La sagesse de la luge

snow

© Aaron Wilson

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo enchantée de Aaron Wilson dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 318.

 

Marguerite irait au cinéma aujourd’hui, précisément parce que le trajet promettait d’être difficile. Elle avait envie de « mériter » son film. Ah ! La méritocratie ! Quel drôle de concept… Et pourquoi se l’infliger à elle-même ? Personne ne lui donnerait de médaille pour être allée jusqu’en ville dans la neige. Mais elle vient d’avoir soixante ans et elle aime se lancer des défis.
Alceste à bicyclette sur les petits sentiers printaniers de l’Ile de Ré, et elle… à pied sur le long pont blanc de l’hiver.
La voilà qui commence à marcher, emmitouflée et chaussée pour les grands froids comme le gros Bonhomme Michelin.
Marguerite se dirige vers la ville, et, curieusement, tous ceux qu’elle croise vont en sens inverse. Elle se demande pourquoi, mais se souvient que c’est comme ça dans sa vie, elle se retrouve toujours à contre-courant.
Les chiens sautent dans le blanc, les enfants malaxent la neige pour en faire des boules glacées qu’ils se lancent dans le dos, les parents surveillent gentiment, les rêveurs sourient aux flocons, et les vieux se cassent le col du fémur ; mais tous progressent dans la même direction en s’éloignant doucement d’elle.
Alors, elle décide de ne plus les regarder et se concentre sur ses pieds, ses gros godillots noirs, antidérapants, si laids mais si utiles aujourd’hui. Ils s’enfoncent dans la blancheur et révèlent à chaque pas la couleur marronnasse enfouie du pont. Marguerite en a presque honte …mais elle n’a pas le choix, elle doit aller voir Alceste même si elle est la seule de toute la ville et même si, pour cela, il lui faut souiller des kilomètres de pureté.
Les flocons tombent de plus en plus drus sur son béret bleu marine et ses lunettes d’écaille ; elle se demande comment on n’a pas encore inventé un système d’essuie-glaces pour lunettes… elle fera une recherche sur Internet à son retour, après Alceste et sa fameuse bicyclette qui ne lui serait d’aucun secours ici, dans la poudreuse ; Alceste sur sa luge, serait plus d’actualité …
Son seul souvenir de luge remonte à ses huit ans, elle était à Châtel pour les vacances de février. Avant le départ, sa grand-mère lui avait offert un superbe anorak rose à capuche dont elle n’était pas peu fière ! Dans l’enthousiasme de leur arrivée à la montagne, ses parents avaient loué une superbe luge en bois, comme Rosebud dans Citizen Kane. Excitée et riante, elle s’était élancée à califourchon, du haut d’une piste. La glissade s’était rapidement emballée et ce qui, en contrebas, ressemblait à une petite forme sombre, s’était mis à grossir, grossir… grossir sous ses yeux au fur et à mesure que l’engin fou dévalait la pente : UN CHALET ! Elle allait foncer dans la bâtisse et se fracasser le crâne ! Heureusement, elle avait eu le réflexe de se pencher sur le côté, et avait goûté le moelleux de la neige fraîche
Depuis ce jour, Marguerite craignait la vitesse et n’allait jamais à plus de soixante-dix kilomètres heure en voiture.
Elle a de plus en plus de mal à voir devant elle, tant les flocons se pressent comme une pluie de chatons blancs. Pourtant… elle distingue au loin une forme basse et trapue qui se dirige, comme elle, vers la ville. Elle voudrait voir cette forme de plus près, cette chose étrange qui a ce même désir d’aller dans la direction désertée de tous. Mais la forme avance vite, très vite… serait-ce un chien… un loup ?
Non, la forme ne saute ni ne court, elle semble plutôt glisser comme une goutte de pluie sur un ciré blanc.
Marguerite fait de plus grands pas, elle sent les muscles de ses cuisses peiner sous l’effort, les godillots noirs sont lourds sous le poids de la neige amassée, mais elle fonce, mettant à contribution bras et épaules, comme un coureur de fond. La distance avec la masse mystérieuse diminue à chaque nouvelle foulée, Marguerite étouffe, crache et sue à la fois, mais, qu’importe, elle veut voir… C’est une luge, une luge en bois vernis.
Elle retient son souffle : le traîneau vient de s’immobiliser à cinq mètres à peine devant elle. A califourchon, deux frêles silhouettes. Celle qui se trouve à l’arrière est toute voûtée, elle porte un manteau doré coupé dans une étrange étoffe fluide… presque futuriste, et un béret bleu marine, semblable au sien, mais plus usé et délavé par les ans. De ce couvre-chef s’échappent quelques cheveux fins et argentés. A l’avant, l’autre petit corps est dissimulé sous un anorak… rose à capuche !
Le cœur de Marguerite bat à tout rompre. Encore un effort de ses membres extenués pour arriver à la hauteur de la luge et découvrir les visages.
Comme dans un rêve, ses jambes pédalent dans la matière épaisse et rebelle, l’empêchant d’accélérer comme elle le voudrait. La luge et ses deux passagers restent toujours figés. Le bois vernis brille sous l’unique rayon de soleil qui vient de percer. Marguerite est maintenant tout près, elle n’a plus qu’à allonger le bras pour toucher l’étonnant tissu doré.
Mais, au moment où sa main tendue effleure le manteau, elle perçoit le crissement de la neige sous les patins, et, subrepticement, la luge s’éloigne… Marguerite s’écroule, éreintée au milieu du pont. Elle n’a pas vu les visages mais les a devinés…
Au bout de quelques instants, elle se relève, reprend sa marche et découvre sous ses pas le message tracé par les méandres de la luge : Ne pas perdre de temps, faire ce que l’on aime, suivre ses désirs et profiter de la vie… jusqu’au dernier flocon.

