –  Et on est là, tous les trois en haut de la colline des Herbus !

Fanny : -Alors, c’est qui qui avait raison ??

Ludo et Cléa : Toi !!

Sur ces mots, trois paires d’ailes s’enlacèrent pour s’envoler au-dessus de la colline verte, du coucher de soleil orange et du ciel bleu.