L’Oiseau posé et l’Humain



Le  texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo de Zo Razafindramamba dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 384.
 

– Dis donc, l’Humain, tu voudrais bien faire comme eux, hein ? Voler dans les airs …

– Je ne peux rien te cacher, l’Oiseau posé… Et toi, pourquoi ne batifoles-tu pas dans le ciel avec tes pareils ?

– Parce que je parle avec toi, l’Humain, c’est plus confortable d’être à la même hauteur pour discuter, ne crois-tu pas ?

– Et quel intérêt trouves-tu à me faire la conversation ?

– Je t’occupe, je suis solidaire de ton « non envol »

– Mais pourquoi ? Qu’est-ce que tu me dois ?

– Rien, je le fais gratuitement, il n’y a que vous, les humains, qui avez toujours besoin d’une raison, d’un intérêt.

– Tu as pitié de moi, c’est ça ?

– Un peu oui… quand on vous observe de là-haut, coincés dans vos villes irrespirables avec vos morceaux de chiffons sur le nez et vos yeux tristes, oui vous êtes pitoyables les humains.

– Alors pourquoi on ne peut pas s’envoler, nous ? Echapper à nos tourments terrestres, faire comme vous, des rondes dans le ciel, au dessus des neiges éternelles…

– Parce que vous ne méritez pas ce bonheur, l’Humain, c’est tout …

– Alors envole-toi, l’Oiseau posé, ne demeure pas auprès de moi puisque je ne vaux rien !

– Je reste parce que j’ai encore un peu d’espoir, l’Humain, encore un peu d’espoir en toi.