MH

Petite questionnette: Et vous, les paysages de neige vous rappellent-ils des souvenirs d’enfant ?

Publicités

Pas popu

 

casier-moren-shu

© Moren Hsu

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo colorée de Moren Hsu dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 317.

 

Deux collégiennes se rencontrent dans le couloir d’un collège parisien, devant les casiers.
Solène : Hé, t’es nouvelle toi dans le collège ? J’ t’ai jamais vue !

Marie : Oui, je viens juste d’emménager dans le quartier.

Solène : Trop chelou, au mois de novembre !

Marie : Mon père a changé de taf, alors on s’est installés à Paris.

Solène : Comment tu t’appelles ?

Marie : Marie. Et toi ?

Solène : Solène !

Solène : T’étais où avant ?

Marie : Au lycée français de Rabat.

Solène : T’es en quelle classe ?

Marie : 4ème 3 et toi ?

Solène : 4ème 2 … Un p’tit conseil, t’as l’air super cool comme meuf, alors tu choisis pas un casier marron, ok ?

Marie : Ah bon… pourquoi ? Ils sont trop moches ?

Solène : Ouais, c’est ça, moches comme les bolosses qui s’en servent !

Marie : C’est quoi les bolosses ?

Solène : Tu sais pas ? Y en avait p’t’être pas à Rabat ! La chance ! Bah, les bolosses, c’est des meufs ou des mecs super relous, avec des vêtements trop cheum, même pas d’marque et ils sont toujours tout seuls, ils ont pas d’bande de potes, et ils rigolent jamais.

Marie : Mais comment tu veux qu’ils rigolent s’ils sont toujours seuls ?

Solène : Bah ché pas moi… Tiens, ça, c’en est un, Vincent. Nous, on l’appelle « Vin-sent la merde » trop drôle, non ?

Marie : Pourquoi ? Il se lave pas ?

Solène : ça j’en sais rien, j’m’approche pas moi ! C’est juste comme ça, pour se marrer !

Marie : Moi, j’dirais qu’il a plutôt l’air sympa, juste un peu triste… On va lui parler ?

Solène : Non mais t’es dingue ou quoi !?!? On va attraper une maladie ! Viens plutôt là- bas, j’vais t’présenter aux gens les plus popu du collège, ils sont tous à la cafète !

Marie : Non merci Solène, j’aime mieux faire connaissance avec Vincent, et au fait, je prends un casier marron. Moi, cette couleur, je la trouve hyper cool !

