Ligne 8

demoiselles

D’habitude je choisis toujours le wagon de queue, c’est plus pratique pour ma correspondance à la station Daumesnil, mais hier, je l’ai vue, assise à une fenêtre de la deuxième voiture. Elle était si mignonne avec son air sage, son chapeau de feutre beige et son petit col bien blanc, bien classique, bien boutonné …Alors je suis monté, hypnotisé par son regard doux. Mais à peine les portes de fer s’étaient-elles refermées sur moi que Gertrude et Berengère ont surgi comme deux diables de leur boite. Ma femme et ma maîtresse, sous le même toit ! (même s’il ne s’agissait que du toit du Métropolitain), côte à côte, droites comme des i, et l’air bien décidé à m’empêcher d’aborder la jolie inconnue. Moi, je me tenais un peu en biais, hésitant à passer ma tête à travers la fenêtre à guillotine ou à affronter les deux gardiennes de prison « façon Demoiselles de Rochefort ». C’est alors que le métro s’arrêta à la station Bonne nouvelle et que j’eus la surprise de ma vie : Gertrude et Berengère descendirent comme un seul homme pour se jeter sur le seul homme planté sur le quai, un bouquet de fleurs dans chaque main. Ma femme et ma maîtresse se sont éloignées, bras dessus bras dessous avec l’inconnu tandis que le métro redémarrait, m’emportant avec et la mystérieuse beauté assise vers la Pointe du lac.

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous déjà eu d’incroyables surprises dans le métro ?

Publicités