Pierre et Griet

EQUESTRE

Perle jeune

 

Consigne : Ecrire un texte complètement libre et volontiers farfelu en vous inspirant des deux tableaux ci-dessus.

Moi, Pierre le magnifique, le plus bel homme de France, je m’en vais marier Griet la plus belle femme de Hollande. Signe distinctif, elle porte une perle à l’oreille gauche et elle en aura une autre à la droite quand j’aurai fait d’elle mon épouse. Car non seulement je suis beau, mais je suis riche ! Voyez mon fier destrier et aussi, tous ces jeunes noblaillons qui se pressent autour de moi et m’assistent.
Jupiter, mon cheval, s’est fait faire des anglaises par Jacquou des Songes le célèbre barbier de Paris, le même qui a frisé ma somptueuse chevelure d’ébène. Bientôt, celle-ci se mêlera aux boucles de ma promise sur un oreiller rebrodé… Au fait, je ne connais pas la couleur de ses cheveux, elle les dissimule toujours sous un ridicule fichu bleu et jaune, mais si j’en juge par ses sourcils, elle doit être rousse. Belle promesse d’un tempérament de feu !
Le temps est fort nuageux pour mon départ et je crains la pluie sur mon couvre-chef et sur mes nobles atours, je ne voudrais point arriver enlaidi aux Bas Pays. Heureusement, Gonzague et Gontran m’abritent sous des parapluies-soleil, instruments astucieux et incontournables pour protéger un homme de qualité des caprices météorologiques. L’ennui, c’est que je ne pourrai aller au galop… Gonzague et Gontran ne suivraient pas;  il faudra donc que je me contente du trot, ainsi, ils pourront courir près de moi sur leurs jambes de grelets. Le coté fâcheux de l’affaire, c’est que je vais mettre vingt heures au lieu de dix pour rejoindre ma tendre et douce… Mais, comme disait mon aïeul le Marquis : Il y a toujours un côté qui trempe et un côté qui détrempe ! Ah ah ah, voilà un adage qui s’applique merveilleusement à ma situation actuelle !
Et pour le reste de mes gens, que vais-je donc en faire ? Caracoleront-ils derrière nous en portant mes malles ? Oui, c’est le plus raisonnable… de sorte que si Gonzague et Gontran venaient à faiblir, je les remplacerais illico par des valets tout frais, Anselme et Tancrède par exemple… puisque ces deux-là sont inséparables…
Quand enfin j’arriverai au logis de ma promise, je l’allongerai sur un lit de pétales et nous ferons ce que vous imaginez, pour essaimer nos deux contrées des perles de notre union.

MH