MH

Inconscient

balance

Ce texte m’a été inspiré par la photo et le mot proposés dans le cadre de l’atelier d’écriture numéro 3 d’octobre sur le blog d’AMPHYGOURI. https://amphygouri.wordpress.com/2018/10/01/atelier-decriture-3-octobre/

 

Au lieu d’un chiffre, l’écran du pèse-personne marquait « INCONSCIENT » Juste ce mot, Inconscient, comme si la balance me jugeait ! Elle n’avait même pas pris la peine de m’indiquer mon poids, elle m’insultait purement et simplement !
Inconscient, je ne m’en remettais pas… ridicule en réalité d’être vexé par cette machine insolente… c’était pourtant le cas.
Pour en arriver à cette conclusion, elle avait dû comptabiliser tous les boudins noirs, tous les écrasés de pommes de terre, les camemberts et autres roqueforts accompagnés de p’tits ballons de rouge que j’avais ingurgités ces derniers mois … sans compter les mille-feuilles, les babas au rhum et les tablettes de chocolat !
Avec le mépris le plus total, ma balance estimait donc inutile de m’annoncer mon poids pour s’en tenir à ce jugement sans équivoque : Inconscient
Comment réagir ? Me mettre au régime pour lui faire plaisir ? Prendre en compte l’avis subjectif de cet engin de malheur et me mettre au vert ? Avais-je donc assez peu d’amour propre pour me soumettre face à cette accusatrice ?
Peut-être cette balance voulait-elle me sauver d’un péril de santé, d’un excès de cholestérol ou de triglycérides …Etait-elle finalement mon alliée ? J’hésitais à demander conseil à un ami … Paul n’allait-il pas me croire fou si je lui disais que ma balance maniait mieux les mots que les chiffres …
L’air de rien, je l’invitais à dîner et lui concoctais un copieux souper : foie gras, cassoulet, brie de Maux et gâteau basque en dessert, le tout accompagné d’un Sauternes et de trois bonnes bouteilles de Bordeaux.
– « Dis donc, mon Paul, on a bien dû prendre deux kilos en une soirée avec mon menu ! Tu ne m’en veux pas trop ? J’aurais pu te faire une salade verte et des œufs durs, mais bon…Tu veux qu’on vérifie tout de suite sur ma balance ? Je crois qu’elle est assez exacte.

Malgré les protestations de Paul, qui, en bon vivant, n’était absolument pas traumatisé par son poids, je le poussai de force vers ma salle de bains, lui retirai ses boots et le soumis à la pesée. « 92,500 » telle fut la réponse objective de l’infernale machine.

– A ton tour maintenant ! » s’amusa Paul

J’esquivai, lui racontant que si je retirais mes vieilles charentaises, cela risquerait d’occasionner de trop déplaisants effluves pour son odorat sensible…. Mais, dès qu’il fut parti, je me décharentaisisai et me précipitai sur l’engin démoniaque : « INCONSCIENT » L’invariable mot m’était donc réservé malgré l’embonpoint de Paul aussi dramatique que le mien.

Y avait-il une dimension affective dans tout cela ? Cette balance était la mienne et comme une fidèle compagne, elle s’inquiétait pour moi alors qu’elle se fichait royalement de Paul.
Attendri par cette pensée j’eu tout à coup le désir fou de lui faire plaisir, de la contenter, je voulais qu’elle m’admire qu’elle me trouve séduisant, qu’elle me félicite pour mes efforts.
Ainsi, j’entamai un régime draconien : au petit déjeuner, thé sans lait et sans sucre avec une biscotte sans sel et sans beurre ; au déjeuner : demi concombre sans vinaigrette, filet de cabillaud sans matière grasse accompagné d’épinards non assaisonnés et une pomme en dessert ; dîner : soupe de légumes verts, puis, petite tasse de fromage blanc zéro pour cent sans sucre bien évidemment.

Après trois semaines de cette diète, j’osai enfin affronter de nouveau ma balance et c’est le cœur battant que je posai les pieds sur elle.

« JE T’AIME » furent les mots délicieux qu’elle afficha !

Depuis que je suis mon régime, j’ai perdu mon ami Paul, il ne supporte ni les biscottes, ni le fromage blanc zéro pour cent… mais qu’importe puisque je vis heureux et comblé avec une merveilleuse balance qui m’adore et que j’aime follement en retour !

MH

Petite questionnette: Et vous, avez-vous une relation particulière avec votre balance ?

Les mots prisonniers

atelier-ecriture-316-printing

© Hannes Wolf

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette photo de Hannes Wolf dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 316.

 

BEAUTE, AMOUR, BIENVEILLANCE, GENTILLESSE, AMITIE, LIBERTE, BONTE, DOUCEUR, GAITE, RIRE.

Les dix mots avaient été fixés là, sur cette plaque de fonte, enchâssés dans des rails. Ils n’auraient plus le droit d’enchanter la bouche des poètes, des orateurs, des amoureux ou des enfants. Ils resteraient bloqués à jamais, ne côtoieraient plus la grande communauté du vocabulaire.
Laideur, Haine, Malveillance, Méchanceté, Mépris, Enfermement, Cruauté, Rudesse, Tristesse et Pleurs se moquaient bien de leurs dix contraires. Chaque jour, un plus grand nombre de bouches les prononçaient, dans toutes les langues et sur tous les continents. Ils régnaient sur le monde et parfois même se reproduisaient; c’est ainsi qu’ Enfermement et Cruauté donnèrent naissance à Torture, que Haine et Mépris engendrèrent Dictature et que Tristesse et Pleurs mirent au monde Suicide.
La vie des hommes était devenue effroyable. Chevillés sur leur plaque, les bons mots se lamentaient de ne pouvoir intervenir.
Du fin fond de la forêt où son amie Patience l’avait entraîné pour échapper à la plaque de fonte, Courage trépignait pour mener une action spectaculaire.
-Attend, attend encore! murmurait Patience, attend que les sales mots soient distraits ou engourdis, et là tu pourras agir…
Et ce jour ne tarda pas.
Dictature et son père Mépris décidèrent d’organiser une grande soirée de gala à laquelle ils invitèrent Drogue, Alcool et Orgie pour régaler tous les sales mots de la terre. Au bout de quelques heures, plus aucun n’était capable de parler ni de réagir, leurs lettres disséminées, tremblotantes ou en italique aux quatre coins de l’immense salle des fêtes.
Alors, Courage se prit lui-même à deux mains, s’élança hors du bois, traversa prairies et vallées pour atteindre le sinistre entrepôt où les bons mots avaient été relégués. D’un coup sec il assomma les trois gardes que Mépris n’avait pas voulu convier à la fête, et dégagea les dix prisonniers de la fonte.

Depuis ce jour, Beauté, Amour, Bienveillance, Gentillesse, Amitié, Liberté, Bonté, Douceur, Gaîté, Rire, Courage et Patience gouvernent le monde et changent le mal en bien :
Laideur se regarde plus souvent dans la glace et trouve qu’elle embellit.
Haine a pris Amour comme coach et s’améliore à vue d’œil.
Malveillance a épousé Bienveillance et a jeté son « mal » au fond d’un puits.
Méchanceté s’est délestée de son « mé » et aussi de son « té » pour se donner une Chance!
Mépris ne méprise plus personne depuis qu’il distribue des primes à tout le monde.
Enfermement s’est métamorphosé en Firmament.
Cruauté est douce comme une agnelle depuis qu’elle ne mange plus que des crudités.
Rudesse est maintenant une déesse de la rue !
Tristesse n’est plus jamais triste depuis qu’elle a rencontré Tristan.
Et Pleurs a transformé ses larmes en pluie pour arroser les fleurs.

MH

Maria, Rosalie et leurs divagalogues

yada-yada-1432923_1920J’ai imaginé ce texte dans le cadre de l’atelier « Agenda ironique de novembre » Il s’agissait de créer sa propre rencontre autour d’un café comprenant des « mots-valises » et des bouts de dialogues inventés par tous les membres du groupe.
Maria et Rosalie, deux amies de longue date, viennent de finir leur cours de zumbaboum. Elles se détendent près de la machine à cafthé du club de remise en norme…

Maria : Tu te débroudanses vachement bien, toi dis donc !

Rosalie : Tu n’imagines même pas la pinguouination qu’il a fallu déployer pour en arriver là !

Maria : Et notre coach, quel punch elle a !

Rosalie : Elle est dotée d’une polimalie à toute épreuve ! Hé, regarde ce petit malingre qui fait de la gonflette. On voit qu’il n’est pas beaucoup rentré dans la cabine de bronzage !

Maria: En effet, un vrai gymnasticot !

Rosalie : Comment aimes-tu les hommes, toi, Maria ?

Maria : Résolument abomifreux, ce sont de loin les plus séduisants !

Rosalie : Holala, regarde ce petit ver existancié qui tire les artificelles de ses neurones !

Maria : Ridicule ! Je ne l’ai pas trouvé dans mon agengouin celui là ! On peut dire que Creaginaire est de retour !!

Rosalie : Je dirais plutôt, quinquagénaire !!!

Des ecriames se font entendre non loin.

Maria : Tu entends ce grondement sourd ?

Rosalie : C’est le cri de balument des martinets bleus au-dessus d’un nid de roudoudous à poil roux.

Maria : Ah ! Ceux qui font du body pump à poil dans la saldenbas !

Rosalie : Elle enchanquise fort, la dame d’à côté, non ?

Maria : Oui, mais pas pire que Charonne !

Rosalie : Ah oui ! Cette femme américaine qui sentait mauvais comme un animal tué sur la route !

Maria : Exactement ! Eh bien tu connais pas la dernière… à la mi-mois, nous nous sommes retrouvées pour ce délibule délire de club d’éléphantastique. Il s’agit de sauter à l’élastique à dos d’éléphant fantasque.

Rosalie : Ah ouais ?! Tu as revu Charonne là-bas? Encore une histoire qui se veut drolatour ?

Maria : Bof… elle est enceinte ! Et tu sais pas de qui ?

Rosalie : Non ?!

Maria : De mon mari !!! Ce saperlipopard a osé me dire : Nous passons des moments mergnifiques elle et moi…

Rosalie : Calculot !

Maria : Moi, pour me venger je lui ai dit que tous les bébés sont des tartuffoliques : on croit qu’ils sourient quand ils ont mal au ventre. Et surtout les bébéfilles !

Rosalie : Bien fait !

Maria : Cette folle de Charonne, elle veut appeler sa petite Jumeleine !

Rosalie: Elle n’a pas peur que ça lui fasse pousser des dents de cheval ?

Elles rient de bon cœur

Maria : Hier soir, j’ai demandé à mon mari, Qu’est-ce que tu vas m’offrir de beau pour Fatalimace ? Pour Fatalimace tu auras des poux, qu’il m’a répondu le salichien ! Alors moi je lui ai dit, Demain la saison de la couettivité débute ! Les femmes peuvent inviter tous les hommes qu’elles veulent sous la couette matrimoniale !
Rosalie : Houlahoups ! Et vous en êtes venus aux mains ?
Maria : Non… Après un rapide chocile nous décidâmes de remettre à plus tard la suite de nos tractations. Mais l’infidélité de mon époux me fait douter de mon pouvoir de séduction, Ô miroir, miroir. Dis-moi, suis-je le plus mirififique de tous les miroirs ?
Rosalie : Mais ne t’en fais donc pas, mon amie, tu es toujours la plus mirififique, tu es juste mariée à un gougeât et heureusement, d’autres y mettraient plein de délicaristique et te réciteraient des chanpoèmes à longueur de journée. Et puis… padomme, c’est pas la mort non plus !

Maria : C’est vrai, en espérant que notre insolitude ne se remarquera pas trop, si on sortait un peu, l’air frais nous fera du bien.

Les deux amies marchent maintenant dans la rue.

Rosalie : Holala, comme c’est amipluqué : les mots gèlent sitôt dans l’air brumageux, et si vite qu’ils se collent à leurs voisins !

Maria : Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud !

MH

Femme art-buste

tyler-dozier-157879-unsplash© Tyler Dozier.

Le texte ci-dessous m’a été inspiré par cette belle photo de Tyler Dozier dans le cadre de l’atelier BRICABOOK numéro 315.

 

Lasse d’être femme, elle avait décidé de devenir plante…
Elle n’irait plus travailler ni s’amuser, ne regarderait plus les hommes.
La sève dans ses veines, la chlorophylle aux lèvres,
Elle serait ramure au sein des buissons, feuille parmi les feuillages,
Charme au milieu des charmilles, liane dans la jungle ou roseau parmi les chênes.
Elle n’aimerait plus que le vert et n’aurait plus besoin de se déplacer pour manger.
Elle resterait juste plantée là, subissant tempêtes, grands froids ou grosses chaleurs
Sans se plaindre ni gémir, parce qu’elle accepterait que la nature ait tous les droits.

MH